‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 364 sur 704 · UES \ÈTEMENTS DONT LES ROIS FAISAIENT USAGE · texte numérisé non relu

UES \ÈTEMENTS DONT LES ROIS FAISAIENT USAGE

On décrira, dans ce chapitre, seize espèces de manteaux en usage pour le vêtement des rois. Une première espèce très riche, appelée coaxayacayo était de couleur roussâtre parsemée partout de

cercles argentés portant sur champ rouge une figure de monstre ou de démon. Une frange s’étendait sur ses bords, ornée intérieurement d’SS contre-posés dans des petits carrés dont quelques-uns étaient sans ornement. Extérieurement cette frange portait de petites sphères massives peu rapprochées l’une de l’autre. C’étaient les rois qui faisaient usage de ces manteaux et ils en donnaient, pour s’en vêtir, à des personnages de distinction et à des hommes qui s’étaient signalés par des faits de guerre.

Ils faisaient usage aussi d’autres manteaux appelé teccizyo tilmalli, qui portaient ce nom parce que leur tissu formait des dessins figurant des escargots de mer en lochomitl rouge sur un champ où se trouvait dessiné le remous des vagues en bleu clair. Ce manteau était encadré d’une première bande bleue moitié claire moitié foncée et d’une autre bande en plumes blanches avec une frange en tochomitl rouge non effilée mais percée de petits trous.

tlahtohuani Cuauhtemoctzin ypan cemühuilonaUi ce cohuall, yu, ypan Uainico, celmico yaoyoll ic matlacllomey mani melzlli'agosto. ypan ylhuilzin S. Tipoltlo, martyr ; Tlalilulco yn cehuito yaoyoll. Auh ynic tepeuh Mexico yn capitan general Hernando Cortes quipalelmique yn Chalca pipiltin yhuan maceliualtin. Ye omihto yehuatl yn llahlohuani Cuauhtemoctzin ypanmochiuh yaoyoll ynic moyahuac Mexicayoll Tenuchcayotl. (7' relation.) « Après 90 jours de lutte, nous succombâmes au mois de tlaxochimaco ; alors ils (les Espagnols) prirent le roi Quauhtemoctzin le jour un serpent ; là finit, tomba la guerre le 13 du mois d’août, le jour de la fête de saint Hippolyte, martyr ; c’est à Tlateluico que se termina le combat. Dans la conquête de Mexico, le général en chef Fernand Cortès eut pour auxiliaires les seigneurs et les vassaux chalcas. Ce fut sous le roi Quauhtemoctzin qu’eut lieu la lutte et que fut renversé l’empire des Mexicains-Tenochcas. »

1. Ces moines, parmi lesquels il faut distinguer le supérieur Martin de Valence, et celui que son humilité fit surnommer le P. Mololinia ou le pauvre, se fixèrent, en 1534, à Amaquernecan.

2. Vêtement (lilmalli) qui a une figure [xayacatl) de serpent (coati).

3. C’est-à-dire ; vêtement {lilmatli} qui a de gros coquillages (teccizlli).

Ils faisaient usage d’un autre manteau appelé temalcacayo tilmatli lenixio^. Il était fait d’une étoffe à fond brun roussâtro dans lequel avaient été tissés des dessins figurant une sorte de roue de moulin dont la circonférence était noire; un cercle fait d’une bande blanche plus large était tracé plus en dedans: vers le centre se voyait un petit rond entouré d’un autre de couleur noire. Il y avait douze de ces figures groupées de trois en trois et formant un carré. Les bords de ce manteau étaient formés par une frange dans laquelle étaient figurés des yeux sur un champ noir. C’est pour cela qu’on l’appelait tenixio.

Ils faisaient encore usage d’autres manteaux appelés üzcoayo til- On y voyait six dessins figurant comme des fers de scie, placés deux sur les côtés et deux au milieu, contre-posés sur un champ roussâtre. Entre les groupes de deux scies, on voyait dessinés des SS alternant avec des 00. La partie libre de tout dessin formait deux bandes sur un champ de couleur fauve. Une frange s’étendait tout autour du manteau avec des lacets de plumes sur un champ noir.

Ils faisaient usage encore de manteaux appelés orne letecomayo tilmatli % qui étaient parsemés de xicaras très belles et très riches montées sur trois pieds et ornées de deux ailes semblables à celles des papillons. La partie inférieure en était ronde et de couleur rouge et noire; les ailes étaient vertes avec une bordure jaune et trois petits ronds de cette même couleur dans chacune. Le collet de cette xicara avait la forme d’une marquesota * de chemise surmontée de quatre bâtonnets brodés en plumes bleues et rouges. Ces dessins des xicara étaient disséminés sur un champ blanc. Ce manteau avait sur les bords de devant deux bandes rouges que traversaient des bandes blanches rapprochées deux à deux.

Nous ne décrirons pas d’autres mantas que celles que nous venons de dire, parce qu’elles sont communément à l’usage de tout le monde. Mais il est important de faire remarquer l’habileté des femmes qui font métier de les tisser. Ce sont elles-mêmes qui tracent les dessins en confectionnant le tissu, et placent la couleur du fil dans la toile conformément au dessin, prenant le soin de tisser de la même façon qu’elles l’ont d’abord dessinée, en changeant la nuance du fil selon que la peinture le réclame.

1. C’est-à-dire : vêtement (tilmatli) qui a des meules (temalacatl), et le bord (tenth garni d’yeux(ia;íí¿).

2. C’est-à-dire : vêtement (tilmatli) qui a des serpents (coati) garnis d’obsidienne (itztlï).

3. C’est-à-dire ; vêtement (tilmatli) qui a deux (omej vases (tecomatl) ; xicalletecon signifie grand papillon.

4. Forme particulière imitée des vêtements des marquis. (Dict. de Ch. Oudin, 1621.)

HISTOIRE DES CHOSES

Ils faisaient usage d’autres m«ntos appelées papaloyo tilmatli lenixio', qui ont un fond roux sur lequel ont été tissés des papillons en plumes blanches, portant chacun un œil humain au milieu de son corps. Ces papillons étaient placés en rang allant d’un coin à l’autre du manteau, dont les bords se terminaient par une bordure portant des yeux tissés sur un fond noir, avec une frange rouge percée à jour par de petits trous.

Ils faisaient usage aussi d’autres manteaux roussâtres parsemés de fleurs appelées ecacozcatl, groupées de trois en trois et séparées par de petits bouquets de plumes blanches, tissés dans l’étoffe. Ce manteau est orné tout autour d’une frange en plumes, avec une bordure d’yeux. Il porte le nom de xaualquauhyo tilmatli tenixio"^.

Ils faisaient usage d’autres mantas appelées ocelotentlapalli yitic ica ocelotl^ figurant au milieu une peau de tigre et ayant pour bordure des bandes rouges se terminant en dehors par un tissu de plumes blanches. Les susdites manias font supposer des idées superstitieuses. Il en est de même de celle qu’on appelle ixneztlacuilolli ‘ et d’une autre du nom d’ollin, sur laquelle se trouvait figuré le soleil en différentes couleurs et broderies.

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