‹ Histoire générale des émigrés pendant la révolution françaiseChapitre 6 sur 31 · ECRASEMENT DE L OUEST · texte numérisé non relu

ECRASEMENT DE L OUEST

Les deux épisodes de Bernier et de Cormatîn nous ont entraînés loin de la première paciBcation, mais ils permettent de juger à travers tant de faussetés, de préjugés et de rancunes, combien vain était l'espoir de ceux qui croyaient aux réconciliations. La scission était trop profonde, les intérêts trop contraires, les fureurs trop allumées. Ainsi, d'une part, l'agent national près le dislrict de Machecoul se plaint avec colère * que des prêtres non mariés • célèbrent leur culte dans les ci-devant églises, administrent les sacrements i . D'un autre côté, ■ le militaire se portait au pillage d'autant plus volontiers qu'il y était excité par les femmes de troupe, dont le nombre alors égalait au moins celui des soldats, chacun des Parisiens en ayant une et quelquefois

' Cormntin est mort en juîlkt 1812, d'a|iré< les dossUri Je poliui La daie de 1817, que donne le colonel Jung, est une erreur. • IT a^ ril i7»5. D. G., année de» diiet de l'Ouest 5/9.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

ES EMIGRES ET I.A SOCIETK FRANÇAISE n , On avait bien défendu d'envoyer le butiu sur [igences, mais les généraux * partageant le ", cette interdiction fut comme non avenue. (xroitre les convoitises, les femmes arrivent jourent auprès des bataillons; ■ les voitures publie seront bient6t plus occupées que par ces sortes Bgeuses > . Elles ne sont pas seules à exciter les contre les gens du pays ; le conventionnel Jaco- 'rit aux députés d'Ille-et-Viluine* : u Les ters machinent ici d'une manière inquiétante. Un rs grands moyens est de perdre le bon esprit c avec les chouans dans lequel la troupe était, ime les soldats contre eux.* Il ajoute qu'on vient e assassiner par les soldats MM. de Lhermite et lin', mais l'acte qui déchire réellement la paix nt de Hoche. Certainement l'ordre de reprendre les allait être envoyé de Londres , mais c'est seu- : le 10 juin 1795 que Charett^ se déclare prêt à er ses hommes, c'est le 26 juin qu'il adresse sa mation pour faire prendre les armes à ■ tous les lis dignes de ce nom* » , et dès le 22 mai, plus lois auparavant, Hoche avait donné l'ordre d'ardus les chefsbretons, Cormatin, Boishardy, Soli-

f 3UK idminLiti'ateurs Je Maine -et- Lu ire, 0 measidor an 111

1795). D. G. âjfl.

li 17y5, armée de Brejt. D. G. 5j2S.

ernier est Ma» doute le frère Je celui qui fat exécuté par \ei

Merlin (de Doiiai)- ;. 5/«. V«ï. ,es doruments saiiia par Hoche.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

SODS NAPOLÉON 1". 161

Ihac, Chanterau et La Haye de Silz ' . Ce dernier, qui avuit résisté, Fut égorgé uven trois cent dix Bretons'. L'ordre était déjà donné aux soldais, comme aux beaux temps de la Terreur, <■ de ne point faire de prisonniers et de tuer tout ce qui tombe entre leurs mains * n . De son côté, Hoclie se vantait du meurtre des trois cent dix Bretons et faisait imprimer, dès le 25 mai^, une proclamation pour le célébrer, en ajoutant : « Habitants des campagnes, hommes crédules et iaconsidérés, voyez l'abime de culumités que creusent sous vos pas ces chefs perfides *. » On sait ce que devint Gormatin. Quant h Boîshardy, il avait réussi à s'échapper, et il essaya, en voyant que les hostilités allaient reprendre, d'épouser la jeune fille qu'il aimait". Mademoiselle de Kergariou, âgée de dix-sept ans et douée d'une beauté rare, convint de se rencontrer dans les genêts le long du buis de la Hunaudtfye avec un prêtre catholique et le chef de proscrits auquel elle venait donner sa foi. Ce rendez-vous fut connu par les soldats de Boishardy,

' Rercduihoiti, p. 68.

