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Dans la maison [calco) des épines [uitztli

3. C’est-à-dire : ceux qui enveloppent les objets de papier (amauicÇ).

HISTOIRE DES CHOSES

haut de l’édifice. Quand il y était parvenu, on descendait certains papiers que l’on venait déposer au lieu appelé Apetlac et ytlaquaian Uitzilopochtli ; on les élevait successivement vers les quatre points cardinaux, en manière d’offrande, et on les déposait là, convenablement arrangés. Alors descendait du temple un satrape dissimulé dans le corps d’un serpent qui avait l’air de marcher tout seul. Des plumes rouges simulant des flammes sortaient de sa bouche. Il arrivait ainsi à Apetlac où se terminaient les degrés du temple. Là, se trouvait un grand massif de maçonnerie duquel on descendait par quatre ou cinq marches au niveau du sol de la cour. Ce massif s’appelle apetlall ou ijtlaquaian Uitzilopochtli et se trouve placé à l’orient du temple. Celui qui s’était donné la forme du serpent faisait une accolade vers la partie du monde où le soleil se lève et la répétait vers les trois autres points cardinaux. Cette cérémonie étant terminée, il se dépouillait de son reptile qu’il laissait tomber sur le papier étendu au-dessus de Y Apetlac et y mettait le feu de manière à consumer ce serpent appelé Xiuhcoatl et il remontait ensuite au haut du temple. Quand il y était arrivé, les satrapes commençaient à sonner de leurs trompettes et de leurs conques marines.

En ce moment la cour du temple se voyait pleine de gens qui venaient jouir du spectacle de la fêle et se tenaient assis sur toute l’étendue de cette cour. Aucun d’eux n’avait pris ni ne prenait aucun aliment, car tous jeûnaient ce jour-là; ils n’avalaient pas une seule bouchée avant le coucher du soleil, heure à laquelle ils faisaient leur repas, après que toutes les cérémonies étaient achevées et avant qu’on sacrifiât les esclaves. Pendant tout ce temps, le l’oi se tenait assis près d’une colonne sur un siège à dossier placé sur une estrade recouverte d’une peau de tigre. Le siège lui-même était recouvert d’une peau de cuetlaxtli et faisait face aux hauteurs du temple de Uitzilopochtli. Devant le roi s’élevait un arbrisseau artificiellement fabriqué au moyen de roseaux et de petites baguettes. Il était partout garni de plumes et de son sommet s’élevait un grand nombre de quetzalli ou plumes riches qui paraissaient germer d’une boule en or qui formait la partie supérieure de l’arbrisseau, lequel se terminait, en bas, par une frange de riches plumes. En ce moment descendait le Paynallon qui s’emparait de tous les esclaves voués à la mort et, les amenant de V Apetlac, il les faisait monter au haut du temple en marchant devant eux pour aller les sacrifier au sommet de l’oratoire de Uitzilopochtli. Les satrapes qui devaient les tuer étaient prêts^ revêtus de leurs jaquettes et d’une sorte de mitre en plumes de laquelle retombaient des bandes de papier qui s’y trouvaient attachées. Ils avaient le visage teint en ocre rouge appelée teotlauitl. Ils ouvraient

les poitrines des victimes avec des pierres d’obsidienne taillées en l'er de lance, très bien affilées et insérées dans un manche fort court. Lorsque la victime leur était livrée, elle était aussitôt étendue, le dos sur une sorte de billot en pierre, et quatre aides la tenaient par les pieds et les mains en tirant fortement dessus. Quand le pauvre esclave était étendu de la sorte, le prêtre armé de son couteau s’approchait, le lui enfonçait dans la poitrine et, après lui avoir arraché le cœur par l’ouverture, te déposait dans un vase. Après cela, il jetait par les degrés du temple le corps, qui s’en allait roulant jusqu’en bas où se trouvait VApellac. Le maître de l’esclave ou du captif prenait personnellement son cadavre (car personne n’osait toucher à l’esclave d’autrui) et il l’emportait dans sa maison. Voici du reste l’ordre qu’on suivait pour sacrifier les victimes : on faisait d’abord monter les captifs et on les tuait les premiers en disant qu’ils formaient le lit de ceux qui les suivaient. Les esclaves venaient après eux et, en dernier lieu, les malheureux qu’on avait engraissés et qu’on appelait tlaaltiltin. Chacun y passait à son tour. Leurs maîtres s’occupaient de les conduire, tenant à la main des bâtons ornés de plumes riches. Si l’auteur du banquet ou de la fête était marié, la femme accompagnait les esclaves avec son mari jusqu’au haut du temple ; tous les deux portaient des bâtons ornés de plumes de quetzalli. S’il n’était pas marié et s’il avait un oncle, celui-ci montait avec lui et les deux portaient les bâtons comme nous l’avons déjà dit. S’il n’avait ni oncle ni père, mais un fils, celui-ci l’accompagnait; de sorte que c’était toujours l’un de ses plus proches parents qui montait avec lui. Portant leurs bâtons, ils avançaient en soufflant dans leurs mains qu’ils élevaient ensuite sur leurs têtes comme pour y porter leur respiration. Telle était la coutume qu’ils suivaient en montant les degrés du temple de Uitzilopochtli. Étant parvenus au sommet, ils faisaient une fois le tour de l’image, en procession, tandis que les personnes qui restaient en bas s’occupaient à les considérer. Ils descendaient ensuite et, quand ils étaient descendus, les gens qui avaient été payés à la journée pour donner leur aide, prenaient les esclaves morts et les portaient à la maison en suivant les maîtres de la fête. A leur arrivée, ils préparaient eux-mêmes le corps appelé tlaaltilli et le faisaient cuire. Mais, avant tout, ils cuisaient le maïs, qui se mangeait avec la chair des morts. Celle-ci était servie en petite quantité, placée sur le maïs. On n’ajoutait point de chilli à la confection de ce plat qui était préparé avec du sel seulement. Les auteurs du banquet et leurs parents en prenaient aussi leur part.

Telle était la manière dont les marchands se conduisaient à la fête de panquelzaliztli. Us gardaient toute leur vie les ornements dont

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avaient été couverts les esclaves sacrifiés ; ils les tenaient enfermés dans une valise en mémoire de cet événement. Cela consistait en mantas, maxtli et colaras, pour les hommes; jupes, uipilli et autres ajustements, pour les femmes. Les cheveux qu’on avait arrachés du haut de la tôle élaienl conservés avec le reste dans celle sacro-sainte valise. Lorsque l’auteur de la fête mourait, on brûlait celle-ci à ses funérailles avec tous les ornements qu’elle contenait.

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