‹ Histoire générale des émigrés pendant la révolution françaiseChapitre 20 sur 31 · XVII, M · texte numérisé non relu

XVII, M

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SOOS NAPOLEON 1". *53

prétexte de corriger le s^natus-con suite du 9 octobre 1HI3'. De cette Riçod, la conscription pesait sur toutes les familles.

Combien, parmi ces hommes, répondraient aux appels, avec le soulèvement des esprits contre la guerre, avec cette opinion enracinée qu'on la faisait pour Napoléon seul, avec cette autre idée qu'aucun de ceux qui partiilent pour l'armée n'en devait revenir? En effet, les blessés rentrés dans leurs familles apprenaient au pays le sort de ces victimes tombées loin du foyer et du toit paternels. Parmi les hommes réunis pour la campagne de 1813, les deux tiers avaient moins de vingt ans, et ces jeunes gens mal soignés et mal nourris n'offraient aucune résistance n la futigue et aux maladies contagieuses*. Dès juin 1813, le 3' corps avait renvoyé 26,000 hommes aux hôpitaux et n'en comptait que 2i,000 sous les armes*.

La grande armée de 1813 comprend, le 15 août 1813, à la rupture de l'armistice, environ 425,000 hommes soHs les armes et 90,000 dans les hôpitaux. 180,000 hommes ont déjà disparu. A la fin de septembre tout achève de fondre *.

' SénaïuK-cODsnlte du 11 novembre 1813.

*Le 15 nvril 1813, ilii-jept jours avant Lutien, Ney, MarmoDt et Victor trouvent que le soldat n'est pas anaei nourri : vingt-quatre onces de pain, et rarement du vin ou de la bîcre. MannonI it jilaint du manque de soins, du défaut de cliirur,iii'n3, l'ic. — RousSKT, La Grande Armtt de 1813, |>. 103 ù 165.

■ RoDSsET, La Grande Armée de 1813, p. 99.

*lJ.,p. 180.

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kih LES ÉMIGBÉS ET Là SOCIÉTÉ FRANÇAISE

A Erfurt, après Leipsick, on cite sept hôpitaux où les blessés meurent d'inanition.

A Mayence, les édîBces publics sont remplis de blessés, et l'on en met 15,000 chez les habitants. Les rues sont pleines de cadavres d'hommes et de chevaux. Plusieurs blessés sont venus de Leipsick (à quatrevingt-douze lieues) sans avoir été pansés. Une épidémie terrible naît dans cette agglomération de blessés. Cinq cents personnes par jour meurent, du 7 au 20 novembre, et les habitants ne sont pas plus épargnés que les soldats. De Mayence, l'épidémie gague les villes voisines. Partout les gttes d'évacuation sout encombrés ; les maisons sont pleines de malades et de blessés qu'on trouve jusque dans les corridors; là ils meurent sans secours, car il n'y a plus de vivres ni d'infirmiers. Le gite étant rempli, il fout pousser plus loin afin d'en découvrir un autre. Le voiturier, exaspéré de ne pas voir de terme a son service répugnant, reprend sa route en maugréant, fouette ses chevaux à tour de bras; la charrette est emportée augalop sur un chemin usé. Des jambes, des bras cassés sont ébranlés parles cabots, des malades sont jetés à terre, d'autres blessés cherchent à se précipiter pour finir leurs douleurs par une prompte mort. Souvent les voituriers abiindonnent leur triste fardeau devant le seuil des maisons désertes, dont la porte close ne s'ouvre pas pour le recevoir'.

' J.-B. HiFCiB, Les lépulcrts de la Grande Arma,

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sous NAPOLEON 1". 45

Les souffrances redoublent depuis que la retraite es changée en déroute. De Mayence à Sarrebruck, dan les dép<^t5 d'ambulance, Larrey a dû passer une parti des Duits à faire enlever ou à enlever lui-oiéoie le cadavres enfouis sous la paille pourrie où gisent le malades et les blessés vivants ' .

En 1814, la mortalité devient effrayante; elle e: favorisée par la précipitation de la retraite. Napolco déplace sans cesse des malheureux dont le repos est I premier besoin : ■ Brienne, 1" février, neuf heures d soir : Ordre d'évacuer tous les malades dans la nuit, i Il fait expédier sur Sézanne, puis sur Nogent, puis su Paris, puis répartir entre Chartres et Rouen ses ma lades et ses blessés dont une grande partie succomb dans le trajet.

Mais revenons à l'énumération des levées de l'Em pire.

Pour compléter le tableau des appels, depuis 180. juqu'â 1814, il reste à y comprendre 10,000 garde d'honneur, 10,000 hommes empruntés aux corps de I: marine, 5,000 hommes tirés des gardes municipale et des compagnies de réser\'e.

' Iarret, Slrmoirei de chirurgie militaire, IV, 455. — Rapport m de la gaerre, 10 décembre 1S13.

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