- La Haye de Ai\i est la (rèro de celui qui sera tué plus tard par tri ordre* de NapolcoD.

' Orilrc du |;éni'ml Itey, annoncé par Girault, député dea COtei-du- NnrJ. D. G. Br«s(, ]7 juin.

' D. G., fi prairial au IIL Armée àe Brest.

' (t^p|>orl de Crublier, 17 juin ; rapport de Hoche du 18 et proclamiiion impr mée D. G. Bi-esl. M. de Chantei-eau fut tué aiixi à ta mfine êpoT|uc. M. de Sulilbnc échap|i.i; il fut, je crois, député loui In

' .Vinateur ijyivrgire Le Bras des l-'or([C( du Boishardy, ancien officier de marine. Voy. G. DE KÈmctST, les Choua»', Dinan, 1882.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

,ES EMIGRES ET LA SOCIETE FIIANÇAÎSE 'eux le dénonça an général républicain Crublier; ux fiancés étaient déjà cernés lorsqu'ils se reiirent. Boishardy confia la jeune fille à Hervé du , son ami, et attira sur lui seul l'attention des îcains... » || a tiré quelques coups qui n'oot

personne des nôtres, il est tombé blessé l'instant s et a employé le peu de forces qui lui restaient liner sa vie. Je regrette de ne m'étre pas trouvé urais empêché le spectacle hideux d'une tête née à Moncontour et rapportée h Lamballe '. • ment, s'écrie Hoche, mes soldats ont coupe la

un ennemi mort et ils l'ont portée en trioin- > Et il adresse son rapport au ministre de la

: « Citoyen, vous allez avoir à gémir d'un nent dont les détails révoltent l'bomme sensible ; rdy, l'homme le plus renommé des cliouans, Ité blessé en se sauvant d'un de nos détache- ; prêt à être pris, il se tue. Des grenadiers, qui suivaient depuis longtemps, loi ontcoupé la léte, □nt premenre dans Moncontour et dans Laml'écris au moment même pour faire arrêter les s et ceux qui se sont chargés de porter cet borigne de leur victoire. Je demande qu'ils soient rement, afin que ces actes de cannibales is répétés. » Il fit flétrir par une proclaenvers l'honneur, l'humanité et la

ixempi; :nt jamai

SODS NAPOLEON 1". 163

générosité française » . Vaine démonstration ! Les républicains étaient habitués à voir porter des tètes. Aucun des porteurs ne fut puni; niais le dénonciateur, le chouan qui avait livré M. du Boishardy, fut exécuté par ses camarades. Quanta la fiancée, elle épousa l'ami. Au moment où les hostilités reprennent de la sorte, la Bretagne et la Vendée sont occupées par di\-hait divisions de soldats républicains, réparties en deux armées. Tandis que Canclaux, l'un des chefi, s'abandonne à des dithyrambes patriotiques ', l'autre général, Hoche, donne ses ordres avec précision, agit avec vigueur, se montre digne de la devise inscrite sur ses lettres : Res, non verba. Hoche a pour chef d'état-major l'ancien généalogiste Ghérin, et pour commissaire des vivres Dam, le futur intendant de la grande armée. A eux trois ils concentrent tes bataillons et les approvisionnent; ils ramènent vers Vannes quatre mille hommes de Rennes, cinq mille de Saint-Brieuc, cinq mille de Nantes '. Hoche garde sa sécurité et son sang-froid au milieu des criaillerîcs dont l'assaillent les jacobins de toutes les villes. Cherbourg et Lorient se disent per-

■ Juillec 1795, Ouest 5jlO.

