DE QUELQUES AUTRES OUVRIERS, COMME TAILLEURS ET TISSERANDS
Le tailleur sait couper, essayer et bien coudre un vêtement. Le bon tailleur est bon ouvrier, intelligent, habile et loyal dans son métier. Il sait bien coudre, assortir les morceaux, ourler, faire les bordures et confectionner le vêtement en rapport avec la forme du corps. Il place des ganses, des garnitures; en un mot, il fait tous ses efforts pour satisfaire son client. Le mauvais tailleur trompe et fraude dans son métier; il vole ce qu’il peut et il garde pour lui tout ce qui reste du drap qu’on lui a confié. Il coud mal,
HISTOIRE DES CHOSES
allonge ses points, demande plus qu’il n’est juste pour son travail et, se refusant à toute politesse, il ne sait être qu’exigeant.
Le tisseur au rouet ou an fuseau sait en même temps effdoclier les vieux tissus. Ce que fait le bon fdeur est uni, fin, bien tordu; il l’enroule en fusée, le dévide en bobine ou en écheveau, et il est, enfin, très zélé et très constant dans les choses de son métier. Le mauvais fileur, au contraire, fait du fil grossier, inégal, mal tordu, mou; il ne connaît aucune finesse de son métier et il n’y est que lourd et négligent.
Le tisseur ou la tisseuse ourdit, transporte la chaîne sur le métier, met les pédales en mouvement avec ses pieds, lance la navette et place comme il convient la toile sur les lisses. La bonne tisseuse est habile à serrer et à battre ce qu’elle tisse; elle redresse ce qui est mal tissé avec une épine ou une épingle et s’ingénie à rendre plus clairs les points qui ont été trop serrés. Elle sait placer fort bien la chaîne sur le métier et la tendre au moyen du cylindre, de manière à former un tissu partout égal; elle est adroite également à tramer sur ladite chaîne. Le mauvais tisseur est paresseux, négligent, mauvais ouvrier. Il gâte tout ce qu’il tisse; sa toile est mauvaise et toujours mal serrée.