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CHAPITRE IV

LA POt.IGE DE NAPOLEON ET LES GONSPIRATIO ROYALISTES

Les deux L

I policR et lei egpiODS.

Af&ire CIrincnt de B». — Affaire Salni-R^gea uricun à la paix d'Amiens. — Eiiradiiio

LES l)EDX PRINCES.

Depuis combien de siècles les vierges océanides Deot-elles assoupir Prométhëe et chanter d'uni qui domine le murmure des flots : <• Sages, ceux prosternent devant la nécessité vengeresse ' «t

Devant la force, le Germain a toujours su cour léte, mais la Providence a uni la France et les bons pur des liens si indissolubles, que les Bou ne pouvaient sans déshonneur renoncer à leur et à leur destinée.

Les princes avaient deux manières de répond défi que leur jetait la Fortune : ou bien épier les é ments, étudier les esprits, mûrir leur âme pour 1'

< Ehbtle, Promélhèe, lers 036.

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■opice, ou bien tirer l'épée, appeler les fidèles et ener au combat le panache de Henri IV. LouisXVIIf, ipotent, prit le premier parti; jeune et valide, le iinte (l'Artois aurait pu prendre l'autre; il se contenla attirer les brouillons près de lui, de lancer ses parlins dans les aventures, et d'envoyer les plus dévoutis Line mort presque certaine.

Louis XVIII reconnut dès le début du Consulat l'inhérence des projets de son frère et l'inanité des mouments insurrectionnels : ■ L'expérience, disait-il, ne ns a que trop appris que nous ne sommes en mesure de les produire ni de les diriger. Nous sommes à peu is réduits à suivre le cours des choses ' . » Au cooire, le comte d'Artois, dans son inexpérience, accueilt toutes les otfres et ne décourageait aucune illusion. Louis XVItl avait conservé comme délégués à Paris

hommes qui avaient mené les négociations dans itourage de Bonaparte'. Il les constitua en conseil 'al, le 23 février 1800 *. C'était le marquis de Cler- <Dt-Gallerande, l'abbé de Montesquiou et M. Quamère de Quincy ; le baron d'André était secrétaire. 'e convoquerai les états généraux, leur écrit-il, aus- )t que la tranquillité publique solidement rétablie

permettra d'employer cette mesure sans danger. Ne liant pas que mon arrivée dans le royaume soit

E3 janvier 1800. gaidt-Pric»t > DeUmirrE, vot. 607, cahier 3. Voir plui haut, chapitre li.

Vol. «07, cahiers 3 et i.

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SOOS NAPOLEON 1". tl

marquée par la ruine d'un {frand nombre de Famille je promets aux acquéreurs de biens nationaux i dédommagement dont je fixerai le mode et la quotit de concert avec les états généraux. »

Quatremère se retire de bonne heure, et accepte ui place du gouverpement; le Roi lui substitue Royer-Ci lard, qui exige de n'être pas connu du comte d'Artt dont les indiscrétions sont célèbres dans le parti. • 1 lloi a instruit Monsieur de l'établissement de sou co seil royal à Paris. Mais Sa Majesté n'a nommé (à Mo sieur) aucun des individus qui le composent. Elle lu: seulement écrit, dans le plus grand secret, qu'elle av. fait proposer la présidence à M. de Clermont... Majesté recommande à M. d'André de faire savoir M. l'abbé de Montesquiou que Sa Majesté l'a vu avec plus grande satistaction prendre place dans son cons royal, et qu'elle a grande confiance dans sa sagesse ses talents. Le Roi s'est aperçu que M. d'André av écrit le nom de M. l'abbé de Montesquiou en tout lettres. Sa Majesté recommande de chiffrer les noi des personnes. En ce genre, les plus légères impr dences affligent Sa Majesté ' . ■ Cette prudence du prin dégénéra, chez les correspondants, en jeu et bientôt umnie; on multiplia les surnoms et les chiffres : le mi quis de Clermont est M. de Saint-Pierre et 1310. L'ab estM. Prudent et 1311; Quatremère est M. de Saii

' Lettre du 8 jain 1800, vol. 607, cahier 4.

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LES ÉMIGRÉS ET LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE cent et 1 3 1 2 ' ; puis od continue et on nomme encore bé de Montes(]uiou 398 et Levert*. Quatremère 1735 et l986;d'Andréestl702, Félicité et 1986; eyrandest 1748, Lechaux et 1987. On est oisif, on raint pas plus les longs déchiiïrements que les quets. Ainsi le conseil royal refuse d'entrer en relation i les agents du comte d'Artois, il donne même sa lission le 25 juin 1800, << parce qu'il ne veut pas :nir un foyer de conspirations et d'insurrections ' » . is XVIII fait répondre : ■ Le conseil royal doitconer ses pouvoirs dans toute leur intégrité et sans e dépendance que celle de la personne du Bov. L plus, il ue suffirait pas que Monsieur abordât en ice pour les faire cesser. Sa Majesté a entendu que rênes du gouvernement ue fussent rendues à ce ce que lorsqu'il pourrait les recevoir, les tenir, les :erver. Il ne suffirait donc point que MoDsieur fût irqué en France. Si sa puissance ne s'étendait pas elà du pays qu'il occuperait, il serait fort contraire intentions du Boy que les rênes du gouvernement ;nt abandonnées par le conseil royal*. » i Louis XVIII ni le conseil royal n'entendent con- ;r. Tous deux se méfient également des maladresses :omte d'Artois. Si la monarchie devient possible, DDseil royal est destiné à administrer provisoire-

ainl-Pr><r<t à d'André, 20 juillet 1800, vol. 607, cahier S.

dI. 613.

