‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 586 sur 704 · C’est-à-dire : remède (palli) du fondement {cuitlatl · texte numérisé non relu

C’est-à-dire : remède (palli) du fondement {cuitlatl

2. Itcxochill, fleur, et iciuiztli, action de presser {iciui).

3. C’est-à-dire : copal des montagnes (tepetl). Nous avons déjà dit, à la page 23, ce qu’il faut entendre en botanique par l’expression de copal. Nous pouvons ajouter ici que ce mot servait à désigner, en réalité, toutes les résines odorantes dont les anciens Mexicains faisaient usage pour brûler dans leurs temples, à la manière de notre encens. Il provenait donc de plusieurs arbres résineux desquels il découlait par incision. Le médecin botaniste Monardès fut le premier, en Europe, qui désigna de ce nom la résine du courbaril dans son ouvrage [De las drogas de las Indias) imprimé à Séville en 1565. Plus tard, ce mot de copal a servi dans l’industrie à désigner des résines qui s’emploient pour la confection de vernis siccatifs.

DP] LA NOUVELLE-ESPAGNE

§ 6. — Des pierres médicinales.

Il y a une pierre médicinale qu’on appelle quiauhteocuitlalV . Elle n’est pas très dure, mais elle est lourde; elle est noire ou teintée de noir et de blanc. Elle n’est ni savoureuse, ni amère, ni insipide. Quant au goût, elle est comme de l’eau. Elle est utile pour les personnes que la foudre a effrayées et qui en sont restées comme muettes et hors d’elles-mêmes. En buvant des raclures de celte pierre délayées dans de l’eau claire et froide, ces personnes reviennent à elles. Prise en boisson comme on vient de dire, cette pierre est bonne pour les gens qui ressentent une chaleur intérieure. Elle produit le même effet si on la mêle aux raclures de la pierre appelée xiuhtomoltetl^ . Elle fait du bien également dans le cas d’un mal au cœur qui cause des faiblesses et des envies de vomir. On la boit alors une ou deux fois. Cette pierre se trouvait à Xalapa, Itztepec et Tlal'lauhquitepec^. Les natifs de ces pays prétendent que quand il commence à tonner et à pleuvoir sur la montagne, ces pierres tombent des nuages et s’enfoncent sous un petit volume dans la terre. Elles croissent chaque année et deviennent grandes, les unes rondes, les autres longues comme les bourses d’un mouton, plus ou moins. Les habitants du pays se mettent à leur recherche et, quand ils voient un pied d’herbe isolé, ils reconnaissent que là se trouve une pierre. Ils creusent et la recueillent. Les bien portants la boivent aussi de la manière qu’on a dite, comme un tempérant de chaleur excessive.

Il y a une. autre pierre médicinale appelée xiuhtomoUell. Elle est verte et blanche simultanément, comme chalchiuitl. Elle est fort belle. Ses raclures bues de la façon dite plus haut font du bien dans les cas des maladies susdites. On l’apporte de Guatemala et de Xoconochco. Elle ne se forme point par ici. On en fait des enfilades en chapelet pour les enrouler autour du poignet.

Il y a une autre pierre médicinale nommée eztetl ^ qui est bonne pour arrêter le sang qui sort du nez, en prenant soin de la tenir à la main ou de la placer sur le cou de façon à lui faire toucher les chairs. Cette pierre est teinte d’un grand nombre de couleurs ; rouge, blanc, vert clair, jaune, noir; il en est même de transparentes et cristallines parmi toutes les autres. Ces différentes teintes n’apparaissent pas avant que la pierre soit polie, mais on les voit très clairement après le polissage. Elle se produit en plusieurs parties du pays.

Il y a une autre pierre médicinale appelée atlchipin^. Elle est utile contre un excès de chaleur intérieure. Mise en poudre, délayée dans de l’eau et prise en boisson après avoir macéré environ une heure, elle purifie l’urine. Cette pierre n’est pas très dure. On dirait de la mousse. Elle affecte une grande diversité de couleur et de forme. Elle est grossière, froide et facile à moudre ou à racler. Quand on

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