' Quelques joort ï peine après la première surprise Jo Jijb:ii'qiiement de* émigrés à Qiiilieron, Hoche est en roesure d'écrire .lux con- »*niionnelï(l"iuill«. D.G. Ouest): • L'.-irmée se rassemble, elj'esprn; bienlAl voua rendre un bon compte de l'armée blanche et noire. Ne craÏQnn rien |ioiir Lorient ni en général |iour li'sauitei de la descenle, elle ne fera qii'njonler à la gloire des arméea républicainei. Mon deawin est de n'avoir aucune affaire parliculléi-e , elle aguerrirait les chouans, mais bien une action génrrale. >

D.q,t,:scbyG0C>^lc

Nantes se lamente, les plus petites communes isent de leur abandon. C'est qu'un clieF royaliste, I Tinténiac, vient de tenter une entreprise liardie : it porté par mer sur les derrières de l'armée de s, et va ruiner ses approvisionnements concentrés selîn '. Surpris après les avoir incendiés, il suce, et les chouans se dispersent. Daru est consterné perte des vivres*, mais les soldats républicains buent plus que les chouans à atTnmer leur propre :, > J'ai l'àme déchirée, citoyens, écrit Hoche au é de salut public ', des horreurs qui se sont cora< dans les campagnes, il n'est sorte de crimes que :ommis le soldat de l'armée; le viol, l'assassinat, lage, ont été très fréquents... On ne vous a pas vérité en accusant nos soldats de piller *, il fatuuter : ils assassinent, ils violent; les lois sont isantes, et leur malheureux général est obligé 'aire justice le sabre à la main. Je ne connais e plus horrible métier que de commander à des ats qui jouent avec tous les crimes. » Plus tard,

este Je cette teiilative une vieille aflirhe sur l>c|uclle Tintëni.ic, evantJoi»Glir),aécril (.111 do») ()S juillet, D. C.) : ■ Nous chee Tinténiac, innrdcbal d«i< caiii|>s et .iruiées du S. M. LouisXVI J F, id.int l'nvant-garde di^ r.nrmcc calhiitii|ue et royale de Brctagoe, :i>na d'aocmdei' prolci'iion ù tuiis oeux i|ui se leiidruni ^ la j proclamation, et au contraire de traiter qvec lu pltii grande toni le» ennemi» du lloi. > y. les rapporu de» 16 ei 18 juillet de D.iru, Grusbon et Cni-

G., 0 juillet I79!>.

cil.' à Liiiijuin.ii^. D. 0,, H juillet.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

SOOa MAl'Or.ÉON I". 165

il casse une compagnie qui a saccagé tes magasins de la douane et s'£cric douloureusement : x La guerre serait finie si le pillage cessait. » Pitisienrs des généraux républicains étaient des hommes sans honneur et sans Foi, et ce fut avec désespoir que Hoche dut annoncer au Directoire' que les généraux Bonnaire et Merle, qui assiégeaient une poignée de chouans dans le château de Saint-Mesmin, avaient eu l'idée de leur accorder une capitulation avec la vie sauve et avaient aussitôt violé la Foi jurée : •> Trois à quatre mille soldats de la République ont vu défiler devant eux quarante-deux gredins en sabots, et, ajoutant l'infamie à la lâcheté et au ridicule, les généraux Bonnaire et Merle ont ordonné de fiisiller ces quarantedeux hommes auxquels ils venaient de promettre la vie. ■ Hoche lui-même était-il bien certain que ses lieutenants n'avaient point accordé une capitulation aux victimes de Quiberon?

Après la destruction des prisonniers de Quiberon, reste Gharette. C'est vers lui que Hoche concentre aussitôt toutes ses forces, Gharette, isolé au milieu des quarante-quatre mille soldats de Hoche ', faisait bonne contenance uvec ses douze ou treize cents Vendéens : ■ Cne déroute, dit Hoche, est souvent un avantage pour Gharette. Gharette en déroute assigne un ralliement à ses fuyards. L'endroit est quelquefois ii dix ou

' II. G., S5 février 1796.

