‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 419 sur 704 · Pluriel de xiuhlototl · texte numérisé non relu

Pluriel de xiuhlototl

2. Pluriel de chalchiuhtotoll, oiseau ^lotoll) aux plumes d’émeraude [chalchiuill).

HISTOIRE DES CHOSES

en disant : « De sorte que, grâce à l’appui de Notre Seigneur Dieu Uitzilopochtli, ils ont découvert d’abord la province d'Anauac et l’ont visitée en tous sens quand elle était pleine de richesses, en couvrant sous des habits de marchands leurs secrets espionnages. » Après la mort du roi de Mexico appelé Auitzolzin, on élut le seigneur Moteuhçoma, natif de TenochtUlan, qui favorisait les habitudes des marchands; il honorait d’une manière particulière les principaux d’entre eux cl ceux qui faisaient le commerce d’esclaves. Il les faisait asseoir près de lui comme l’avaient fait ses prédécesseurs, en les traitant comme les nobles et les capitaines de sa cour.

Les gouverneurs qui administraient Tlaielulco et les chefs des marchands s’entendirent toujours très bien. Ils étaient fort amis et se maintenaient en union étroite. Les marchands qui régissaient leurs camarades avaient leur juridiction propre. Si quelqu’un des leurs commettait un délit, on ne le conduisait pas devant les sénateurs pour y être jugé. Eux-mêmes, qui étaient les juges des leurs, prononçaient les sentences dans les causes qui se soulevaient entre eux. Lorsqu’il y avait peine de mort, c’étaient eux-mêmes qui la prononçaient et qui la faisaient exécuter, soit dans ta prison, soit dans le propre domicile, soit en un autre lieu selon la coutume. Lorsque ces juges s’érigeaient en tribunal, ils se couvraient d’habits sévères indiquant leur autorité et s’ornaient de mentonnières d’or ou autres. Lorsque les chefs dès pochteca se constituaient juges, ils se costumaient comme on vient de dire, et leurs insignes indiquaient en même temps qu’ils étaient des braves et qu’ils avaient été â la province d’Anauac en traversant des peuplades ennemies. Ils se costumaient de même les jours de grandes fêtes. Les chefs des marchands prenaient soin du bon ordre dans le tianquhtli et parmi tous ceux qui allaient y acheter et vendre, afin que personne n’eût â souffrir de son voisin. Ils châtiaient ceux qui s’y rendaient coupables de quelque faute et ils prenaient soin de régler le prix de toutes choses. Lorsque le roi de Mexico ordonnait à des marchands de se rendre déguisés à quelque province, s’il arrivait qu’ils y fussent arrêtés et mis à mort, au lieu d’y recevoir bon accueil et d’obtenir une bonne réponse à leur message, aussitôt le grand seigneur de Mexico levait des troupes pour porter la guerre dans cette province. L’armée qui se mettait en marche avait pour officiers et commandants des marchands élus"par les chefs de leur corporation. C’étaient ceux-ci qui les investissaient de leur emploi et les instruisaient de ce qu’ils auraient à faire. C’était parmi les principaux trafiquants qu’on prenait le commandant en chef qui portait

le nom de QuauhpoyaualtzinK La levée des troupes se taisait par son ordre à Mexico, à Tetzcuco, à Uexotla, à Coatlichan, à Chalco, à Uitzilopochco, à Azcapnlznlco, à QuaAihlitlan et à Otumpan. Les hommes qui devaient prendre part à cette guerre, dont le poids retombait sur les marchands, se recrutaient dans toutes ces localités. Quand on était en route, les gens de Tlatelulco, stationnant en n’importe quel endroit, se logeaient tous ensemble dans la même maison sans qu’aucun y manquât. S’il arrivait que quelqu’un se rendît coupable de viol, les principaux parmi les hommes de Tlatelulco se réunissaient, prononçaient la sentence et le mettaient à mort. Lorsque quelqu’un des pochteca de Tlatelulco tombait malade et mourait, 0)i ne l’enterrait pas ; il était mis dans un cacaxlli, et, selon l’habitude qu’on suivait pour les défunts, on lui mettait sa mentonnière, on lui teignait les yeux en noir et le pourtour de la bouche en rouge, on lui entourait tout le corps de bandelettes blanches et on lui passait de larges bandes de papier à la manière de l’étole que les diacres se mettent de l’épaule à l’aisselle. Ainsi préparé, il était mis dans un cacaxtli où on l’attachait solidement. On l’emportait ainsi au sommet de quelque montagne et on plaçait le cacaxtli suspendu à un pieu planté en terre. C’est là que le corps se consumait, et l’on disait qu’il n’était pas mort, mais qu’il s’en était allé au ciel où se trouve le soleil. On disait de même de tous ceux qui mouraient à la guerre qu’ils s’en allaient où le soleil réside.

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