‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 422 sur 704 · De teoll, dieu ou divin, et nacazlli, oreille · texte numérisé non relu

De teoll, dieu ou divin, et nacazlli, oreille

J. « Vase divin de leoll, dieu, et tecomall, vase.

J-íE LA NOUVELLE-ESPAGNE.

banquet allait distribuer. Les Mexicains appellent quinueucchiua \ ce qui veut dire: don de vieillards vénérables. Chaque principal recevait deux tecomatl qu’on appelle ayotectli On donnait à chacun des autres deux cents amandes de cacao, cent grains de l’espèce appelée teonacaztli et une palette d’écaille pour battre le cacao. C’est ainsi qu’agissaient tous les marchands quand ils revenaient de loin.

L’hôte se plaçait ensuite devant ses invités et leur parlait comme il suit: « Vous tous, señores, ici présents, sachez queje viens d’exercer mon métier de marchand avec ballots, bâtons et cacaxtli. Me voilà de retour; Notre-Seigneur tout-puissant m’a préservé de la mort. Si, par hasard, j’ai fait quelque offense à mon prochain, vous l’entendrez dire et vous le saurez quelque jour; car j’ai à me reprocher bien des péchés et des fautes. J’ai paru digne, néanmoins, de revoir vos visages comme vous en avez la preuve, je suis revenu me joindre à mes parents, à mes oncles et à mes neveux; peut-être plaira-t-il au Seigneur tout-puissant de me faire mourir au milieu d’eux demain ou un autre jour. Voilà, señores, ce que je voulais vous faire entendre. » Ceux qui étaient présents lui répondaient aussitôt : « Te voilà, notre fils ; c’est en ta présence que nous venons de manger et de boire le fruit des fatigues que tu as endurées en courant par monts et par vaux, et le résultat de les soupirs et de tes larmes devant le Seigneur tout-puissant. Nous avons reçu de toi ce que tu as répandu après l'avoir recueilli de la miséricordieuse bienveillance dont Dieu t’a honoré en te donnant ses biens temporels que lu as rapportés de tes voyages. Est-ce que lu penses que, par le fait de nous donner à manger et à boire, tu nous as fermé la bouche? Crois-tu nous inspirer de la crainte pour cela? Est-ce que par hasard tu nous empêcherais ainsi de parler comme pères et de te donner les conseils que nous devons à nos enfants? Nous voudrions bien savoir d’où le viennent les mets que tu nous as donnés. N’as-tu pas dérobé quelque part ce que tu as apporté? Peut-être n’es-tu qu’un joueur de pelotte, un enjôleur de femmes, un voleur qui a pris son bien à son légitime possesseur? N’as-tu pêché qu’en eau trouble le manger et le boire que tu viens de nous servir? Nous ignorons s’il s’y trouvait mêlé quelque saleté, quelque poussière, quelque excrément. Nous ne savons pas si tu t’es laissé choir de quelque grand précipice, dans quelque ravin profond. S’il en était ainsi, ce que tu fais ne te vaudrait aucun mérite. Voilà les paroles que les pères doivent à leurs enfants : des réprimandes, d’âpres et dures corrections qui piíjuent et entament le

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