LA POLICE ET LES ESPIONS
début du Consulat, cette redoutable police ce qu'elle sera durant tout le règne, déjà parée
ondaitce de Fibvée, t. 1", p. 87, janvier 1803.
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et armée, semblable à l'une de ces diTLiîtés hindoues qui se hérissent de tètes et de bras, de dards '** ''flammes. Le Premier consul, qui la recueillait du I toire, lequel en ayait hérité de Danton, lui ajout: les premiers jours toutes les forces que lui procui son talent administratif et un penchant naturel cette vile besogne. Rien ne le retenait, ni la di de son rang, ni la répugnance pour les chose souillent, ni le sentiment de la légalité. Aux yei Bonaparte, te légiste était l'homme qui trouvait les lois des pièges pour y faire tomber les proscri Quant aux lettres confiées à la poste, le maître rait pas eu le temps de les hre entièrement, il s< sait envoyer les plus intéressantes de celles qui et décachetées et copiées. Son secrétaire ' transm ensuite ces extraits au ministère de la police, avec mention : ■ Le Premier consul me charge de vous mer qu'il vient de recevoir l'avis suivant... »
Ainsi, au centre du réseau mystérieux, seul connaître la trame, est accroupi Napoléon. Sous sa i il ne tolère que des subalternes, qui sont perfide) se haïssent, qui se déchirent, mais qui restent d< struments. Le plus célèbre de cessubalternes est Fo Fouché n'était dangereux que lorsqu'il s'ag d'assouvir son ambition; il est vrai que chez lui passion était insatiable. Dès que l'ambition n'est
;, vol. V,p. 177.
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i LES ÉMIGRÉS ET LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE
cause, Fouchë redevient sceptique, bel esprit et ime causeur aimable. Ses meurtres et ses exactions ns les vallées de la Nièvre, de la Loire et du RhôDe.
ont procuré des objets d'art, de nombreux millions l'habitude de ne plus connaître ni devoir ni honneur, lintenant qu'il est riche, qu'il est ministre, Fouclié s'embarrasse pas de ses anciens complices, ne lie pas ses amis jacobins, sait les utiliser pour ses uveaux desseins. Il les paye, il les enrégimente dans
police. Il les groupe autour de lui dans les postes
lalternes, depuis le conventionnel Roux, qui avait naguère chargé de nourrir Paris, jusqu'à Cbepy ',
,, aux massacres de septembre, avait déchiré le corps
la princesse de Lamballe. Mais il se donne déjà les ures d'un grand seigneur. Il entre dans l'intimité de princesse de Vaudemont, un des derniers débris de ,te maison de Lorraine, si fière à la courde Louis XIV.
régicide ménage le faubourg Saint-Germain ; il aura i courtisans, sera duc, entrera par mariage dans une 3 vieilles fomilles de l'aristocratie. Napoléon, fasciné r lui, le redoute, lui retire secrètement le pouvoir 'en apparence il lui abandonne, et, pour le surilier, attache à ses flancs un espion dangereux, le Ige Real.
Real, ami de Danton, passait pour avoir organisé le
mai ; son Journal des patriotes recevait 500,000 francs
Cbepy eit aommé commiluire de polire à Bretl.
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des foDcIs secrets; il devint accusateur public près le tribunal révolutioQDaire, se fit le défenseur des complices de Carrier et de Babeuf, joua son rôle dans le drame du 18 brumaire et conquit la confiance absolue de Rapoléon. Pour le bien connaître, il faut lire la série des interrogatoires qu'il a fait subir. S'il trouve une âme qui ne plie pas, un homme contre lequel n'existe aucun grief, et qui ne lui permet ni démenti, ni sarcasme, oi outrage, comme M. de Vaudricourt, il le fait disparaître au fond d'une prison d'État, d'une façon si complète, que dix ans plus tard, sous le règne desBourboDS, la famille ne peut le retrouver qu'après plusieurs semaines de rechercbes. Maïs Real n'est qu'un outil ; il ne dure que parce qu'il se laisse manier par la main du maître. Quand Béai agit, c'est Napoléon qui le meut. A côté de Béai, figure Vayrat, l'inspecteur général de la police. Il a .sous son autorité la prison secrète de la préfecture de police ' ; il est chargé de tous les coups de main. C'est un Genevois hypocrite qui se vante de ses crimes, s'il y trouve de l'intérêt. Il avait jadis été recruté par Danton pour le simple métier d'espion; ses prouesses le mirent tantôt en honneur, tantôt en disgrâce pendant la Bëvolution . Comme il se voyait un peu oublié pendant le Directoire, il rappela ses services dans une brochure qu'on peut citer comme un exempte de ta quantité d'ignominie qu'un homme
' U^7, afhite Ricard.
