DES ORFÈVRES ET DES OUVRIERS EN PLUMES
L'ouvrier en n’importe quel métier mécanique est d’abord apprenti. Il passe ensuite maître en plusieurs industries, à tel point qu’on peut dire de lui qu’il est l’omm’s homo.
L'ouvrier dans les travaux manuels., qui compte parmi les bons, s’entend à fabriquer et à inventer n’importe quel travail qu’il exécute ensuite avec facilité et sans aucun malaise. Il est enfin très apte et très adroit pour tracer, composer, ranger et appliquer chaque chose comme il convient. Le mauvais ouvrier est étourdi, trompeur, voleur et tel enfin que jamais il n’effectue un travail parfait.
L'ouvrier en plumes est le seul qui soit habile et ingénieux dans son métier. Quand il est bon, il a de l’imagination et de l’activité; il est fidèle et il possède l’aptitude qui convient pour ajuster et coller les plumes, les mettre en harmonie et embellir ainsi son travail au moyen de la diversité de leurs couleurs. En un mot, il a l’habileté nécessaire pour les appliquer judicieusement. Celui qui n’est pas bon ouvrier est maladroit, il a l’intelligence obtuse, l’esprit bouché et ne possède nullement la vivacité propre à son métier ; il gâte tout ce qu’on lui recommande.
L'orfèvre sait discerner quel est le bon métal et en fabriquer n’importe quel objet délicatement et avec adresse. Le bon orfèvre a de bons procédés; il fait tout au compas et sur mesure. Il sait purifier n’importe quel métal et faire des palets ou des lames avec de l’or ou de l’argent fondu. Il connaît aussi manière de fabriquer des moules en charbon et d’exposer le métal au feu pour le fondre. Le mauvais orfèvre ne sait point affiner l’argent; il le mêle à de la cendre; mais en revanche il est fort adroit pour séparer et voler des fragments de ce métal.
Le forgeron est un homme fin, adroit, de bon jugement et d’appréciation juste dans ses œuvres. Il sait fendre son métal avec la hachette, le battre au marteau, le mettre à la forge, l’y soumettre au soufflet et au charbon et le couper ensuite
comme si c’était de la cire. Le mauvais forgeron est menteur, moqueur, paresseux, sans soin, épuisé de force; il fait mal son ouvrage pour le terminer plus vite et il le façonne sans justesse après y avoir employé beaucoup de temps.
Le lapidaire a été instruit et examiné dans son métier. Il se connaît en pierres fines et il sait fort bien les délivrer de leurs imperfections, les tailler et les combiner avec d’autres en les collant au moyen de béton pour faire de la mosaïque. Le bon lapidaire travaille avec art, invente des formes délicates, sculpte et polit à merveille les pierres avec les instruments dont il fait usage. Le mauvais lapidaire est lourd, maladroit; il ne sait pas polir, mais il gâte les pierres en les travaillant avec étourderie, en les fendant ou en les mettant en morceaux.