‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 56 sur 704 · T L A CA X 1 P E U AL I Z T L I · texte numérisé non relu

T L A CA X 1 P E U AL I Z T L I

On appelait le second mois llacaxipeualiztli. Le premier jour, on faisait une fête en l’honneur du dieu Tutee, autrement dit Xipe. On y tuait et écorc hait un grand nombre d’esclaves et de captifs. On leur arrachait les cheveux du haut de la tête, qui étaient ensuite conservés comme des reliques par les maîtres des victimes. Cette opération se pratiquait dans le calpulli, devant le feu.

Lorsque les maîtres des esclaves les menaient au temple pour y être sacrifiés, ils les tenaient par les cheveux. Quelques-uns de ces malheureux tombaient en faiblesse en montant les degrés du temple. Leurs maîtres alors les traînaient par la chevelure jusqu’à ce qu’ils

1. C’est-à-dire dans le lieu où l’on arrache les cœurs; de yollotl, cœur, et arracher, uni à la postposition co, dans. Bétancourt, dans son Teniro Mexicano, désigne sous ce nom un quartier de Mexico; c’est probablement là qu’était ce temple.

arrivassent au billot sur lequel ils devaient recevoir la mort. C’était une pierre d’environ trois empans de haut et [deux de large. On les y couchait sur le dos et, là, cinq individus les prenaient, deux par les jambes, deux par les bras et un à la tête. Le prêtre qui devait les sacrifier se présentait alors; il les frappait sur la poitrine, des deux mains, avec une pierre d’obsidienne et, introduisant une main par l’ouverture qu’il venait de faire, il leur arrachait le cœur pour l’offrir immédiatement au soleil et le jeter ensuite dans un grand cuvier. Il prenait aussitôt du sang et le mettait dans une petite tasse qu’il donnait au maître de la victime, et celle-ci était alors jetée en bas par les degrés du temple. Là, le corps était reçu par des vieillards, appelés quaqiiacuiUin \ qui l’emportaient dans leur chapelle, où il était mis en morceaux et distribué pour être donné en nourriture.

Mais, avant de dépecer les captifs, on les écorchait, et certains individus se vêtaient de leurs peaux pour aller ensuite, dans ce costume, s’escarmoucher avec d’autres jeunes gens en simulant la petite guerre et en se capturant alternativement les uns les autres.

Après la scène que nous venons de décrire, on tuait encore d’autres captifs que l’on combattait auparavant, tandis qu’ils étaient attachés par le milieu du corps à une corde qui sortait du trou central d’une pierre de meule. Sa longueur était calculée de façon à permettre que le malheureux pût arriver seulement à la circonférence de la pierre. On lui donnait des armes pour le combat, et quatre guerriers armés d’épées et de rondadles venaient alternativement l’attaquer jusqu’à parvenir à l’abattre.

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