Pain de vie »; de yoli, vivre, et Llaxcalli, pain
3. Pluriel de calpixqui, intendant, majordome, gouverneur de province, etc.; substantif verbal formé de calli, maison, et pia, garder.
4. De orne, deux, et acall, roseau. Ce dieu de la joie et de la bonne chère n’était véritablement vénéré que parmi les grands seigneurs, qui seuls par leurs richesses pouvaient donner, soit des festins magnifiques, soit des fêtes publiques.
dîner leur parenté pour qu’on chantât et dansât dans leurs maisons au milieu des (leurs et de beaux services de table. Le jour où cette réjouissance devait avoir lieu, celui qui en était le promoteur installait l’image de ce dieu dans son domicile. Quelques satrapes préposés à son service dans le temple étaient chargés de l’apporter. On disait que si on ne lui rendait pas tous les honneurs qui lui étaient dus, il se fâchait, apparaissait en songe à l’auteur du banquet, et lui reprochait sa conduite en ces termes : « Mauvais homme, parce « que tu as omis de m’honorer comme il convenait, sache bien que « je t’abandonne; je m’éloignerai de toi, et tu me paieras cher « l’injure que tu m’as faite. >3 S’il se sentait vivement contrarié, il témoignait de sa mauvaise humeur en faisant que les mets et les boissons se remplissent de poils et de cheveux, pour dégoûter les convives et déshonorer le maître du banquet. Ces gens-là, du reste, tombaient malades à la suite de la communion qui se faisait au jour de la fête de ce dieu, et au surplus, lorsqu’ils mangeaient et buvaient, ils sentaient un resserrement de gorge qui les empêchait d’avaler; bien plus, quand ils marchaient, ils trébuchaient sans cesse et tombaient très souvent.
Quand on célébrait la fête de ce dieu et que la nuit était venue, on communiait avec son corps. C’est pour cette cérémonie que les grands personnages et les calpixque, ainsi que les gens chargés de l’administration des faubourgs, faisaient avec une pâte l’apparence d’un os cylindrique et allongé, comnie en forme de coude, et ils prétendaient que c’était un os de cette divinité. Avant la communion, ils mangeaient et buvaient du pulque. Après avoir mangé et bu et lorsque le jour commençait à poindre, ils s’armaient d’épingles ou de quelque autre objet semblable, et ils les enfonçaient dans le ventre de l’idole de cette divinité. Cela fait, ils partageaient en trois l’os qu’ils avaient fabriqué avec la pâte appelée tzoalli, ils la repartissaient entre eux et chacun mangeait sa part. 11 était bien entendu que tous ceux qui communiaient là devaient contribuer l’année suivante à la célébration de la fête de ce dieu et ne rien omettre pour en faire les frais. L’image de cette divinité ressemblait à un homme assis sur un faisceau de souchets. Il avait la figure tachetée de blanc et de noir. Une couronne de papier ceignait étroitement son front à l’aide d’une bande large et longue de différentes couleurs, nouée sur la nuque au moyen de lacets qui se terminaient par une sorte de gland. Cette couronne était recouverte par des enfilades d’émeraudes. Il était vêtu d’une mante en forme de filet, avec une frange large dans laquelle se trouvaient tissées différentes fleurs. Il avait à son côté une rondache du bas de laquelle s’échappaient des glands, et il portait à la main droite un sceptre auquel s’ajoutait un médaillon arrondi percé en
HISTOIRE DES CHOSES
manière de petit œil-de-bœuf. Ce sceptre reposait sur une table ronde par son bout inférieur et se terminait en haut par une forme pyramidale. On l’appelait llachialoni, c’est-à-dire lorgnette, parce que son médaillon servait à couvrir le visage, tandis gu’on regardait par l’ouverture.