Ces sortes de bracelets sont faits avec des plumes
4. De quetzalli, plume précieuse, coyolli, crochet, et nazochlli, pendant.
.’). « Bâton, baguette [lopilli] orné, bruni {xauac). »
HISTOIRE DES CHOSES
gnés d’un grand nombre de hauts personnages et de nobles de Mexico, furent les recevoir. Ils portaient de l’encens et d’autres parfums propres à encenser; ils avaient les conques marines dont on fait usage pour sonner dans les temples, et de petits sacs pleins de parfums. Les hauts personnages et les nobles s’étaient parés des jaquettes qu’ils avaient l’habitude de porter quand ils assistaient aux sacrifices solennels. Ils marchaient sur deux rangs, d’un côté les prêtres, de l’autre les personnages. La rencontre eut lieu dans le village à’Acachinanco. Alors, on commença à brûler l’encens et des parfums en faisant aux marchands tous les signes révérencieux dont on avait alors la coutume. Lorsqu’on eût fini toutes les cérémonies qui dans les anciens temps se pratiquaient aux grandes réceptions, les prêtres et seigneurs reprirent le chemin du retour, dans le même ordre, en marchant devant les guerriers, et tous les habitants des environs s’approchaient de la route pour venir les considérer comme une merveille. Arrivés à Mexico, aucun d’eux ne gagna son domicile ; mais ils se rendirent tous ensemble au palais du roi Auitzotzin. Lorqu’ils entrèrent dans la cour du palais, on commença à brûler beaucoup de parfums, en l’honneur des dieux, dans des foyers préparés à cet effet. Le roi vint leur faire le grand honneur de les y recevoir et il leur adressa ces paroles : « Mes chers marchands et trafiquants bien-aimés, soyez les bienvenus ; reposez-vous et délassez-vous. Aussitôt après, on les conduisit dans la salle réservée aux plus éminents personnages et aux plus valeureux; ils s’y trouvaient assis d’après les rangs que leurs hauts faits leur avaient mérités. Auitzotzin lui-même occupa son siège, et les marchands vinrent aussitôt déposer à ses pieds les devises dont leurs captifs avaient fait usage dans la guerre. Après cela, l’un d’eux'se prit à parler au roi en ces termes : « Seigneur, vivez de longues années. Nous étalons en votre présence le plus beau de notre butin, parce que nous, vos oncles les pochteca^,\ci présents, nous avons mis nos têtes et nos vies en péril au milieu de constantes fatigues de jour et de nuit. Malgré que nous portions le titre de marchands et que nous paraissions l’être, nous sommes en réalité des soldats qui allons conquérir d’une manière dissimulée. Nous avons beaucoup souffert et beaucoup travaillé pour acquérir ce qui jusque-là ne nous appartenait pas et dont la guerre nous a rendus maîtres. » Le roi les ayant entendus répondit : « Mes oncles, vous avez enduré bien des fatigues et traversé bien des peines en hommes valeureux. Notre seigneur Uitzilopochtli, dieu de la guerre, a bien voulu que vous réussissiez dans votre entreprise et que vous reveniez
t. Pluriel de pochtecaU, marchand, trafiquant.
sains et saufs, ainsi que je vous vois. J’entends que ce que vous me présentez là, ce sont les insignes des ennemis que vous avez vaincus, au sujet desquels vous avez mis vos vies et vos têtes en péril. Je vous les donne, afin que vous seuls en fassiez usage ainsi que vous l’avez mérité. » Cela étant dit, le roi leur fit distribuer de grands présents en témoignage de sa reconnaissance pour leurs belles actions. 11 leur donna un grand nombre de mantas riches et variées, ainsi que des ceintures de prix. 11 fit remettre en même temps à chacun d’eux une charge d’étoffe de tochpanecayoll^, une fanega de maïs, une autre de haricots et une certaine quantité de chian.
Les pochteca employèrent à la conquête à’Ayotlan quatre années pendant lesquelles ils se virent assiégés. Mais, au bout de quatre ans, ils furent vainqueurs ; ils défirent les valeureux guerriers ennemis et ils emportèrent leurs dépouilles et insignes. Lorsqu’ils étaient occupés à cette campagne, le roi de Mexico, Auitzotzin, apprit que les marchands mexicains étaient assiégés par les indigènes du lieu où ils se trouvaient. Il envoya aussitôt à leur aide, avec beaucoup de monde, Moteuhçoma qui, n’étant pas encoi'e roi, était général et portait le titre de tlacochcalcatl. Il se trouvait déjà en route lorsque des gens qu’il rencontra lui apprirent que la ville à'Ayotlan était vaincue et que les pochteca l’avaient prise. Ceux-ci, ayant su qu’il venait à leur secours, accoururent à sa rencontre en chemin et lui dirent : « Seigneur tlacochcalcatl, soyez le bienvenu ; mais il n’est pas nécessaire que vous alliez plus avant, attendu que le pays est déjà pacifié et que votre aide n’est plus nécessaire. Notre seigneur Uitzilopochtli tient déjà la conquête en son pouvoir, et les marchands mexicains ont bien fait leur devoir. » A cette nouvelle, le tlacochcalcatl reprit avec eux le chemin du retour.
Depuis cette conquête le champ est resté libre et sûr pour entrer à la province à'Anauac, sans que les Tzapoteca * ni les Anauaca ni autres quelconques y aient pu mettre obstacle. Depuis lors aussi les quetzalli et les plumes riches sont mises en usage parmi nous. Les marchands riches de Tlatelulco les apportèrent les premiers et en firent usage en même temps que le roi de Mexico, Auitzotzin. Ces marchands de Tlatelulco portaient aussi les noms de capitaines et n’étaient que des soldats dissimulés sous l’habit de trafiquants. C’est ainsi qu’ils entraient partout et faisaient la guerre aux villes et provinces. Le roi .iuitzotzin détermina qu’ils se distingueraient par les mentonnières