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DES HOMMES ROBUSTES

On voit généralement entre les hommes que les uns sont de taille élevée et les autres petits-, ceux-ci sont gros et ceux-là sont maigres ; il en est de bon et de mauvais aspect, comme aussi quelques autres de moyenne stature. Le propre des hommes robustes est d’aimer la guerre, d’être forts et d’avoir grand cœur et grand courage. L’homme véritablement fort est ardent, irritable, déterminé ; il combat vaillamment; il s’engage résolument dans la lutte; il taille et tue les ennemis sans jamais craindre personne. Le lâche, au contraire, a recours à la dissimulation pour perdre les siens et les vendre, car il est faux, malicieux, peureux et sans nulle attention pour ses amis.

L'homme brave, appelé tiacauh, est invincible, robuste, dur et fort; il compte pour rien les dangers et il ne recule jamais. Celui qui est réellement brave combat avec ardeur et courage; il remporte victoire et fait des captifs. Il désole les lieux habités et l’on dirait qu’il les balaie, car il ne laisse rien sur le sol et il finit toujours par un triomphe complet sur les vaincus. Le faux brave, au contraire, est vaniteux, vantard; il se dit un aigle et un lion dans la guerre par sa vaillance, tandis qu’il est toujours mort de peur.

L'homme vaillant et fort, appelé quachic, est l’appui et le rempart des siens. Furieux et plein de rage contre ses ennemis, il fonde sa vaillance sur la force de ses muscles et il marque parmi les hommes de valeur. Cet homme-là est bien dispos et très apte à la guerre ; il porte aide et secours à tous les siens sans craindre la mort ; il défait ses adversaires et se rit de tous, inspirant ainsi le courage et la confiance à ceux qu’il commande, blessant, tuant et capturant les ennemis sans faire quartier à aucun d’eux. Celui qui ne ressemble pas à ce vaillant homme est efféminé, craintif en toutes choses, plus prompt à fuir qu’à poursuivre l’ennemi; il est faible, timide et se montre en tout lâche et affaibli.

Le mestre de camp ou l’homme qui commande en cette qualité est celui qui, pour faire montre de son rang, porte les cheveux en queue tombant sur le dos, la mentonnière à la lèvre et des oreillons. Il est toujours couvert de ses armes. Celui-là est adroit et expérimenté dans les choses de la guerre. Il sait inventer des ruses, choisir les lieux sûrs et les bons chemins contre l’ennemi; il inspire à tous la crainte et l’épouvante tandis qu’il est lui-même très confiant dans sa valeur. Quant à celui qui ne lui ressemble point, il s’abandonne au sommeil ; est sans soin en toutes choses et il est tel, enfin, qu’il gâte tous les autres par sa peur et sa lâcheté.

HISTOIRE DES CHOSES

Le capitaine général a pour devoir de commander dans la bataille, de prendre ses mesures et de mettre ses escadrons en ordre pour la livrer. Il se tient pour grand aigle et lion et fait parade de sa confiance dans la victoire par les insignes dont il est orné, donnant d’ailleurs à entendre qu’il est de son devoir de mourir pour les siens dans la campagne. Le bon capitaine général est vigilant ; il range bien ses escadrons et, par son adresse aussi bien quepar son intelligence, il invente des moyens de vaincre. Pour cela, il fait pourvoir tout le monde d’armes et de vivres-, il ouvre des chemins, voit tout par lui-même, fait dresser des tentes, asseoir son quartier général, placer des sentinelles, répartir les soldats destinés à porter les défis, provoquer, former des embuscades et s’avancer en espions. Le capitaine qui n’a pas ces qualités est bien souvent la cause de grands maux, et de bien des morts, et il met fréquemment les siens dans les périls et les embarras.

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