' 10 norembre 1795. Rapjiort de Hoclie. Oaett. D. G.

D.q,t,:scbyG00t^lc

GRES ET LA SOcrÉTK FIIAKÇAIRE TÏère son enaemi, qui le cherche en vain lans un pays... hideux par ses ruines... e, a laissé son ennemi au milieu d'un et arec la rapidité de l'éclair il se porte , les intercepte, ou au moins les détourne tion, et contraint, par cette manœuvre,

qui croit avoir obtenu un avantage,,. . de s basse dans les canlonnemenls... Cet Il pouvoir absolu sur tout le pays où il es lois draconiennes qu'il a données aux occupe l'ont, en quelque sorte, fait déifier itude ignorante que son seul nom tait

caractère est féroce et singulièreioent ubition est de gouverner son pays féoda-

point d'ami. Pour être un chef de parti utable, il lui faudrait la loyauté de Bontalents de d'Rlbée et la témérité de

femmes sunguinaires le dirigent dans ses ans être un lâche, il ne se résout que très u combat qui lui est présenté. »

portrait est tracé par un ennemi haineux, «ment. Hoche dit d'une contremarche de C'est une nouvelle ruse de ce coquin, qui n le laissât respirer, v Nous connaissons >arlerde ses adversaires, mais Hoche était ■ochant à Charette les femmes qui l'accom-

lïier 17M, Hoche au Directoire.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

SODS NAPOLEON I". 187

pagnaient, cor il en avait séduit une et était tenu par elle au courant des secrets des Vendéens; il avait également à ses gages un des aumôniers de Gharette ' et était devenu presque suspect aux patriotes purs par ces relations d'espionnage : « On a trouvé fort mauvais, écrïlil à Gurnot (I!) Février 1794>), que je me serve d'une femme pour Faire épier, connaître les démarches des ennemis de la République. Un prêtre de je ne sais quelle secte a reçu de moi quelques écus pour avoir fait prendre les munitions de Ctiarette, et voilà qu'un prêtre d'une secte différente m'accuse de royalisme, peut-être même de Fanatisme, quoique je rie, à part moi, des sottises humaines à l'égard des cultes. ■ Il se croit cependant le devoir, quelques jours plus tard, de recommander au Directoire la jeune royaliste qui lui vend Gharette : K La personne qui m'a si bien servi depuis trois mois est la fille de cette marquise du Grégo dont il est question dans les notes jointes à votre lettre. Quelques services rendus à propos m'ont gagné sa confiance, et les royalistes n'ont pas fait un mouvement ou noué une intrigue à sit connaissance que je n'en fusse instruit surle-champ. Cette petite personne est aujourd'hui à Paris, elle va réclamer ses biens qu'on a séquestrés tandis qu'elle était dans la Vendée et qu'elle passait pour ëmigrée. Je désirerab bien qu'on les lui rendit, tant à cause des services qu'elle a rendus que de ceux qu'elle

■ C'était le curé de la RabutelMcre. Il fut asusainé.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

s KMIGlUiS KT I.A SOCIKTIi FHANÇAISF.

rendre par son iidresse. Elle m'a averti du le Talhouët-Bonainour. »

1 piège de ce genre, Hoclie fei(;nait d'autoriser

à passer en Angleterre', mais des bussards ils Siibrèrent le paysan qui portait le sauf-conjoche et qu'ils prirent pour Charette', crime puni, cnr les massacres continuaient sur tous ts : ■ En avançant, les troupes purgent le >epuis quinze jours, six à sept cents brigands, gands, ont péri dans la Vendée. > Et cela qu'un mouvement libéral se prononce sur tous ts en France, à la stupéfaction des génériiux lins : « Je ne vois pas, dit l'un d'eux, sans une

extrême que, dans cette ville, on 4iéte lu ci- :te des tyrans. Nulle boutique n'est ouverte aux ains*. » Un autre, c'est Hoche, fait juger (on

cela juger) un instituteur de la Manche qui loussé le fanatisme de la royauté jusqu'à faire publiquement par ses élèves la fête des Bois '^ n . enferme à Angers, s'inquiète de tout, se laisse par le délire de la persécution; il se voit enenvieux et d'ennemis; tantôt on lui enlève le Bey, qui lui est nécessaire; tantôt on lui im-

