De cozcaquauhtli, et xiuitl, herbe
HISTOIRE DES CHOSES
maguey desséchée et moulue avec de la résine de pin, appliquée ensuite avec une plume sur la partie endolorie, guérit la goutte et n’importe quel autre mal. Le pulque se mêle aussi avec le remède qu’on appelle chichicpactli. Après les avoir fait bouillir, ces substances sont utiles à ceux qui ont des douleurs sur la poitrine, dans le ventre et sur le dos, à ceux aussi qui deviennent étiques. En les buvant à jeun, une ou plusieurs fois, ils guérissent. Ce remède qu’on appelle chichicpactli est l’écorce de l’arbre nommé chichicquauitl , dont l’écorce seule est utile et qui croît sur les montagnes de Chalco. Les feuilles de maguey sont bonnes aussi pour frotter le dos afin de ne pas sentir les coups que l’on reçoit.
11 y a une plante médicinale qu’on appelle ciuapatli. C’est un arbuste sur lequel poussent en grand nombre des baguettes d’un estado de long, avec des feuilles cendrées et pointues. Les Heurs sont jaunes et blanches. La graine ressemble à celle des blettes. La décoction des feuilles est utile. La femme enceinte qui est sur le point d’accoucher la boit pour faciliter le travail sans qu’il en résulte de la fatigue. Elle perd du sang k l’instant et cela signifie que l’enfant va naître. Les nombreuses racines de cet arbuste sont minces et longues. Elles sont noires à la surface et jaunes en dedans. L’odeur est fade. Moulues et délayées dans de l’eau tiède, elles sont bonnes pour ceux qui ont des selles sanguinolentes. Les malades les peuvent boire à jeun ou après le repas. Ceux qui en font usage doivent manger avec discrétion. Cette plante pousse partout dans les champs, sur les montagnes et même dans l’intérieur des maisons.
La plante qu’on appelle tuna a des feuilles grandes, épaisses, vertes et couvertes d’épines. C’est sur ces mêmes feuilles que pousse la fleur qui est ou blanche ou vermeille ou jaune ou très rouge. Cette plante produit un fruit appelé tuna qui est très bon à manger et qui pousse sur la feuille. Dépouillé de son écorce, moulu et délayé dans de l’eau, on le donne à boire à la femme qui ne peut accoucher ou qui a son enfant de travers. Par son influence le travail s’achève. Ce sont des cas dans lesquels la femme souffre fortement pendant deux ou trois jours avant d’accoucher. Cela arrive surtout k celles qui ne se sont pas abstenues des plaisirs du mariage avant l’accouchement.
La graine de chian moulue avec un doigt de la queue du tlaquatzin, délayée dans de l’eau et bue par la femme qui ne peut pas accoucher, la délivre à l’instant. Ce breuvage est bien meilleur que le précédent et peu de gens le savent. La racine de cette plante se mêle crue et se pulvérise avec celle du quetzaluexotl. On en fait ensuite une bouillie qui est bonne pour ceux qui crachent le sang et sont attaqués d’une toux continuelle. Avec cela une toux qui a duré longtemps guérit. Ce même remède est utile, pris deux ou trois fois, à ceux qui ont des selles mêlées de matières. On moud la graine de cette plante, et le suc qui en résulte, pris à jeun, nettoie la poitrine. Mélangé avec de la bouillie et pris avant le repas, il produit le même effet. Le suc de cette chian ressemble k l’huile de graine de lin de Castille, dont font usage les peintres pour vernir.
11 y a une autre plante médicinale qu’on appelle aacxoatic. Elle est mince et verte. Elle a une tige unique de la hauteur d’un empan. Les fleurs sont blanches et les feuilles, qui ne sont d’aucune utilité, rappellent celles de l’herbe nommée iztacquilitl. La racine est unique, cylindrique et longue d’un empan. Elle est blanche extérieurement et son goiit est un peu piquant. Son écorce est
efficace et sa moelle n’est d’aucun effet. On l’emploie contre le tabardillo. Ce remède délayé dans de l’eau fait vomir au malade de la bile et du flegme, et c’est ainsi que la chaleur du corps se tempère. Cette herbe croît sur les plaines, sur les coteaux et partout. Elle se sèche en hiver et repousse de sa racine au printemps.
Il y a une autre plante médicinale qu’on nomme oquichpaili ' . Elle rampe sur le sol comme l’herbe de l’hirondelle Ses feuilles très vertes sont rondelettes comme des lentilles et un peu pointues. Elles alternent avec les fleurs comme avec des plumes blanches. Ses fleurs sont emportées par le vent. Rien de tout cela n’est utile. La racine longue d’un empan est cylindrique, jaunâtre au dehors et blanche en dedans. Elle est d’un goût piquant. Mise en poudre, elle est bonne pour l’homme qui, n’ayant pu achever d’éjaculer sa semence par suite d’un saisissement ou d’un autre motif quelconque, s’en trouve tout ruiné, se dessèche, tousse continuellement et voit son corps devenir noir. Quoiqu’il soit ainsi depuis deux ou trois ans, prenant ce remède en lavement, il expulse pendant deux ou trois jours une humeur corrompue de très mauvaise odeur. Il excrète en même temps une urine blanche comme de l’eau de chaux et très puante. La femme fait de même. Ce moyen est également bon dans les cas où quelqu’un n’a pas achevé de lancer sa semence en rêve. La quantité qu’on prend en une fois estla poudre résultant d’un demi-doigt de la racine. On trouve cette plante dans les champs de Tallantzinco.
Il y a une autre plante médicinale nommée llamacazqui ipampa. Ses branches sont grosses et longues d’un estado. Les feuilles sont, comme pour le coignassier, de couleur cendrée d’un côté et verte de l’autre. Les rameaux sont droits et portent des fleurs jaunes et dures sans pétales. Tout cela n’est d’aucun usage. Les racines sont nombreuses, minces, longues d’un empan et formant comme un petit fagot. Elles sont d’un goût qui pique la gorge. Elles sont rougeâtres extérieurement et vermeilles en dedans. L’écorce de cette racine est mince et l’intérieur est composé de fibres très flexibles et très déliées comme celles du nequen. Cette racine moulue et bue avec de l’eau, à jeun, est bonne pour la maladie qu’on vient de dire plus haut, relative à la matière séminale. Prise en ces circonstances, elle expulse par en bas l’humeur mauvaise qui était retenue. On la boit une fois de bon matin et Ton ne doit rien prendre avant midi. Ce que Ton mange alors doit être assaisonné de chilli. Cette plante croît partout, sur les montages et sur les coteaux.
Une autre plante médicinale qui s’appelle cicimatic rampe sur le sol. Ses nombreuses feuilles très vertes et larges se groupent de trois en trois, à la manière des haricots. Il n’y a point de fleur. Tout cela n’est d’aucune utilité. La racine est fade et dure comme un tronc, de la grosseur d’une tête de personne et de la longueur de l’avant-bras. L’écorce en est épaisse. Elle est noire en dehors et elle est teintée de rouge en dedans. Cette racine moulue est bonne dans les cas où les yeux malades paraissent se couvrir d’une chair rouge. C’est une maladie qu’on appelle ixnacapachiui *. On enveloppe cette racine avec un linge et on l’exprime