‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 369 sur 704 · De oceloll, tigre, et tolec, écorché · texte numérisé non relu

De oceloll, tigre, et tolec, écorché

d’or par-dessus. Le tambour qui tombait par derrière était en ce cas recouvert d’une peinture tigrée et ses bords étaient ornés de plumes riches terminées à la pointe par des feuilles d’or. Il existait une autre sorte de rondadle en plumes riches appelées xiuhtototl, ayant à son centre un carré en or. Us portaient quelquefois sur le dos des plumes vertes façonnées en papillons et, en même temps, une sorte de jupe en plumes jaunes, appelées tociuitl parce qu’elles sont de perroquet. Cette jupe, parsemée de flammes d’or, descendait jusqu’aux genoux. Ils faisaient usage d’une autre rondache faite de plumes riches, portant en son milieu une plaque ronde en or, au centre de laquelle un papillon était sculpté. Ils se couvraient parfois d’une armure faite de plumes de quetzalli imbriquées comme le chaume d’un toit, dont les bords étaient formés par une frange de riches plumes et d’or. Ils portaient encore des jupes en plumes jaunes et, quand ils mettaient ces jupes, ils faisaient usage à la guerre d’une sorte de cabasset en or, orné de deux bouquets de quetzalli formant comme des cornes. Ils se servaient aussi d’un casque d’argent et de bien d’autres insignes de plumes riches et d’or, et, avec ce casque, d’une jupe faite des mêmes plumes mêlées de flammes d’or. En même temps les rois, quand ils étaient en campagne, avaient l’habitude d’arborer un petit drapeau fait en quetzalli et en feuilles d’or, surmonté d’un bouquet de quetzalli formant panache. Il y avait d’autres petits drapeaux en argent toujours surmontés du bouquet de plumes, et d’autres encore en lames d’or avec un panache.

Les rois portaient sur leur dos une sorte d’insigne appelé itzpapalotl; c’était comme une forme de démon avec sa queue et des ailes de papillon en belles plumes ; ses yeux, ses ongles, ses pieds, ses sourcils et tout le reste étaient en or ; les cornes qui surmontaient sa tête étaient deux bouquets de quetzalli. Ils avaient aussi l’habitude de mettre sur leur dos un autre insigne appelé xoclviquetzalpapalotl ‘ simulant également le diable par la figure, les mains, les pieds, les yeux, les ongles et le nez; ses ailes et sa queue étaient faites avec la plume dont nous avons parlé ; son corps était formé par un plumage varié, vert, bleu et or. Deux papillons en plume formaient ses cornes. Ils faisaient usage quelquefois d’un autre insigne appelé quetzalpatzactli* avec une jupe en plumes vertes, accompagnée d’une rondache de ces mêmes plumes portant au milieu une plaque ronde en or. Ils faisaient encore usage d’autres insignes du nom de tozquaxolotP ; c’était comme un

1. C’est-à-dire ; papillon {papalotl) de brillantes plumes (xochiquetzalli).

2. C’est-à-dire : quetzalli fané (patzactli, du verbe patzaua).

3. C’est-à-dire : serviteur (xololl) à la tête [quaill) jaune ou dorée {toztli, oiseau au plumage jaune).

HISTOIRE DES CHOSES

petit panier en plumes avec un petit chien portant un long plumet sur la tête, et ornementé d’yeux, d’ongles, etc., faits en or. Ils mettaient alors une jupe de plumes jaunes parsemées de flammes dorées. Quelquefois ils revêtaient le même costume, avec la différence que les plumes de la jupe étaient bleues et qu’elles étaient mêlées d’une plus grande quantité d’or. Parfois encore ce même ajustement était fait de plumes blanches et même rouges. Un autre costume qu’ils appelaient çacaizonili ‘ consistait en riches plumes jaunes avec jupe de même couleur ; un autre encore, du nom de toztzitzimitl *, fait en or et plumes riches, caractérisé par une figure de monstre en or, surmontée d’un panache en belles plumes. Ils se paraient d’un autre insigne appelé xoxouhqui tzilzimitl. C’était un monstre en figure de démon fait de plumes vertes mêlées d’or et portant sur le haut de la tête un panache de plumes de la même couleur. Un autre costume encore appelé iztac tzitzimül, semblable au précédent, sauf que les plumes étaient blanches. Ils faisaient usage aussi d’une 'sorte de béguin nommé coztic cuexlecatl a.\ec un panache qui sortait de sa pointe. Une médaille d’or pendait d’une guirlande formant cordon et s’attachant au béguin. La jupe dont on faisait en même temps usage était en plumes jaunes mêlées de flammes d’or. Celui qui était ainsi vêtu portail aux narines des pendants d’or en demi-lune, et des boucles d’oreilles en forme d’épis de maïs tombaient jusqu’aux épaules. On appelait iztac cuextecatl une manière de se vêtir à peu près semblable à la précédente. Une autre encore du même genre s’appelait chicllapanqui cuextecatl'^, parce que le béguin et la jupe étaient moitié verts et moitié jaunes. Une autre variété de cette même espèce portait le nom de cozticteocuitlacopilli^, parce que le béguin était tout en or et qu’il portait en haut de sa pointe un vase avec des plumes. Une autre variété encore qui s’ap])e\a.\l iztacteocuitlacopüli^ était comme la précédente, mais faite en argent.

Ils faisaient usage à la guerre de trompettes et d’une espèce d’escargot de mer, pour appeler aux armes, et d’une sorte de drapeau en or qu’ils arboraient à la main, quand on donnait aux soldats le signal de l’attaque. Ils avaient aussi un étendard en plumes riches, ayant la forme d’une grande roue qui portait à son centre l’image en or du soleil. Ils portaient quelquefois pour insigne une sorte de cas-

1. Littéralement chevelure {tzonlli) de paille ou d’herbe [çacall).

Page 1