5j31, 10 février 1796. n février 1796.

au ministre de la guerre Aubcrl-Dubayel, Î3 novembre

5/30, 16 nnile an IV, 6 janvier 1706, jour dei Rois.

~ Bi iiumuiil, cnrlon 5,^U, 25 janvier

D.q,t,:scbyG0C>^lc

SODS NAPOf.KON I". 169

pose le général Wjllot, qu'il n'iiime pas, ou le {jénénil Josnel, qu'il méprise : ■ Josnet a divorcé et laisse sa femme sans vêtements avec trois enfants ', » Il emploie presque les mots des bataillons de Parisiens que l'on mène au combat : • Noms ne voulons pas périr en défendant la liberté, mais vaincre pour la maintenir". ■ Il ccritàCarnot: • Non, citoyen, non, nous ne pouvons résister. Fusse le ciel que la clmte soit douce' !» Et à son ami Champein : <> Tous les moyens sont employés pour m'écraser, je sais que je n'ai que bien peu d'amis^, n

Son chef d'état-major, te général Hédouville, qui s'eflbrce de calmer l'exaltation de Hoche, obtient pour lui, par l 'intermédiaire de son ami Clarke, une lettre d'éloges du Directoire*. ■ Cette lettre a vraiment rerais du baume dans le sang du général Hoche. Il a une tête ardente et saisît tout avec une vivacité qui lui a fait considérer comme très importantes des dénonciations ridicules. ■

Quelques jours plus tard, le général Travot parvenait à saisir Charette tout couvert de blessures". Le héros se déclare âgé de trente-trois ans; il répond, quand on lui demande pourquoi il ne s'est point retiré sur

I HiKlie an Direc-toire, « février 1796.

<J6i'rf.,tt janvier.

' Hoche à Carnot, 19 février 1796.

' Uirre dn Hochi-, 7 floral .in IV. Vtnie Lnveiilet, 93 mars 1848.

' Caie« Je rOcéan, f 1 iti.irB 1796.

' Lellrei du Vt au 98 mars 1796 cl pirtes de la procédure.

D,....,Goo

IGllES ET LA SOCIETE FRANÇAISE

ise : B Parce qu'il n'a pas voulu abandonu'il soutenait. » Il signa d'une main ferme lages de son interrogatoire. Comme on le supplice, il fut insulte par quelque jacobin i la fenêtre d'une maison ; il s'en aperçut V'oixferme: « Halte! ■ et il iitdemauder u dans cette maison même; un dômesiporta an tremblant; quand il eut bu, il air affuble et donna lui-même le signal Arrivé au terme de cette triste course, il on l'avait trop éloigoé des soldats; il [uelques pas et tomba sous les balles en î le Roi ' 1 "

.ES Altos l)b LA VlCTOinE.

ia mort de Charette, ce ne fut pas une nais une persécution systématique. Deux t encore quelques combattants; c'étaient i la Sarthe', et Puisaye, en Bretagne ', et

i'alibè de Beauregaid, p. IW, Il ne faut pas con-

rd, ouvr.-ijje aand vaUur au point de vue historique, ^ue d'Orléans, ai diFférent de aon prédécesseur (Ber-

auli'Rhlalorien.

du SI nvril 1796.

La Rarolière .lu mimatTC de la guerre, 29 avril ITtfS.

