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CHAPITRE IX

DES PARURES DONT LES ROIS FONT USAGE DANS LEURS OreytoS.

Le premier des ornements dont faisaient usage les rois dans les areytos s’appelait quetzalilpiloni^ ] il consistait en deux glands formés de plumes riches, garnis d’or et curieusement travaillés. Ces glands, qui s’attachaient aux cheveux du haut de la tête, pendaient vers les tempes. Avec cela, on faisait usage d’un ornement riche en plumes qui s’attachait sur le dos et auquel on donnait le nom de tlauhquecholtzonlli^. Ils portaient aux bras des bracelets en or dont ils font encore usage aujourd’hui, et des boucles d’oreilles du même métal dont ils ne se servent plus actuellement. Ils s’entouraient les

1. C’est-à-dire : vêtement [lilmalli] qui a des papillons (papalotl)^ et le bord (tentli) garni d'yeux [ixlli).

2. C’est-à-dire ; vêtement [lilmalli) qui a un ornement [xaualli) de plumes d’aigle (quauhlli), et le bord [Icnlli) garni d’yeux [ixlli).

3. C’est-à-dire ; dont l’intérieur [ilic) représente un tigre [ocelotl) avec le bord [leulli) de couleur rouge [llapalli)

4. C’est-à-dire: qui est peint [llacuilolli) d’une manière très apparente [ixnezlica],

5 C’est-à-dire : plumes de quelzalli qui sont attachées [ilpia).

6. C'est-à-dire ; chevelure [Izonlli) de plumage brillant [llauhquechol).

poignets d’une large bande de cuir noir apprêté avec des substances balsamiques, surmontée d’une grosse enfilade de chalchiuitl on autres pierres précieuses. Ils s’ornaient également le menton d’une mentonnière en chalchiuitl montée en or, et implantée dans les chairs. Ils ont abandonné cette coutume. Ils portaient encore ces mêmes mentonnières faites en cristal, et plus longues, dans lesquelles on introduisait des plumes bleues qui leur donnaient l’aspect de saphirs. Ils mettaient du reste à contribution beaucoup d’autres pierres précieuses pour ce genre d’ornement qui pendait d’un trou fait à la lèvre inférieure et paraissait ainsi sortir des chairs. Quelquefois c’étaient des pièces d’or en demi-lune qui leur tombaient de la lèvre. Les grands seigneurs avaient aussi les ailes du nez trouées et ils mettaient d’un côté et d’autre dans les trous des turquoises très fines ou d’autres pierres précieuses. Ils portaient au cou des colliers de pierres riches et ils avaient généralement, pendant d’un collier en or, une médaille au milieu de laquelle on voyait une belle pierre plate, tandis que de sa circonférence sortaient des breloques en perles. Ils faisaient usage de bracelets de turquoises placées en mosaïques. Leurs bords étaient garnis de belles plumes et il s’en échappait d’autres plumes très riches et si longues qu’elles dépassaient, en montant, les têtes de ceux qui les portaient ; elles étaient accompagnées de lames d’or. Ils avaient la coutume de couvrir leurs jambes, du genou jusqu’en bas, d’une armure d’or très mince, se terminant par des plumes très fines. Ils portaient en guise de couronne un oiseau fabriqué avec de riches plumages, qui levait haut la tête et le bec en l’air, tandis que sa queue, formée avec de longues plumes, venait s’épanouir en se relevant vers le cou ; ses ailes se relevaient aussi pour venir former sur les tempes comme des mèches en plumes riches. Ils avaient aussi l’habitude de porter à la main des émouchoirs, appelés quetzalecaceuaztli^, qui avaient des lames d’or accompagnant les plumes. Ils avaient au poignet gauche des bracelets en turquoises sans plumes. Ils portaient un collier fait de boules d’or avec de petits escargots de mer interposés de deux en deux boules. Ils faisaient usage de colliers en or fabriqués avec des pièces simulant les anneaux d’un serpent. Les seigneurs avaient aussi l’habitude de porter des fleurs à la main, dans les areytos, en même temps qu’un cylindre qu’ils fumaient. Ils avaient un miroir dans lequel ils se regardaient quand ils faisaient toilette. Après s’y être bien mirés, ils le donnaient à garder à un page. Ils portaient des cotaras bien peintes faites de peau de tigre dans la partie qui contournait le talon, avec une semelle de cuir de cerf

1. C’est-à-dire ; émouchoir [ecaceuazlli) orné de plumes de quelzaUi.

HISTOIRE DES CHOSES

en plusieurs morceaux bien cousus. Ils faisaient usage de tambours et de tambourins. Les tambours étaient d’une hauteur arrivant à la ceinture et on les tendait comme ceux d’Espagne. Le tambourin, toujours bien bariolé, était fait de bois creux de la grosseur d’un corps d’homme et de trois empans de long, quelques-uns un peu plus et d’autres un peu moins. Tambours et tambourins sent encore en usage de la même façon. Ils faisaient usage également de grelots en or et d’autres en bois comme aujourd’hui. Ils battaient aussi du tambour sur des écailles de tortue faites en or, tandis qu’on emploie aujourd’hui des carapaces naturelles. Ils faisaient usage de masques faits de mosaïques, surmontés d’une huppe en or et accompagnés de perruques comme actuellement.

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