De cuitlatl, excrément, et cayolin, mouche
HISTOIRE DES CHOSES
encore que les vents font graiid bruit et soufflent en tourbillon. Ce sont des lieux de grands froids et de fortes gelées, qui ne produisent aucun genre de comestibles, lieux de famine et de frimas, où l’homme tombe quelquefois glacé, où les fauves mangent les gens et où l’homme lui-même assassine dans des guetapens.
g 2. — Des plus grands arbres.
Il y a dans ce pays des cyprès sauvages, dont les montagnes sont couvertes. Ils ne sont pas aussi fournis en feuillage que ceux d’Espagne. Leurs branches sont plus rares. Ils poussent très hauts et très droits. Le bois en est très odorant et ils portent des petites pommes comme les nôtres. Ce bois est très précieux pour toute sorte d’édifices et pour fabriquer des boîtes, des coffres et des bureaux. On le travaille aisément.
Il y a dans ce pays d’autres arbres appelés oijametl qui n’ont pas leurs pareils en Espagne, du moins que je sache. On y cueille un liquide fort utile et médicinal qu’on nomme abeto. Les Indiens n’en faisaient pas usage et ne le connaissaient nullement. C’est de nos jours qu’on l’a découvert. Ces arbres sont très grands et poussent très haut. Les montagnes en sont couvertes
Il existe un autre arbre qui paraît être une espèce de pin. Il est sylvestre, long et gros. Son bois est léger et très estimé. On en faisait grand usage pour le service des temples et des dieux. 11 y a dans ce pays des pins comme ceux d’Espagne, ils portent des pignons et ce sont eux qui fournissent des torches, la poix et la résine. Leur feuillage chevelu est très touffu. Il produit un certain bruit comme en Espagne.
Il y a des frênes, ainsi qu’un très grand arbre qu’on dit être un cèdre, qui a la feuille très mince et qui produit des noix comme le cyprès, quoique un peu plus petites. Son bois est très odorant. Il croît très gros, s’étend beaucoup en rondeur et il est toujours vert. Il y en a un autre qui croît également très haut et dont le tronc est très lisse. Il s’étend en grande roue et produit un ombrage étendu. Il est toujours couvert de feuilles et celles-ci sont un peu plus larges. On y recueille une manne médicinale qui est blanche et sucrée.
Il y a aussi dans ce pays des chênes qu’on nomme auaquauitl, ainsi que des kermès et des arbrisseaux qu’on appelle auatetzmolli '.
g 3. — Des arbres sylvestres de moyenne grandeur.
11 y a dans ce pays des buissons, il y a aussi des chênes dont l’écorce a un ou deux doigts d’épaisseur. On s’en sert pour teindre, et pour tanner des cuirs. Il y en a d’autres dont la tige est très droite; on en fait des coas. Ils croissent au milieu des rochers et des escarpements. On appelle necalizquauitl^ le bois qui pétille au feu, quelle que soit son espèce.
1. Auacjuauül; de auall, chêne, et quauitl, arbre ; — aualelzmolli; de auall, chêne, o! tetzmolli.