CHAPITRE XXX
DE LA MANIÈRE d’ÉLIRE LES ROIS.
Lorsque le seigneur ou roi était mort, on réunissait, pour en élire un autre, les sénateurs appelés tecntlatoque, les anciens du lieu ap-
pelés achcacaulUin, les vieux capitaines de la milice nommés yaotcquiuaque\ d’autres officiers supérieurs de l’armée et les satrapes que l’on nommait tlamacazque ou papauaque *. Ils se réunissaient tous dans les maisons royales. Ils y délibéraient et décidaient quel serait le roi. Ils choisissaient un des plus nobles de la race des rois précédents, homme vaillant rompu aux choses de la guerre, audacieux, plein d’ardeur et n’ayant pas l’habitude de boire du vin. Il fallait qu’il fût prudent, instruit et élevé dans le calmecac; qu’il fût apte à bien parler, intelligent, discret et doué d’activité. Lorsque toutes les voix, ou la plupart, concordaient sur un des personnages, on le nommait roi sans retard. Cette élection n’avait pas lieu au scrutin ; c’était dans une conférence entre tous qu’on tombait d’accord sur le sujet à élire. Le choix étant fait, on élisait quatre autres personnages dont les noms étaient diñérents selon les lieux; c’étaient comme des sénateurs, qui devaient toujours se tenir aux cotés du roi et connaître des affaires graves du royaume. Au moment de l’élection, beaucoup d’entre ceux qui s’attendaient à être choisis se cachaient pour éviter d’être élus et d’avoir à assumer une charge aussi lourde. Les cinq étant nommés, on choisissait un jour qui passât pour fortuné en astrologie judiciaire et, quand arrivait ce jour, on présentait au public ces personnages et on les conduisait au temple de Uilzilopochtli.