RÉCAPITULATION
EHectif de l'armée eo septembre 1805. 50(1,01)0
Appel de septembre 1805. ..... lôO.OOO
Appel de novembre 1806 80,000
Appel de mars 1807 80,000
Appel de janvier 1808 80,000
Appel de septembre 1808 80,000
Appel de janvier 180» 20,000
Appel sur les classes antérieures. . . 80,000
Appel de janvier 1810 120,000
Appel dejanvier 181 1 120,000
Appel de janvier 1812 12Q,Qt)Û
Appel de 100 bataillons de gardes nationales (juin 1812) 100,000
Appel de janvier 1813, sur les classes
de 1809, 1810, 1811, 1812 100,000
AppeldejanvierI8t3(classedel8U). 160,000 Novembre 1813. — Appel de la classe
de 1815 160,000
Levée extraordinaire sur les classes de
Appel extraordinaire sur les classes
antérieures de 1813 à 1803 300,000
Nouvel appel extraordinaire sur les
classes de 18U à 1808 40,000
A reporter. . . 2,ilO,000
D.q,t,:scbyG0C>^lc
SODS NAPOLÉON 1". *57
Repoli 2,410,00fl
Gardes d'honneur 10, 1)00
Corps de la marine 10,000
Gardes municipales et compagnies de
reserve 5 , 000
Total. . 2,435,000
Sauf deux cent mille hommes environ', tous ces hommes ont rejoint; tous ont ^té présents sous les drapeaux; aucune classe, aucune portion de classe n'a été congédiée. Sous le premier Empire, le soldat ne pouvait être libéré que par la mort.
LA BÉr^PITULATION DES CADAVRES. LES IIESPONSABIUTKS.
Que restait-il en 1814? M. Thiers a fait l'énumération des hommes qui ont survécu " :
' Lei garnUaires et les colonnt tairei anlérieuri. Dix mille homj aui genJaraiei. Mai», avant l'.ibi entiéreraenL U levée de 300,000 hommeB el
Te gDavemcmenl de$ Bourbona ron^éilia celle dernière, en Fait, il iie rcDtoya que 46,000 hommes. AujaL comjitoD9-nous 190,000 réFraclaireg appartenant à la levée Je 300,000 hommei et à la clatic de 1815.
■ TeiBBS, XIX, S87. — Le> chiffre» cités par .M. Thiers me paraiuent ICDgiblement «agcréi. Ici (XIX, 987), il compte 186,000 hommes ditséminéa dans lei dïveraea place* de l'Europe; un peu plus haut
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ge de 1815. Lorsque
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«Au moment de l'abdication de Napoléon (en I8U), il y avait en France et en Europe le nombre suivaDt de soldats français de toutes armes, les uns réunis en corps d'armée, les autres tenant garnison daos les places lointaines, ou restés comme prisoaniers dans les mains de l'ennemi.
■ Pendant la campagne de 1814, Napoléon avait 65,000 hommes sous son commandement direct, le général Maison 15,000, le maréchal Soult 36,000, le général Decaen 4,000, le maréchal Suchet 12,000, le maréchal Augereau 28,000; total, cent soixante mille combattants, composant l'armée active. . 160,000
» Les places de l'intérieur en contenaient 95,000, ce qui portait à 255,000 hommes 95,000 à peu près l'effectif réel sur le territoire français.
■ Il était resté 24,000 hommes dans les garnisons de la Catalogne, 30,000 dans celles du Piémont et de l'Italie, 32,000 défendant l'Adige sous le prince Eugène. A Magdebourg , à Hambourg et dans les diverses places de l'Allemagne, il y avait
A reporter 255,000
(XV11, 19), il ditait (eituellement : ■ Ploi de 140,000 baramo <!< x" meitleures tronpet éuiienl disséioiuéa dans In places de I Europe- ■ Il semble même qu'il y ■ double emploi entre cet IM.OOO homio» <* une partie de* pritonoiers ; cnSn, il n'a pa« tenu compte de la jooiU- Uté, trèi grande parmi ces prisonnier!. En fait, la Resunraliu" n > pas recouvre plus de 100,000 prisonnier* ; tout le reste a pcn.
SOOS N4P0LÉ0N 1". M»
Report. 255,000
60,000 hommes, 40,000 daos les places cédées par la convention du 23 avril, telles qu'Anvers, Wesel, Mayence, etc., ce qui faisait un total de cent quatre-vingt-six mille
hommes I8«,000
« On devait recouvrer 130,000 prisonniers 130,000
Total 571,000
Toilà les survivants.
Tout compte fait, 1 , 700,000 Français ' et 2,000,000 d'autres Européens ont été sacrifiés à l'ambition d'un homme.
Sur qui pèse en effet la responsabilité de la guerre î Bonaparte vainqueur avait su imposer la paix h ses ennemis ; mais il rendit bientôt la guerre inévitable par une violation systématique des traités de Lunéville et d'Amiens. La paix! Au plus fort de la lutte, Napoléon dix fois aurait pu la dicter, par exemple, en 1806. Fox, il est vrai, venait de succomber. Le parti de in guerre était en majorité à Londres; mais reculant devant la perspective d'une lutte effroyable, il avait fait
' L'Empire a donc levé 2,^55,000 bommen, dont 200,000 n'ont pu rejoint. Si l'on déduit les 571,000 bommes encore viTants des 3,%35,000boainiR9quiontpas«ésiiu>le3drapeiiui,ilre9lel,68ï,00a hommes pour le chiffre des moru. Mais d'une pari, M. Thiers a srn'ililtment exagéré le chiffre des siirvivanu; d'autre [lart, noua n'avons pas menlionnétesperleiéprouvées pendant la campagne de 1S15. Le chiffre de 1,700,000 morts a Été p.obablemenl dépasse.