Uugua, I" mai 1796.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

SODS NAPOLEON l". 171

leurs entreprises servirent de prétexte pour traiter les malheureuses campagnes avec la dernière cruauté. Cependant, à ce moment même, un souffle de tolérance s'étend sur le pays. Les élections amènent des modérés dans les deux Chambres et dans les administrations municipales. On croirait que la France va entrer dans une ère régulière. C'est un moment d'ularme pour les jacobins. Hoche, toujours irritable, écrit avec fureur au Directoire ' : « Déjà un cri général demande te désarmement des terroristes ; le Directoire connaît assez ce qu'une certaine classe appelle terroristes, il se tiendra en garde contre les manœuvres des royalistes, qui voudraient bien voir anéantir jusqu'au dernier patriote. » Mais déjà Hoche est chargé d'un autre commandement, Hédouvîlle est envoyé à Saint-Domingue. La persécution des habitants de l'Ouest est confiée à un subalterne, le général Vimeux, que les régicides du Directoire forceront à se montrer implacable. Deux nouvelles années de supplice s'ouvrent pour ces contrées malheureuses.

La ville de Caen, la plus paisible de toutes les cités de l'Ouest, est dénoncée comme irritée contre le coup d'État jacobin du 18 Fructidor : • Les trois quarts de la ville pleurent encore du coup que le gouveruement leur à porté', v A Valognes, au même moment, « des brigands ont eu la scélératesse de renverser l'arbre de

' àofffn, il mal 17M.

' Général DuinesDy au miuiilre de la guaire, 31 oi'lobre lTtt7.

,D.q,t,:scbyG0C>^lc

LES EMIGRKS ET LA SOCIETE FBASCAISE

)erté et d'y substituer une croix. Quelque affligeant soit cet événement, je le crois l'œuvre d'un petit bre de scélérats '. ■ Aussi les arrestations se mident. Vimeux est toujours fier de les annoncer ; 1 marquise de Possac a été arrêtée près de Sablé, I sa terre de la Faîne, ainsi que la comtesse Dolnet , femme intrigante, sans aveu, correspondante des lans*. » Il ne laisse échapper aucun prêtre de la he, tandis que de Rennes on u la joie d'annoncer ' ment un rassemblement de quarante à cinquante onnes des deux sexes a été surpris dans une ce de grange à Plounevenj vingt-neuf hommes, : un reconnu pour prêtre, ont été arrêtés avec les iments d'église saisis sur eux. Qu'ont de mieux à ' les soldats? demande le ministre de la police au istredela guerre* : «Une partiede nos armées vicluses va, mon cher collègue, passer sur le territoire daine-et-Loire; ne pourrait-elle pas enlever les res et les émigrés? " C'est ce que continue à faire inéral Vimeux dans l'Indre-et-Loire, après la Sar- . « Il faut purger le sol de la République teint Te du sang humain dont ils l'ont arrosé et dont les es des malheureuses victimes demandent à grands

cnrral Dumesny nu niinislrc de U guerre, 28 novembre 1797.

énéral Vimcui ao minUtrc de la f-ueiie, 5 janvier 1798.

ini-ler an min»li-c de la guerre. 13 février 1798

•oixlenu il Schrrer, 13 mars 1708.

