Aigle (quanhlli) noir (de poyaua, teindre en brun
HISTOIRE DES CHOSES
valeureux, Dieu vous garde; sachez que nous sommes revenus pleins de vie et de santé. » Et après lui avoir dit ces paroles, il ajoutait : « Demain, j’irai rendre visite à nos pères les vieux marchands; ils viendront boire un peu de cacao dans ma pauvre demeure, où il a plu à Dieu de me rappeler vivant. » Le chef lui répondait : « Soyez les bienvenus, mes chers amis ; vous avez rempli de joie vos pères les vieux marchands. Ils vous parleront demain ; allez maintenant vous reposer, »
Ce marchand ayant donc vu dans la soirée son chef et les autres principaux membres de sa corporation et les ayant invités à un banquet, il se mettait en mesure, lorsque minuit était venu, de couper des papiers, afin de les olTrir en reconnaissance du secours que les dieux leur avaient donnés pour le succès de leur voyage. On en cou- ])ait en quantité suffisante pour le feu et pour Yacatecutli, dieu des marchands. Dès que les pajiiers étaient prêts, l’olfrande en était faite, ii minuit, à ces divinités en action de grâces. Cela étant fini, le marchand donnait ses ordres pour apprêter les mets dont on aurait besoin, comme poules en tourtes et en petits pâtés, et d’autres cuites avec du maïs, qu’on appelle lotollaolli ‘. Il s’évertuait à faire préparer du bon cacao mêlé avec des épices, qu’on nomme teonacaztli'^. Les marchands invités se rendaient à la maison du banquet à l’heure où les satrapes faisaient leurs sonneries, de la même manière que se font entendre aujourd’hui les sons des cloches à l’auhe ou à la première heure de la matinée. Les marchands, hommes et femmes, et les parents de l’hote étant réunis dans sa maison, on apportait de l’eau et tous se lavaient les mains et se rinçaient la bouche. Avant tout, on servait l’olTiande du dieu Xiuhteculli. On la mettait en bon ordre devant le foyer: c’étaient des têtes de poules servies avec du molli dans de petits plats. On servait ensuite des mets devant l’image d’Yacaleculli, dieu des marchands. Après avoir fait les offrandes à ces dieux, on servait les invités et, quand le repas était fini, tout le monde se lavait de nouveau les mains et on se rinçait la bouche. On apportait alors les lasses de cacao, qu’on appelle teolecomall^. On en servait une au dieu du feu, une autre au dieu des marchands et l’on donnait ensuite la sienne à chaque invité. Pour finir, on distribuait des roseaux à fumer. Quand on avait fini de manger et de boire, chacun restait assis â sa place dans l’attente de ce que le maître du
1. De tulolin, poule, et tlaolli, mais. Le mol est écrit tolollaolli, le l disparaissant toujours entre deux l.