‹ Histoire générale des émigrés pendant la révolution françaiseChapitre 29 sur 31 · LA TYRANNIE DE I. EUPIRE · texte numérisé non relu

LA TYRANNIE DE I. EUPIRE

Dans les dernières années de l'Empire, on ne trouve plus trace d'intrigues royalistes; néanmoins, lu police continue son œuvre de destruction. Elle frappe ceux qui gênent; elle persécute ceux qui déplaisent.

En novembre ISI2, un agent provocateur uttire en France un émigré, le comte de Bar. Son arrivée est signalée; dès qu'il a débarqué avec deux compagnons, des agents apostés cernent pendant la nuit la maison où ils dorment; on les tue dans leurs lits, et le préfet du Morbihan, tout fier de son exploit, s'empresse de l'annoncer au ministre de la police : « Le fameux de Bar et ses deux complices n'existent plus. » (Lettre du 25 novembre 1812.)

Le baron Ernouf a blâmé la guerre d'Espagne. Pour ce motif, Napoléon le hait et l'envoie b la Guadeloupe. Pour défendre la colonie, Ernouf peut opposer sept cent cinquante-trois soldats aux onze mille hommes et aux cent trois vaisseaux de l'amiral Gochrane. Ernouf fait des prodiges et prolonge pendant des mois sa résistance héroïque, mais il finit par capituler le 6 février 1810. Nouveau grief pour l'Empereur, qui donne l'ordre qu'on l'échange atout prix. Là-dessus, la police te

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681 LES ÉMIGRÉS ET LA SOCIÉTÉ FBANCAISF guette, et lorsque ErnouF débarque, elle t'arrête et le détient vingt-trois mois en prison préventive. Afin de plaire au maître, on cherche à l'accabler d'accusations déshonorantes; naais comme l'enquête met en relief l'héroïsme du prisonnier, on la ci6t brusquement et l'on jette l'ioFortuné dans un cachot d'où il ne sortira qu'a la fin de l'Empire.

Enfin, les dossiers révèlent un certain nombre d'exécutions sans qu'on puisse saisir te motif de ces meurtres.

PrevostdeBoissî.ancienadjudantcommandant, avait

fpiitté Paris pour se soustraire à ses créanciers; il s'était

rendu à Naples, n'avait pas réussi à se faire employer,

et s'était embarqué sur un corsaire qui fiit capturé par

glemps prisonnier en Angleterre, il

et fut renvoyé à Morlaix, où il débar-

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