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CHAPITRE II

DES DEGRÉS d’aFFINITÉ.

Le beau-père est celui qui a une bru ou un gendre vivant. S’ils sont morts, il s’appelle micoamontoili L Le beau-père procure une femme à son fils; il marie ses filles et prend soin de ses petits-enfants. Le beau-père qui est bon ne néglige pas de donner ce dont ils ont besoin à son gendre et à sa bru et il les loge dans sa maison. Le méchant beau-père sème la discorde entre sa fille et son gendre et entre son fils et sa bru. 11 ne veut recevoir personne chez lui ; il est mesquin et avare.

La belle-mère fait son possible pour concourir aux bonnes actions du beau-père en ce qui regarde ses fils. La bonne belle-mère surveille sa bru et fait la garde avec discrétion. Quant à la mauvaise belle-mère, elle se réjouit que sa bru soit désordonnée. Elle dépense inconsidérément son bien et celui des autres et elle est envers sa bru une belle-mère infidèle.

Le père du beau-père affecte les mêmes qualités que celui-ci. Quand il est bon, il est riche et possède de grands capitaux gagnés par son travail. Quand il est mauvais, au contraire, il est vil, pauvre, mesquin, sans profits et jamais il ne sort de la misère.

1. Sahagun veut indiquer ici que beau-père se dit simplement montatli-, micoa, impersonnel de miqui, mourir, signifie qu’il y a eu perte soit du gendre, soit de la bru.

La mère d'un beau-père ou d'une belle-mère possède les qualités de celle-ci. Quand elle est bonne, elle est honnête, aimable et vénérée. Quand elle est mauvaise, elle fait du tort à elle-même et aux siens et elle laisse après elle des dettes à payer par ses héritiers.

Le gendre est un jeune marié; il n’appartient pas à l’ordre des tlamacazque et des telpopochtin. Le bon gendre est honnête, respectueux et affectionné à son beau-père. Le mauvais gendre est éhonté, escroc, envieux; il vole ce qu’il peut dans la maison de son beau-père et il aime le concubinage.

La hrw a été demandée en mariage; elle est femme légitime. Quand elle est bonne, elle n’est pas parleuse et criarde; elle est discrète, patiente; elle reçoit humblement les remontrances; elle aime, soigne, flatte et apaise son mari. Mais quand elle est mauvaise, elle répond avec impertinence; elle est obstinée, colère, irascible, intraitable, furibonde, envieuse : elle se fâche et se met en fureur.

Le beau-frère doit être maniable, d’un caractère doux, économe, ' travailleur, obligeant, débonnaire et franc. Quand il est de mauvais aloi, il est envieux, rancunier; il se fâche et il est obstiné. Le beau-frère a beau-frère et belle-sœur; il a aussi beau-père et belle-mère, ainsi que des parents des deux sexes. Quand il est mauvais, il fait concubinage avec sa belle-sœur et même avec sa belle-mère;

• il importune pour qu’on lui donne toujours quelque bien.

La belle-sœur a un frère ou même plusieurs, soit plus âgés, soit plus jeunes. Quand elle est bonne, elle est douce, débonnaire, secourable; elle entretient la paix entre le frère et son mari. Quand elle est mauvaise, elle sème la discorde entre eux. La femme appelle sa belle-sœur nouezui*. Elle a des parents; elle est sœur aînée ou cadette; elle est friande ou bienfaisante. La bonne belle-sœur est reconnaissante; la mauvaise est voleuse et intéressée.

Le frère aîné gouverne toute la maison de son père ; il instruit ses frères cadets et leur épargne le travail jusqu’à ce qu’ils soient en âge de le supporter.

Le beau-père est celui qui se marie avec une femme déjà veuve qui a des enfants qu’il prend pour beaux-fils ou belles-filles. Il met de la constance au travail. Le mauvais beau-père hait ses beaux-fils. Il ne peut pas les souffrir et il les voudrait voir mourir.

La belle-mère est celle qui s’est mariée avec un homme veuf qui a des enfants. La belle-mère de bon aloi traite affectueusement et avec bonne grâce ses beauxfils et elle est aux petits soins pour eux. Quand elle est mauvaise, au contraire, elle est colère, rancunière, de méchant aspect, regardant toujours d’un air furibond.

Les beaux-fils sont ceux qui ont perdu un père ou une mère et qui entrent au pouvoir d’un beau-père ou d’une belle-mère. Quand le beau-fils est bon, il vit humble, retiré, respectueux. Lorsqu’il est mauvais, au contraire, on le voit inquiet, fripon, audacieux, présomptueux; il obéit avec répugnance; il fait le malade; il est médisant, calomniateur; il méprise tout le monde.

1. T>e ueiuilli, en composition nouezui, ma belle-sœur ; rnoweiuî ta belle-sœur; etc. Molina donne uezuatli. Cette expression n’est employée que par les femmes. Les hommes disent uepüli, mot dont se sert aussi une femme pour désigner son beau-frère. Enfin, l’homme appelle ce dernier lextli.

HISTOIRE DES CHOSES

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