imeuY .') SL-liéivr, 7 avril 17y8. ArrcaUÛuii dut nbliéi Kou9»eau

D.q,t,:scbyG0C>^lc

soDS NApnrÉoN i". ni

cris la vengeance! ■ Un prêtre s'est échappé, mais, ajoute Vimetix, « le Dieu pour lu gloire duquel cos monstres Fanatisent le peuple l'a frappé de son f]laive exterminateur, il est mort en arrivant chez son frère " . Puis il ravage de même Maine-et-Loire, la Mayenne, Loir-et-Cher. Il se vanté ' que, dans ces départements, un nombre énorme de préties ■ ont subi la peine due ù leurs crimes ■ . Quelquefois on a le scandale que, lorsqu'un curé est arrêté, « tous ses ci-devant paroissiens, hommes, femmes et filles, vont le reconduire jusqu'aux confins de la commune en s'nrrachant les cheveux et se frappant la poitrine ' » , et quelquefois la douleur de voir les tribunaux prononcer des acquittements. Ainsi Viineux voudrait faire condamner la commune tout entière dans laquelle un attentat a été commis: «C'est, dit-il, la loi du 10 vendémiaire an IV» ; ce sont, ajoute-t-il, ■ de sages et paternelles dispositions " , mais chaque fois qu'il a ainsi dénoncé des communes, > ô hontel ô impudeur! elles ont été innocentées par les tribunaux*! " Que faire dès lors contre une commune aussi criminelle que celle où il vient de découvrir ■ des ornements d'église et six registres où étaient des actes de naissance et de mariage signés Martin, curé catholique »?

L'armée elle-même ne semble plus assez sûre pour

■ Leure. de Vimeiix .-lu ininislri; de la guctro, 97 mni ITOH.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

esogne, le Directoire fait sortir de la Sarthele ■gîte', parce qu'il est l'ancien régiment de Vaule 4* dragons^ est signalé comme « très dan- , parce qu'il se recrute à Caen parmi les aristo- I . Mais, en France, la poussée contre les jacobins : universelle; on compte sur le vote pour s'en isser.

t vrai que ceux-ci excellent à fausser les élec- : à s'arranger pour rester maEtres des urnes. Les strateurs du Calvados* demandent que l'on can- [jeux mille hommes dons l'Orne, la Manche et ados, « pour donner de bonnes élections <•; en Icrit le ministre de l'intérieur au ministre de la *, dans le Calvados, •> le fanatisme travaille les ;s simples et superstitieux pour donner encore ance des élus qui la déshonorent. Si l'on ne fait tionner dans le lieu où se tiendra chaque assemimaire un détachement de troupes de ligne, les icoins seront comprimés, comme l'année der- . Il faut répartir deux mille hommes par détants de vingt-cinq à trente hommes, ce qui éparàe nouveaux crimes à la royauté et facilitera le <he des amis du gouvernement. ■ Le ministre de

du Calvados »u ministre de la guerre, 24 févr i cr, 8 mnri 1708. Armée d'Angleterre S.IH.

D.q,t,:scbyG0C>^lc

sous NAPOLKON l". 175

Ip guerre s'empresse de déférer h cet appel. Pour e protéger les élections républicaines ■ , il répartit dans l'Orne, la Mancbe et le Calvados' quatre régiments d'infanterie et seize de cavalerie; on envoie mille hommes de la garnison de Lille dans le Pas-de-Calais *. Ces forces permettent de n'admellre que le vote des seuls jacobins; le ministre de l'intérieur s'en vante en remerciant le collègue qui l'a si bien servi^. Dès lors on aime mieux ne plus voter. C'est ce que le général Vimeux appelle u une insouciance funeste à la cause de la liberté ' » ; il trouve que l'esprit public est bien mauvais et qu'il sera diflicile de le remonter avant longtemps.

Devant cet acharnement dans la persécution, tout recours aux moyens légaux devenant impossible, il ne reste aux populations opprimées que l'appel aux armes. Sans doute le pays est épuisé, les hommes sont devenus rares, les chefe ne s'entendent pas, mais il faut se défendre.

Chez les chefs royalistes, la lassitude est grande. Les divisions sont telles, que Puisaye a dû se retirer à Londres. ■ Je désirerais que vous fussiez près de nous, lui écrit Georges Cadoudal', pour nous aider de vos conseils dans une crise si terrible. ■ Mats à Londres même

Schét

IbiJ.,

6m:irs

icle»u.

, 14 ma

Letou

irneox à

■er, 7 ir

31 ms

1 vii-nl

1 de pan

courir te I

i.iot. 1.

n IS jul

net 3 juillet

Page 1