C’est-à-dire : formée de poils de lapin (iochtli
‘2. Pluriel de Tîapotecaii, habitant de Tzapotlan ; — Anauaca, pluriel de .4naMaca<i, habitant de l’Anabuac.
HISTOIRE DES CHOSES
d’or qu’ils rapportaient de leurs conquêtes et qu’ils seraient seuls à en faire usage en leur qualité de messagers du roi. 11 voulut aussi que les autres insignes qu’il leur distribua fussent portés par eux seuls, les jours de grandes fêtes, comme étaient celles de tlacaxipeualiztli et autres semblables, pendant lesquelles on se rendait à Mexico de toutes les provinces environnantes. Alors (c’est-à-dire une ou deux fois par an), ils se paraient de ces insignes au moment où se trouvaient réunis tous les grands personnages des provinces voisines.
C’est à l’occasion de ces fêtes qu’on combattait les captifs sur la grande pierre ronde, comme nous l’avons dit dans le second livre. Quelques-uns d’entre eux résistaient et devenaient, en se défendant, l’occasion d’un curieux spectacle, car ils faisaient montre d’un grand courage. Il y en avait au contraire qui, doués de peu de valeur, se laissaient tuer en un instant. D’autres genres de captifs étaient menés à Vareyto par leurs maîtres qui les traînaient par les cheveux. Les gens les plus caractérisés se couvraient des insignes dont nous avons parlé plus haut et jouissaient de ce spectacle à l’ombre de leurs maisons. Ces marchands étaient déjà des gentilshommes et se distinguaient par les devises que leurs hauts faits leur avaient méritées. S’il se faisait, au courant de l’année, quelque petite fête, ils ne se couvraient point de ces insignes ; ils se bornaient à se vêtir de mantas de maguey d’un tissu délicat. Mais les personnages de la noblesse qui s’appellent séparaient de leurs mantas riches et de leurs belles plumes dans toutes les fêtes ordinaires. Cependant, à l’occasion d’une fête donnée par un particulier dans son domicile, les nobles ne se paraient jamais de ces riches vêtements; ils se couvraient seulement de mantas d’ichtli d’un fin tissu; mais ils les attachaient de telle façon que l’on pouvait voir, au-dessous, d’autres mantas par lesquelles ils faisaient montre de leur noblesse.
Lorsque le roi de Mexico voulait envoyer des marchands, qui n’étaient que des capitaines et des soldats dissimulés, pour qu’ils fissent surveiller quelque province, il les faisait venir à son palais et s’entretenait avec eux de ses intentions. Il leur donnait seize cents pièces de monnaie, appelées quauhtli,po\nT servir à des échanges. Les marchands les emportaient à Tlatelulco, où venaient les rejoindre les trafiquants de Mexico pour parler de l’entreprise que le roi leur avait recommandée. Ils se traitaient mutuellement avec la plus grande courtoisie. Après s’être fait leurs confidences, ils partageaient entre eux par parts égales les monnaies données par le roi. Ils les employaient à l’achat de mantas riches, tant pour hommes que pour femmes, et après ce premier emploi des avances faites par le roi, ils
achetaient pour leur propre compte et pour leurs négoces personnels beaucoup d’autres joyaux et objets de parure, tant pour hommes que pour femmes, soit de luxe pour de hauts personnages, soit d’un mérite inférieur pour des acheteurs vulgaires.