aroQ de Baraate, Itoyei

aint-Privat à d'André, 3

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SOOS NAPOLEON I*. 1»

ment le pays; en attendant, il informe le Roi de l'état des esprits. Il obtient en réalité comme résultat pratique la conversion lente, mais dé&nitlve, de Louis XVIII aux idées modernes et au régime représentatif, lonts OQ Dépossède nises lettres ni des détails sur st>nr<Me'. La prudence, nécessaire à cette époque, a survécu même à la chute de l'Empire. Les sages correspondants de Louis XVIII n'ont jamais aimé à rappeler les souvenirs de leur jeunesse : loin de se vanter de leurs services après le triomphe de leur cause, ils ont gardé le silence avec un tel scrupule, qu'on est réduit à deviner leur rôle à travers les charges accumulées contre eux par la police secrète. Le témoignage même de la police manque contre les correspondants du prétendant Louis XVIII; on ignore les détails de la vie de l'abbé de Montesquieu depuis l'époque où il est rentré de l'émigration, suspect encore comme libéral aux royalistes intransigeants, jusqu'au jour oii il est devenu ministre de l'intérieur, eo 1814. Ses collègues du conseil royal n'ont point parlé davantage. Glermont- Gallerande a arrêté ses Mémoires' au 10 août 1792, Boyer-Collard se borne à déclarer' qu'il s'est mis au

' Lo baron de Barante (l. I", p. *5 h 69) n'a rien trouvé non pluj.

* Lei notes qu'il a laisfée» doivent être intérosaantes ai l'on en jiige i'apri, celles qui sont annexées .^ l'édition de 1836.

' Voy. M lettre au comte de Serre, Correspondance, t. H, |.. 49» : — • J'ai Été pendant sii années, nu péril continuel Je ma vie, le serviteur prindpal du Roi en France et son conseiller assidu. • Une lettre semblable est conservée dans le) archives de l'Académie royale de Bel-

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ice de Louis XVIII en avril 1799. D'un autre côté, !ul des agents du comte d'Artois qui fîlt un homme tique, Hyde de Neuville, a caché cette période de ie avec un tel soin, que son ami Vatimesnil, dans otice qu'il lui a consacrée', dit seulement qu'il a de concert avec le chevaher de Coigny ; il ne donne LiD détail sur ses démêlés avec Napoléon, lyde de Neuville et le chevalier de Coigny n'avaient autorité ni les ressources financières que supposaient royalistes. Ib tenaient leurs pouvoirs du comte rtois, mais ils avaient cela de commun avec une le d'agents plus ou moins fidèles et tous très turents. Le comte d'Artois se tenait à Londres au mi- 1 d'une cour où se trouvaient des hommes de bon iseil, le marquis de Rivière, le comte François d'Ess*, et aussi des flatteurs qui le grisaient de belles oies, tels que Conzié, l'évéque d'Arras, le Suisse I, capitaine des gardes, le financier Dutheil et queU :s autres. Le duc de Berry, fils du comte d'Artois, tait en dehors de ces intrigues, et se plaisait surtout ntendre raconter les victoires des armées Françaises ; jour, on le vit courant tout joyeus à travers les rues Londres à la nouvelle d'un succès que les marins nçais venaient de remporter et criant à chaque émi-

Le Correipondaal, S5 juin l)i57. Voir dans U Reuut de la Rràom (ISgS, 1, Doc.) la conire-police organisée |>ar Hyde àe Neu-

1759-18SS. Voy. soq éloge par le duc de Piu-James, Chambre des >, iS Hutier 18S3.

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gré qu'il rencontrait : h Ils ont été battus,... noi battons sur l'eau comme sur terre. » Tant qu' s'agissait que de consoler les émigrés, le comted'^ conservait son prestige. Il allait visiter les peu tenues par les filles d'émigrés. Mademoiselle de mereux, l'une des institutrices, raconte une d( fêtes à son frère ' : « D'un côté furent rangés lesjt gens élevés ici, de l'autre les jeunes demoiselles, compagnes et moi nous nous plaçâmes au milie DOS élùves, l'abbé Ctirron s'avança pour recevo pi'ince, le jeune de Quélen récita un complimenl jeunes du Bourblanc et de Dresnay récitèrent infiniment d'énergie et de sensibilité quelques ve. lu Henn'ade :

Tout le pi:iiple changé dnoi ce jour salutaire, Rcconnnit son vrni Roi, son vainqueur et son père.

<■ Monsieur en fut très attendri. La jeune Ro Le Douarin, une de nos plus gentilles et plus pe lui présenta un portefeuille brodé. Puis madam Quengo chanta, en s'accompagnant sur la harpe, couplets de circonstance. ■

La situation des deux princes, de leurs agents < la police, est peinte assez exactement par un ho à'nn esprit délié et d'un caractère incertain, Fii qui était regardé par la police comme un agent royi

' Someniown, 10 mar» 1800. Voy. abbé Je Lubersac, Jour ^migration, L, d, 3, 171.

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i ÉMIGRÉS ET LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ait connu des royalistes comme un des agents e Napoléon. > Les têtes ardentes, dit Fiévée, ants affamés, toujours confiants dans la pro- 'on leur faisait de ces mouTements à rintérieur, tournés du côté du comte d'Artois, et se trotiir conséquent à la disposition du cabinet de Le comte de Lille (Louis XVlll) les connaismalgré la discrétion dont on se piquait h son 3 police de Paris les connaissait aussi, tant ils 'uyants et indiscrets, mais les agents du comte sont toujours restés inconnus au cabinet de !t aux hommes qui entouraient le comte d'Arcomte de Lille avait, à cet égard, donné sa

connaissait à merveille cette police du Goosuit de la voir engager ses luttes contre les roya-

n'est pas inutile d'énumérer les forces dont >sait.

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