CHAPITRE XIV
COMME QUOI Moteuhçoma envoya obstruer les chemins pour que les espagnols n’arrivassent pas a MEXICO.
Moteuhçoma, ayant appris toutes ces choses et voyant que les Espagnols s’acheminaient en droite ligne sur Mexico, ordonna qu’on fermât les routes par lesquelles ils devaient passer et qu’on y plantât des magueys, ajoutant qu’il fallait diriger la marche des arrivants sur Tetzcuco. Les Espagnols eurent connaissance de cette mesure; ils ouvrirent de nouveau les routes en jetant sur leurs bords les magueys qui les obstruaient. Ils passèrent la nuit à Amaquemecan\ en partirent le lendemain et arrivèrent à Cuitlahuac d’où Fernand Cortès manda tous les seigneurs de Chinampa, Xochimilco, Mizquio* et de tous les villages de la Chinampa. Il les harangua en leur expliquant les raisons de sa venue. Les habitants de Tlalmanalco avaient déjà entendu les mêmes paroles à Arnaquemecan. Les Espagnols partirent ensuite pour llztapalapan, ville qui se trouve à deux lieues de Mexico. Là, Fernand Cortès fit assembler les principaux personnages du district portant le nom de Nauhtecatli, c’est-à-dire d'Itztapalapan, Mexicatzinco, Coyoacan et Uitzilopochco. Il leur parla comme aux précédents. De leur côté, ils montrèrent des sentiments pacifiques et répondirent en amis. Au milieu de tous ces événements, Moteuhçoma ne fit aucun préparatif de guerre et n’ordonna nullement qu’on molestât les Espagnols. Il prit au contraire toutes les mesures pour qu’on les pourvût de toutes choses jusqu’à ce qu’ils arrivassent à Mexico. Pendant qu’ils étaient à Itztapalapan, aucun Mexicain n’alla les voir. Ceux-ci n’osaient ni sortir de leurs maisons, ni circuler sur les routes, tout la monde étant terrifié de ce que les arrivants avaient fait pendant leur marche. Ils n’attendaient plus que la mort et ils en parlaient entre eux en disant: « Que « faire? Advienne que pourra! Le temps de notre ruine est venu; attendons la « mort ici même. »