Aristolochia mexicana
Il y a un arbre médicinal de petite taille qu’on nomme quetzalmizquitl ' . Il a des branches nombreuses. Ses feuilles ressemblent à celles du cèdre -, elles sont vertes et longues d’un empan. Ses fleurs sont jaunes et tombent. De même que le saule, elles ne donnent point de graine. Les feuilles de cet arbre sont utiles quand on les moud avec la racine qui porte le nom de coztomatl On les boit délayées dans de l’eau dans les cas de rechute de quelque maladie, causée par n’importe quel aliment indigeste ou par le fait de s’être livré à l’acte charnel. Cette boisson se renouvelle trois ou quatre foi^ et si le malade la prend avant d’entrer au bain il devra en reprendre en en sortant. La racine de cette plante ne fait aucun bien. Nous avons déjà dit les propriétés des deux plantes avec lesquelles on mêle celle-ci. Elle croît en terre chaude.
Il y aun arbre médicinal qu’on nomme yoalxochitl Il est de la taille d’un figuier. Ses feuilles qui ont mauvaise odeur et mauvais goût sont vertes, longues, larges et pointues. Moulues avec les bourgeons et appliquées sur le mal, elles guérissent les gonflements qu’on appelle iztactotonqui *. Tantôt la tumeur se résout et tantôt elle mûrit et suppure. On en fait usage aussi contre la gale et les ampoules, en l’appliquant dessus. Les fleurs sont blanches, s’ouvrent seulement la nuit et répandent beaucoup d’odeur. Cet arbre ou arbrisseau est rare. Il croît sur les montagnes, dans les lieux incultes et dans le village qu’on appelle Ecatepec.
Il y a un autre arbrisseau qu’on nomme cozcaquauhxiuill Il est bas de taille et porte un grand nombre de branches verdâtres. Les feuilles sont larges, longues et pointues. Cette plante produit une sorte de petit raisin rond et vert, dans l’intérieur duquel se forment de petites graines qui sont la semence. Les feuilles sèches, moulues et mêlées avec celles delà plante appelée quauhyayaual, forment un remède pour les fractures des os et l’altération des nerfs. Après avoir réduit la fracture, on applique ces plantes avec de la résine en forme d’emplâtre- Ces poudres se mélangent aussi avec Tencre du pays en y ajoutant de la plume et on en fait usage lorsque le malade n’a point de fièvre. La racine n’est d’aucune utilité. Cette plante croît dans le district de Chiconauhtlan et en terre chaude. Elle se multiplie par semis.
Le maguey de ce pays, spécialement celui qu’on appelle tlacametl, est très médicinal à cause de la sève sucrée qu’on en retire, laquelle, étant convertie en pulque, se mêle à un grand nombre de remèdes pour les administrer par la bouche, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Ce pulque est bon aussi pour ceux qui ont rechuté de maladie. On le boit deux ou trois fois mélangé avec une gousse àüaxi et quelques pépins de calebasse réduits en poudre. Après quoi, on prend un bain et l’on est guéri. Le suc de la feuille du jeune maguey cuite sous la cendre, ou bien l’eau dans laquelle on l’a fait bouillir avec du sel, guérit les blessures de la tête ou quelque autre partie sur lesquelles on l’applique. Cette même feuille de