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DES FEMMES NOBLES

La femme noble est très estimée et très digne d’être honorée et révérée, tant pour .ses vertus que pour sa noblesse. Elle est le soutien et la protectrice de ceux qui ont recours à elle. Quand elle est bonne, les pauvres viennent se mettre sous son aile ; elle les aime et, en les protégeant, elle les traite à merveille. Quand elle a mauvais cœur, au contraire, elle ne fait nul cas des autres à cause de sa présomption et de son orgueil.

La femme hidalga est très estimée et chérie de tous ; elle est grave, dédai-

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gneiise de la flatterie, digne qu’on la révère et qu’on l’honore. Quand elle est bonne, elle gouverne très bien sa famille et la nourrit. Par bonté elle témoigne de l’affection et de la bienveillance à tous, prouvan bien en cela qu’elle est hidalga et de noble sang. Quand elle n’est pas bonne, elle a mauvais caractère et mauvais cœur; elle regarde les autres avec dédain. Elle est rude et de méchant aspect, irritable; ennuyeuse et difficile à contenter.

La dame mère de famille est généreuse, juste, digne d’être obéie, car elle est de celles qui sont nobles et bonnes. Elle ne fait jamais rien qui soit indigne de sa personne ; elle est gentille femme, très honnête, grave et courageuse. Quand elle est réellement bonne, elle est honnête, bien famée et en grande estime. Elle aime le prochain ; elle ne méprise personne et elle affectionne tout le monde comme si l’on était de sa famille. Quand elle est méchante, elle est irritable et peu endurante, susceptible, antipathique, malheureuse, inquiète, turbulente ; elle soupire sans cesse, se fâche pour rien et tout l’ennuie.

La femme de haute condition régit très bien sa famille et la soutient, méritant en cela qu’on lui obéisse, la craigne et qu’on la serve. Elle gouverne virilement, elle ambitionne la réputation et l’honneur. Quand elle est bonne, elle est patiente, douce, humaine, constante, virile, de bon caractère et elle gouverne et maintient la paix et la concorde aussi bien que le pourrait faire un homme de son rang. Quand elle est méchante, au contraire, elle est téméraire, perturbatrice et de telle condition que pour rien elle devient menaçante et inspire aux autres la crainte et l’épouvante; on dirait qu’elle va manger vif tout le monde.

La grande dame ou reine commande à l’égal du grand seigneur. Quand elle est bonne, elle gouverne très bien ses sujets et châtie ceux qui sont méchants. Elle est respectée ; elle légifère, fait pénétrer ses ordres là où il convient et elle est obéie en toutes choses. Si elle est mauvaise, elle est insouciante et paresseuse ; elle laisse les choses se gâter par négligence. Exagérée dans sa conduite, elle donne en tout le mauvais exemple, laisse les affaires courir des dangers et des risques et devient très scandaleuse.

V enfant ou demoiselle noble possède l’éducation des cours; elle est distinguée et bien digne d’être estimée et aimée de tout le monde. Noble et de rang illustre, celle qui est bonne est aussi de conduite pure, douce, affectueuse, paisible, modeste et en tout bien élevée. Celle qui est mauvaise est vile, vulgaire, altière et finit toujours par faire œuvre de vilain. Elle est femme perdue, concubine et peu soigneuse de son rang.

C’est aux manières pleines de délicatesse qu’on reconnaît la jeune fille de bonne race et qui descend de père bon et honoré. Quand elle est de bonne conduite et pratique le respect d’elle-même, elle surveille sa personne ; discrète et prudente, elle s’approche des braves gens, se met humblement à leur service et se fait respecter de tous. Celle qui est mauvaise ne sait point garder un secret ; elle fait tout avec précipitation, s’altère pour un rien et se fâche facilement, méprisant les autres et ne respectant personne.

La fille de bon lignage est aimée et honorée de tous. Celle qui est bonne aime tout le monde, sait être reconnaissante pour le bien qu’on lui fait et met de la circonspection à toute chose. Celle qui est mauvaise est folle, incorrigible, grossière, éhontée et compte pour peu de chose de déshonorer son rang. La fille noble, de

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bonne maison et de bonne race est l’honneur et comme la précieuse relique de ses pères. Celle qui est bonne correspond à son lignage et, bien loin de déshonorer ses parents, elle fait revivre par sa bonté la bonne renommée des aïeux. Elle est pacifique, distinguée, affectueuse et pleine de respect pour tout le monde. La mauvaise, au contraire, déshonore sa race, devient vile par la bassesse de son caractère, éhontée, présomptueuse, dissolue, entière, imprudente, orgueilleuse et fanfaronne. Elle méprise tout le monde et ne fait cas de personne. La femme noble et de bonnne maison est de rang distingué et descend de gentilshommes.

La femme de sang noble et royal, quand elle est bonne, marche sur les traces de ses pères, imite leurs vertus et donne le bon exemple. Elle est chaste, suit la bonne voie et évite les chemins dangereux. Elle est calme dans sa magnificence ; en tout elle fait montre de sa noblesse et sa conduite est d’accord avec sa généalogie et les leçons de sa race. Elle est modeste, paisible, de relations aimables, reconnaissante pour les bienfaits, ennemie des louanges et peu désireuse d’une réputation de supériorité. Elle est compatissante et ne méprise point les pauvres, mais elle les aime et vient à leur aide. Elle a la parole aisée, douce et reposée. Lors même qu’elle est fille naturelle, elle a de la pudeur et éprouve du dégoût pour tout ce qui est mauvais. Elle a bon cœur ; elle est affectueuse, grave, timide, estimée, révérée et respectée de tous. Les femmes qui descendent d’un sang noble, de gentilshommes et de rois, possèdent, quand elles sont bonnes, bien d’autres qualités et vertus. Quand elles sont mauvaises, elles ont les vices contraires et bien d’autres encore dans lesquels leurs mauvais penchants les font tomber.

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