‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 434 sur 704 · Depoçolli, gonflé, et cactli, soulier · texte numérisé non relu

Depoçolli, gonflé, et cactli, soulier

dansant, portant à la main un vase appelé quacaxitl\ dans lequel on plaçait les cheveux à mesure qu’on les arrachait. Celte opération étant terminée on se prenait à crier en battant de la main l’ouverture de la bouche comme c’était l’habitude. Celui qui avait reçu les cheveux dans l’écuelle s’en allait, et l’auteur de la fête prenait l’encensoir nommé tlemaitl, plein de braise, et allait encenser dans la cour vers les quatre points cardinaux. Les esclaves qui devaient mourir ne dormaient pas un seul instant dans la nuit. Au lever de l’aurore, on leur offrait à manger; mais ils ne pouvaient se résoudre à rien prendre, malgré l’insistance qu’on y mettait, car ils étaient pensifs et tristes, ayant devant les yeux le supplice qu’ils allaient subir et croyant, à tout instant, voir entrer le messager de la mort, qui s’appelait Paynallon. C’était la divinité précurseur du dernier moment de ceux qu’on devait sacrifier aux dieux. Il se présentait d’abord en courant à l'endroit où ils devaient être immolés et partait ensuite de Tenochtülan pour Tlatelulco ; de là il prenait sa course à travers le quartier de Nonoalco pour Popotlan, Maçatzintamalco, Chapultepec et Maçatlan; de cet endroit il s’en allait parcourant en droite ligne le chemin de Xoloco et entrait à Tenochtülan. Pendant que le Paynallon parcourait ces stations, on amenait les esclaves qui devaient mourir au quartier de Coatlan ; là se trouvait le lieu où ils devaient combattre certains guerriers qui étaient déjà préparés dans ce but. C’était dans la cour même du temple appelé Uitzcalco Lorsqu’arrivaient les esclaves armés déjà pour le combat, ceux qui devaient les attaquer se présentaient et en venaient aussitôt aux mains avec eux en toute réalité. On appelait tlaamauique'^ ceux qui combattaient les esclaves avec le plus de valeur. S’ils arrivaient à en capturer quelqu’un en combattant, sentence était prononcée à l’instant pour fixer la valeur de l’esclave, et celui qui était son maître était obligé de l’acquitter aux vainqueurs, moyennant quoi il reprenait son bien. Mais s’il n’avait pas les moyens d’en payer le prix, ceux qui l’avaient capturé au lieu dit de Uitzcalco mangeaient l’esclave après sa mort. Ce combat avait lieu pendant que le Paynallon parcourait les stations susdites. Aussitôt qu’il était de retour, on plaçait en rang devant l’image de UitzilopochtU les malheureux qui devaient mourir, dans l’endroit qu’on appelle Apetlac, et l’on partait en procession pour faire quatre fois le tour du temple. Cela fait, on les remettait de nouveau en rang devant UitzilopochtU^ et le Paynallon montait au

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