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eut arriver à s'infliger lui-même : il raconte comment il ntrait dans l'intimité des suspects, comment il obtenait es confidences et rédigeait les dénonciations ; il énumère •s victimes qu'il a menées à la guillotine. Veyrat passa aturellement avec Real dans la police du Consulat, il evint presque aussitôt inspecteur général, mais dans ette gloire, il subit un désagrément momentané. Ses Libordonnés découvrent qu'il a, dans sa jeunesse, été anni de Genève après avoir été marqué et fouetté par ; bourreau '. Ce n'est point exact, répond l'enquête : ^eyrat a bien sans doute été banni de Genève après voir fait amende honorable, à genoux, la corde au ou, mais • c'était par suite de son amour pour la liberté t pour la France ; cette persécution était l'ouvragp de a plus dégoûtante aristocratie de Genève' ». Veyrat ut conservé à la police, et les agents Clievalier et Dulos, ainsi que la femme DuSos, qui l'avaient dénoncé, urent destitués, emprisonnés, exilés à quarante lieues le Paris. Un autre trait peindra l'homme. Veyrat avait ttàbli à la police ce commerce ingénieux : il revendait iher aux libraires les livres obscènes qui avaient élé aisis, et qui étaient presque tous imprimés à Lille avec a connivence du préfet. L'importance du Genevois r^eyrat et de son fîls, « deux des plus mauvais sujets qui ie soient jamais rencontrés ■ , devint très grande sous 'Empire. Le père était lié avec Constant, premier valet
* Rapport du i germinal an Xlll.
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de cbambre de l'Empereur, et, par son entrem adressait chaque jour au souveraiD un bulletin des à contrôler celui du préfet de police.
Le travail régulier de la police officielle, les r^pp et les notes, le classement des dossiers dans les carte les entrevues habituelles avec les suspects, sont cot à Desmarest, un ancien prêtre marié, franc-maç qui reçoit les cadeaux, sème les paroles doucereu entretient la correspondance avecles prisonniers et I foit entrevoirdes adoucissements quand il sent que 1 résignation s'épuise et que leurs lèvres vont s'ouv Desmarest, étranger à toute débcatesse, plein d'asi et d'esprit, plaisait à Savary, qui n'était qu'un mai luk; il ne répugnait à aucune trahison, savait nou les soupçons et entretenir les craintes. Il amassa grands profits et montra son babileté en se faif oublier sous la Restauration. Dépositaire de nombr secrets, il vivait obscur et paisible, et les chou étaient tes premiers ii veiller sur son repos.
Meogaud est l'auxiliaire de Desmarest. Chez ce là, la corruption n'est plus voilée; il se laisse pren arec les louis dans la main. Ce Mengaud, qui <! charf^c de la surveillance des cotes de la Picardie de Normandie, ainsi que des correspondances a 1 Angleterre, était un ancien garde du corps du coi d'Artois; le directeur Rewbell, dont il était pare l'avait fait nommer ambassadeur de la République Suisse; là, il s'était livré, comme les autres agents
■ectoire, à des orgies et à des exactions '. Pouché, i surveillait Mengaud dans sa mission de commissaire léral de la police à Boulogne, s'avisa de lui réclamer xante^inq louis saisis sur un prisonnier. Mengand londit qu'il avait employé ses fi-ais de mission au cernent des dettes contractées par lui à Calais ■ dans s petite spéculation » qui avait échoué; il s'agissait, uta-t-il, » de quelques objets de production française i sont prohibés en Angleterre; toute licite que puisse e une pareille opération, vous sentez que je ne veux > paraître u ; or, comme ses associés abusent de ce il veut 1 s'envelopper d'un mystère de décence ■ , il a fait taire avec l'argent des prisonniers, notamment ïcles soixante-cinq louis réclamés.
