‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 418 sur 704 · Pluriel de quetzalloioll · texte numérisé non relu

Pluriel de quetzalloioll

viennent manger des glands. Il y a aussi beaucoup d’autres oiseaux du nom de xiuhtotome^ et d’autres encore qu’on appelle chalchiulUotome^, qui s’y nourrissent du fruit d’un arbre nommé xiuhlototl. Les chasseurs n’osent pas les prendre directement avec les mains; ils s’entourent les doigts d’herbes vertes, de manière à ne pas toucher les plumes, parce que leur couleur passe au bleu sale à moitié déteint lorsqu’on y porte la main. Il y a aussi dans cette province de très belles peaux d’animaux féroces. Les marchands appelés naualozlomeca achetaient tous ces objets en échange de couteaux et de lancettes û'itztli, d’aiguilles, de grelots, de cochenille, de pierres à feu, d’ocre rouge et d’écheveaux de poil de lapin, appelés tochomitl.

Les marchands naualoztomeca avaient une provision de toutes ces choses pour acheter les mentonnières riches d’ambre et d’autres encore, appelées tencoUi, dont faisaient usage les braves pour faire montre de leur courage, car ils méprisaient la mort et ils étaient très adroits dans l’art de guerroyer et de faire des captifs. Ils achetaient aussi avec les objets qu’on vient de dire des plumes riches, comme sont les quetzalli, les xiuhlototl et les chalchiuhtotoll. Si ces marchands étaient reconnus par les natifs du lieu, ils étaient incontinent mis à mort. Aussi le danger qu’ils couraient leur inspirait-il toutes les précautions inséparables de la crainte. Quand ils se mettaient en route pour sortir de cette province et rentrer dans leur pays, ils parlaient vêtus du même costume dont ils avaient fait usage parmi les habitants. Arrivés à Tochtepec où ils étaient fort estimés, ils abandonnaient ces habits pour reprendre les mexicains. Là, on leur donnait des mentonnières d’ambre, des ornements d’oreille, des mantas de maguey tissues comme de la toile à bluter, des éventails, des émouchoirs de plumes riches et des bâtons ornés de glands faits d’une plume jaune de perroquet. C’est ainsi qu’ils continuaient leur route jusqu’à leur entrée à Mexico. En arrivant dans cette ville, ils allaient visiter les principaux parmi les marchands, auxquels ils faisaient le rapport de tout ce qu’ils avaient vu dans le pays qu’ils venaient de visiter. Ceux-ci, après avoir entendu leur récit, allaient incontinent en rendre compte au roi de Mexico et lui disaient : « Voici, seigneur, ce qu’il y a et ce qui se passe dans la province de Tzinacatlan : c’est ce que nous apportons là et que nous mettons en votre présence. Nous ne l’avons pas obtenu pour rien ; cela a coûté la vie à quelques naualoztomeca qui sont morts dans l’entreprise. » Et après le récit complet de tout ce qui s’était passé, ils finissaient

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