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CHAPITRE XI

DES PERSONNES VICIEUSES, COMME SONT LES PAILLARDS ET LES ENTREMETTEURS.

L’homme corrompu et de vie folle met de l’étourderie et de l’ineptie à toutes choses, il est malade de quelque partie de son corps, très malheureux, ami du vin et de toute chose qui enivre. Il vague comme un possédé sans crainte ni respect pour personne, s’exposant à n’importe quels risques et dangers. Un jeune homme dissipateur erre comme un ensorcelé ou un ivrogne, se livrant à des fanfaronnades. 11 ne garde jamais un secret; il est porté aux femmes, victime de quelque sorcellerie ou autres choses qui ont pour effet d’enlever à l’homme son jugement, à la manière des mauvais champignons et de quelques herbes qui ont la propriété de rendre fou. Le vieux libertin est peu estimé ; il a mauvaise réputation et il est affolé, sot et niais.

V entremetteur peut être comparé à un rat, parce qu’il court en cachette trompant les femmes à l’aide de belles paroles, d’un nombre infini de flatteries et de démarches insidieuses avec lesquelles il les enjôle. Ces tromperies et faussetés sont comparables aux roses qui plaisent par leur beauté et leurs parfums.

Le propre de Vemhoiseur ou de Vemboiseuse c’est d’avoir toujours à son aide un langage qui trompe aisément les femmes. Celles-ci en possèdent à leur tour pour enjôler les hommes. Chaque emboiseur, donc, sait rendre hommes et femmes charmés, ensorcelés, vains, fous, ébahis et présomptueux.

Le sodomite succube est abominable, exécrable, détestable et digne d’exciter contre lui la moquerie de tout le monde. La puanteur et la vilenie de son péché ne peuvent manquer d’exciter le dégoût. Dans son parler et dans sa démarche il a tout l’aspect d’une femme et, certes, ses actions méritent le bûcher.

L'homicide a mauvais cœur, il est méchant, furibond comme un chien enragé, avide de sang versé. Il met tout son zèle et ses soins à faire naître la discorde

entre les gens-, il est brouillon, il porte de faux témoignages; son métier est do blesser et de donner la mort.

Le traître sème la zizanie même entre ses amis; il est bavard, menteur et perturbateur de la paix entre tous.

Le bouffon a l’habitude de dire des gracieusetés et des plaisanteries. Le bon bouflbn est doucereux dans sa manière de parler; il aime à conter des histoires et il a la parole courtoise. Le mauvais bouffon, au contraire, cherche à nuire en parlant. Il se mêle aux conversations d’autrui sans y être sollicité et, au lieu de mots plaisants, il ne sait dire que des méchancetés et des choses obscènes.

Le turlupin est audacieux, éhonté, fou, aimant la bouteille et se souciant peu de la renommée. Le bon turlupin a le parler agréable et il est habile à lâcher le bon mot. Le mauvais, au contraire, a le parler pénible ; il est sot et inhabile à débiter une gracieuseté; il la lâche hors de propos et ne réussit qu’à causer de l’ennui, au lieu de plaisir, à ceux qui l’écoutent, quelque mal qu’il se donne par ses chants et sa danse.

Le voleur a beau piller, il est toujours pauvre, misérable, déchiré, à bout de ressources, famélique, envieux du bien d’autrui et très instruit sur les mille manières de le prendre. Il ment, se tient aux aguets, se fait un passage à travers les murs; ses mains sont comme des crochets toujours prêts à s’emparer de ce qui est à leur portée. Sa convoitise le fait errer comme un chien haletant ou pris de rage, pour voler ce qu’il a désiré. Le voleur qui avait recours aux enchantements connaissait fort bien tout ce qui lui servait à priver de sentiment et à jeter dans la stupéfaction les gens de la maison où il entrait. Tandis qu’on y était ainsi sans mouvement, il volait à son aise et s’en allait portant son butin sur ses épaules; mais, auparavant, il profitait de l’état d’enchantement des gens de la maison pillée pour faire de la musique, chanter, danser et manger même tout à son aise avec ses compagnons.

Le voleur de grand chemin peut se comparer à une bête fauve pour la rage et la cruauté avec lesquelles il se montre sans pitié. Il sait avoir recours à mille moyens pour attirer vers lui les voyageurs, les voler et même leur donner la mort quand ils sont à sa portée.

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