F'ius bas encore grouillitient dans les rangs de la police itique les débris et les rebuts du parti révolutionre, membres des comités, anciens laquais qui avaienl loncé leurs maîtres; dentistes, parliimeurs, le receir du coche d'Auxerre, et des aventuriers dont les fessions étaient devenues inutiles sous la Répujue ; le fumiste Buchot, » qui s'est vanté d'avoir tué nte-deux prisonniers aux miissacres de septembre • , sieurs filles du Pulais-Itoyal et une de leurs dames, ifarie-Luuise, la niaitresse du 133.
)ans une tout autre sphère aurait été enrôlée égalent, si l'on en croit Fouché, Joséphine, la citoyenne
TiiNB, La Rénoliaion, III. 308.
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Bonaparte : u Je l'avais comprise dans les distr lions clandestines provenant du produit des jeu:< lui remis de la main a la mnin 1,000 louis, galan ministérielle qui acheva de me la rendre favorable Fouché connaît ains) les démarches des femmes r listes auprès de Joséphine, de madame de Cham netz, de madame de Pracomtal et de madame de che. A Bourrienne, le secrétaire du Premier coi il donne* 25,000 francs par mois pour contrôle récits de Joséphine. Mais tandis qu'il cerne de lu t le Premier consul, il est lui-même croisé dans toui sens par les diverses contre-polices que Bonaf accumule.
D'abord, c'est la préfecture de police; elle est i stamment en lutte avec te ministère de la police. Dut le préfet de police, est ambitieux, il incline ver jacobins et n'entend rien aux fonctions administrai et judiciaires qui devraient être sa principale occi tioD. Il les abandonne à son secrétaire général, le va villiste Piis. Tandis que l'un épie les royalistes, l'autre écrit des chansons grivoises, les passants assassinés aux coins des rues. Dubois n'a ni la va intellectuelle ni les ressources financières de Fouch
■ Mémoiret de FoucaÉ, 1. 105 et 177. — Ce» mémoirea ne son uinfinenl pas de Fonché, mais ils reiifermenl beaucoup d'indic! ciacles, il) in-<istent giiécialerornt «iir celle-ci; ils mêrilèraient i une grande confiance, M l'on en croit un tooinic ijuc Fouché a •vec lendreasc. Vieillard, le lénateui' du deuxième Empire. (Voy. le DKlionnaire de la conversation, l'article ViEiLLino.) Ibid., I, ISS.
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)0 LES ÉMIGRÉS RT LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE i envie ' » la curëe des jeux > . Les maisoDs de jeu j Palais-Royal et les tripots clandestins versent des its d'or au ministère de la police pourobtenirla toléince, budget occulte qui permet un riclie recrutement ; volontaires.
Le trop zéié Dubois ne dirige donc que la seconde !S polices dont le Premier consul accueille les rap- )rts. La troisième est celle du général Duroc, la police ilitaire du château. La quatrième, celle du général oncey, la police centralisée de la gendarmerie. La nquième, celle des espions volontaires : du royaliste levée, qui a six sœurs à dbter; de l'honnête Montlaniu, qui révèle les abus sans intérêt personnel*; de adame Gustave, chez qui les femmes mariées renconent lours amants. Cette madame (ïustave, veuve de . de Timan, capitaine au régiment de Monsieur, corspondait encore avec Louis XVlll, en sorte qu'elle rivait à vendre deux fois ses secrets. Le comte de arcillac apprit ainsi que l'on connaissait les instruc- )ns du duc de Lorye lui prescrivant de soulever l'Avey-
n^^dès lors,îljugea prudent de renonceràses projets ir ce département et beaucoup plus protituble de s'y ire nommer sous-préfet par le gouvernement.
Pressés par le besoin, beaucoup de royalistes font le conversion semblable et metteut en vente les secrets ■ Le mot eu de Pouché.
Madame de anFESTita, I