iOU LES EMIGHES ET LA SOCIÉTÉ FH&NÇAISË
offrir la paix à Napoléon. L'Angleterre acceptait les conquêtes de la France, elle admettait les dynasties entées sur la souche impériale, Louis, en Hollaotle, Joseph, à Naples, et l'insensée Confédération du Itbiii. Elle demandait une seule concession, la seule aussi que réclamait Alexandre, c'était de maintenir- aux Bourbons de Naples la Sicile, qu'ils détenaient, et de leur accorder la Dalmatîe, qui nous était à charge. Un Napoléon raisonnable, se modérant lui-raéme, aurait conclu la paix sans hésiter. Mais ce Napoléon, c'est lu chimère des utopistes du passé. Le vrai Napoléon nese modère pas; le vrai Napoléon déteste les Boutons, le vrai Napoléon satis&it sa passion ; le vrai Napoléon a refusé la paix.
La pnixl 11 la veut moins encore après la catastrophe de Russie, après Lutzen et Bautzen, après cette première campagne de 1813, alors que l'Autriche, in6dèlc h la cause des peuples, lui livre, à cette beure suprême, la domination sur tout le continent. Ed signant l'armistice, Napoléon cherclie à gagner deux mois pour compléter ses armements, pour les proportionner aux forces de ses ennemis, il n'a pas un instant la pensée de souscrire aux conditions que propose l'Autriche : abandon à la France de la Belgique et des provinces rhénanes, de la Hollande, du Piémont, de la Toscane et de l'Etat romain, devenus déparlements Français, de la Westphalie, de NaplesetdelaLombardIe, constitués en royaumes vassaux. — l'uurUiiil, les coii-
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sous NAPOr.EON 1". il
cessions demandées, — ■ abandon du grand-ducbé < Varsovie, reconstitution de la Prusse jusqu'à l'EIbi abolition de la Confédération du Rhin, restitution t l'Illyrie et des villes banséatiques, évacuation de l'E:
pagne ne faisaient que concentrer les forces de l'E n
pire et, en re'alité, augmentaient sa puissance; ma une concesiiion froissait l 'amour-propre du maitre, et In paix, sans hésiter, il préféra la guerre. Ses atlii l'abandonnent, désertent son drapeau sur les cbnm| de bataille, et leur désertion ne le fait pas flécbir.
■ Si l'Empereur pouvait réunir toute la Franc autour de lui, Sa Majesté entendrait crier de touN paris : Sire, donnez-nous la paix'. » Tous, en effe sauf lui, sentent combien la lutte est impossible.
La nécessité de la paix était si bien comprise, qu'ell n'échappait pas au muet de Napoléon, à son complic dans les œuvres suspectes, à l'homme qui lui avu donné sa jeunesse, sa réputation, sa conscience. Savar écrit à l'Empereur que les Français, tous les França demandent la paix. Ce mot de paix provoque sa dis grâce : • Le ton de votre correspondance ne me plu pas; vous m'ennuyez toujours du besoin de la paix. J connais mieux que vous la situation de mon Empire, f cette direction donnée à votre correspondance ne pn duit pas un bon effet sur moi. Je ne ferai pas une pai qui serait déshonorante... Ces matières ne vou.s ri>
' Lettre du général Decacn au ministre àe la gattrc.
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ktt LES EMIGRES ET I,A SOCIETE FRANÇAISE
gardent pas. Ne vous en mêlez pas ' . ■ Et en même temps, Napoléon écrit à Cambacérès : ■> Le duc de Bovigo ne connaît ni Paris ni ta Révolution; si on le laissait làîre, il aurait bientôt mis le feu en France*. »
Et la guerre continue, et l'année 18 13 s'achève dans les désastres. Comment l'étranger s'est-il arrêté aui bords du Rhin, que ne protégeaient plus nos faibles effectifs? C'est que lu coalition, comme surprise de ses triomphes, était encore disposée a la paix.
Si la politique de Napoléon nous avait mis le inonde sur les bras, la bravoure de ses armées, le souvenir des luttes héroïques donnaient à réfléchir aux puissances contioen taies i celles-ci nous haïssaient beaucoup; elles nous craignaient davantage. De là, les conditions offertes à Francfort. La France conserverait sa Frontière du Rhin, des Pyrénées, des Alpes, elle se renfermerait dans ses limites naturelles. De telles conditions après de tels désastres! Et Napoléon temporisel L'occasion négligée ne se retrouve plus.
Et la guerre reprend. La France est envahie; les défenseurs lui manquent. Cependant, les alliés redoutent jusqu'au bout un retour de fortune. Au mois de février, on aurait pu signer une paix acceptable. La paix sauverait la France, elle diminuerait Napoléon. Napo-
> Lettre de Napoléon à Savary, 13 juin 1813. — CorresponJaMe, XXV, 382.
' Lettre de Napoléon & Cambacéréi, juin 1813. — CorrapaKtUiicr, XXV, WO.
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sous NAPOLEON 1*. V
léon refuse. Le 7 février (1814), il refuse de céder méo Anvers et Mayerice.
NapoléoD dirigeait seul ses armées sur les champs < bataille; seul, il expédiait des ordres à ses préfets; seu il dissertait de politique dans ses journaux ; seul, il pa tait dans ses Chumbres nauettes. Il n'y avait dans toi l'Empire pas d'autre général, d'autre adrainistrateu (l'autre publiciste, d'autre orateur que lui; il n'y avu pas d'autre diplomate. Napoléon nouait et dénous seul ses ligues et ses traités, et seul l'histoire le reodi responsable des dix années de guerres, aussi bien qi du sang versé.