‹ Histoire générale des émigrés pendant la révolution françaiseChapitre 17 sur 31 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA CHASSE AUX EÉFR ACTAiRES.

\xiL coiiicri|>lioni de l'Empire. — Béfiaclaires et g.irniuires. — La (leslruclion de IWmée, — La f^erre d'tapagne. — La tampa|;nc de lltlt, — La campacne de 1813. — Ln campaene de 1814. — Morolilê dani les hfipilaux, >ur lei l'ouïe! et sur les cliampa de bataille. — La récapiiulaiion de* cadivres. — Les responiabililéj.

Aux débuts du Consulat, Napoléon avait imposé la paix continentale etmaritime aux ennemis de la France. Mais, ainsi qu'il arrive parfois aux- conquérants, ses succès continus lui avaient été plus périlleux qu'un revers. Le grand homme céda bientôt à l'enivrement dont le grisait ta fortune. L'interprétation qu'il donna aux traités de Lunéville et d'Amiens l'engagea dans une série de guerres qui l'entraînèrent peu à peu à des armements gigantesques. Napoléon vainquit encore, et ces nouveaux triomphes l'engagèrent h poursuivre contre la force des choses la lutte qu'il avait entreprise contre les hommes. Il rêvait une Europe asservie h ses lois, et à cette illusion, il sacrifia tous les droits sans scrupule, toute une génération sans pitié.

On ne sait pas assez combien d'hommes l'Empire a coulé à la France. Des écrivains ontcité de gros chiffres,

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*3Î I.E5 KMIGRES ET LA SOCIETE FRANÇAISE et l'on s'est récrié. Nous voudrions analyser ce comple de cadavres, ea rassembler les élëmeitts, et asseoir nos calculs surdes bases qui dëfieot toutes les contradictions, Pour arriver au résultat, nous avons additionné toutes les levées de l'Empire'. Il suffît de reprendre toutes les lois de conscription pour connaitre le nombre d'hommes que Napoléon a empruntés au pays. Ensuite, nous avons recherché ceux des soldats qui survécurent à nos désastres, survivants qu'il devint nécessaire de dénombrer, lorsqu'il s'agit de recruter la plialange héroïque qui devait triompher a Ligny et succomber à Waterloo.

LF-S CONSCRIPTIONS DF L EUPIRh.

Le Consulat avait augmenté le nombre des soldats et la puissance militaire de la France, Avant la première conscription de l'Empire, l'effectif de l'armée s'élevait à 500,000 hommes présents sous les drapeaui.

Conscription de septembre 1805. — Le contingent annuel se divisait alors en deux moitiés de 30,000 hommes chacune : la première, appelée à un service actif;

' Ceiravnll a été Tait en contiolant parle WoHifeurLei chiffres éooncél par M. Tliiers pour les direraei cooscriplioni. On verra que 1 illuiln historien a nmis de meationner une cooscriptton enlière el (|iieli)nn levée* partielles.

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SOOS NAPOLEON l". 433

la seconde, pouvant être réunie sur un simple appel du gourernemenl. Une partie du contingent de 180), 1803, 1803, 1804 et 1805 était restée dans ses foyers. C'étaient des hommes d'un âge Fait, dont l'Empereur pouvait disposer par décret. Napoléon les appela tous et voulut en outre devancer la levée de 1806, en comprenant dans une même levée tous les conscrits auxquels la loi serait applicable, depuis le mois de septembre 1805 jusqu'au mois de décembre 1806. Cette mesure devait lui fournir 80,000 hommes dont les derniers ne compteraient pas vingt ans révolus. En y joignant les contingents desannées antérieures (1801 il 1805), c'était une levée de 150,000 hommes effectifs.

Aux termes de la Constitution de l'Empire, le vote des impôts, le vote des levées d'hommes appartenaient essentiellement au Corps législatif.

Pour les impôts, l'Empereur viola souvent la prescription de la Constitution. Ainsi il ordonna presque constamment par décret la perception des centimes extraordinaires'.

Quant à la conscription, elle n'obtint jamais la sanction de la loi. Le Corps législatif n'était pas assemblé la première Ibis que, sous l'Empire, il fut question d'appeler une classe. Sous ce prétexte, Na-

ien dit, en parlant d'uQ dérret de ce f^nre : ■ Cet acte, it d'autrei, proove le caa que Napoiron Tiuatt de ses propre* EUS, XV|],M.

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poléon se contenta de s'udresser au Sénat, et il agit ain» non seulement pour cette première conscription, mais pour toutes les autres'. Au surplus, ces grands corps de l'Empire, Sénat ou Corps législatif, n'étaisDt en réalité que des institutions de parade, et l'Empereurpul prendre pour complice des illégalités l'assemblée «juela Constitution avait dressée comme un obstacle à l'adoption des lois inconstitutionnelles.

En dehors des 150,000 hommes appelés, les gardes nationales devaient être organisées dans le Nord et dans l'Ouest, pour accourir à la défense des côtes, surtout pour se rendre à Boulogne ou Anvers, si les Anglais essayaient de brûler lu flottille ou de détruire les chantiers élevés sur l'Escaut.

Novembre 1806. — Napoléon, persistant dans l'illégalilé, envoya un message au Sénat pour lui demander la conscription de 1807, portée ii 80,000 hommes en raison de l'extension de la France *.

Mars 1807. — Quoiqu'on ne fût qu'en mars 1807, Napoléon résolut d'appeler la conscription de 1808. Il avait appelé déjà celle de 1807 en 1806, et celle de 1806 en 1805, soit 80,000hommes.

Il y avait quelque difficulté, après avoir appelé en novembre 1806 la conscription de 1807, d'appeler encore en mars 1807 celle de 1808. C'était Jâire en cinq mois doux appels et lever 150,000 hommesàlafbis.

I TaiBM, vu, 235.

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