‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 44 sur 704 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

QUI TRAITE DU DIEU NOMMÉ IxtUltOïl^ QUI VEUT DIRE LE NÉGRILLON ;

ON l’appelle aussi Tlaltetecuin^.

On faisait à ce dieu un oratoire de planches peintes, sorte de tabernacle dans lequel son image était placée. Il y avait dans cet oratoire ou temple un grand nombre de terrines et de jarres, pleines d’eau et couvertes avec des planches ou des comalli. On appelait cette eau tlilatl % ce qui veut dire eau noire. Lorsqu’un enfant tombait malade, on l’apportait au temple de ce dieu IxtliUon, on ouvrait l’une de ces jarres, on lui faisait boire de cette eau et sa maladie guérissait avec elle. Si quelqu’un voulait célébrer la fête de ce dieu par dévotion personnelle, il conduisait son image dans sa maison. Elle n’était alors ni peinte ni sculptée; c’était un satrape qui se revêtait des ornements de cette divinité. Pendant le trajet on encensait devant lui avec de la fumée de copal, jusqu’à ce que l’image arrivât à la maison où l’on devait la fêter avec les danses et les chants qui étaient dans leurs habitudes, car leurs manières de danse sont bien différentes de la nôtre. Je décrirai ici celle que nous appelons areyto et qu’ils désignent dans leur langue par le nom de maceualiztli*. Ils s’assemblaient, en grand nombre, de deux en deux ou de trois en trois, et formaient un rond plus ou moins considérable selon qu’ils étaient plus ou moins nombreux. Ils portaient des fleurs aux mains et étaient ornés de divers plumages. Ils faisaient, tous en même temps, un mouvement uniforme de leur corps, ainsi qu’avec leurs

1. Diminutif de ixtlüli, face noire; de ixili, visage, et tlilli, couleur noire. IxtliUon était le dieu de la médecine.

2. Ou plus régulièrement Tlaltelecuini, «celui qui frappe ou creuse la terre»; de tlalli terre, et lelecuinia^ frapper, ébrécher, etc.

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