‹ Histoire générale des émigrés pendant la révolution françaiseChapitre 8 sur 31 · LA TYRANNIE DE L EMPIRE · texte numérisé non relu

LA TYRANNIE DE L EMPIRE

L'assassinat de Frotté fiit pu&i parla hainede l'Ouest, ille confiance n'était possible. On se soumît en fré-

caralier Mrait arriTé à (oata bride, porlear d'un ordre de laisù. ^ea louveniri recueilli! dam fe paya n'onl jamaii fnit alluùon à cel idcDt, et M. Thien, qui en parlera forué le >eni des proput deBouriQe. • Je me hasardai, dit celui-ci, à demander au Premier coniu) la ce de M. de Frolté, qui m'était recommandé par le« penonnes lei 9 honorable*. Le comte L. de Frotté i'éuit tout d'abord opposé i le n^oclation pour la pacification de la Vendée ; enhn, forcé par luite combat» malheureux, il avait été réduit, *erd la fin de janvier, à 11 ieasité de faire lui-m£me le* avancei qu'il n'avait point accneilliel. :elte époque, il adreiisa au général Guidai une lettre dam laquelle II lait det propolitiona pacitiquei. On lui envoya le sauF-conduit |ionr rendre k Alençon. Malbrureusement pour M. de Frotté, il n'écrivit

seulement au général Guidai; c.nr, landig qu'on lui eïpéiliaît le saiifidnit qu'il avait demandé, il adreuait k les lieutenants une lettre )s laquelle il les eng.igeait à ne point faire de soumission et à ne pai ■sentir il leur désarmemeni. Cette lettre fut interceptée : elle donnai iroposilion de traiter toute l'apparence d'une feinte frauduleuse ; ce

conlirroa, d'ailleurs, un manifeste de M. de Frotté, .-intérieur, il eu i, aux offres de pacification, mais dans lequel it annonçait à touitei 'tisans la fin procbaine de la criminelle entreprise de Bonaparte. ■ J'eus plus de peine (que dans l'aF^ire de M. Defeu) à déterminer le ■mier consul ï se montrer indnl{>ent. Cependant, je fis tant d'iostancei irèt de lui, je m'efforçai si bien de lui faire comprendre l'heureux >t d'une telle générosité, que je Unis par obtenir l'ordrede suspendre jugement. Quelle leçon je requa alors sur les malheurs que peut eniner la perte du temps! Ke croyant pas les choses aussi avancén elles l'étaient, je ne Ss pas partir tout de suite le courrier chargé de ter l'ordre de suspension; le ministre de la police avait, d'ailleurs, rqué sa victime; lui, il ne perdait jamais de temps quand il s'agissait hire le mal; ayant donc résolu, je ne sais pour quel motif, la perle M. de Frotté, il envoya l'ordre de hlter le jugement. I^e comte de

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SOOS NAPOLEON 1". «1

missant. Les Normands ne pouvaient plus lutter Bprès

Fmtc fut jugé le tS pluviùse, coodainné le mime jour et exécaté la lMideauia,U Teille du jour où nom eatrimei aux Tuileries. L'horrible pradpitilioD du mïnittre rendit nul le rémlut de mei solliciutioui. J'en» lieu de penier que depuii le jour où le Premier ronsul m'avait «cordé un sunii, il avail reçu quelquea DauTetlei accuMlioni Unm contre M. de Frotté ; car lorsqu'il apprit ra mort, il me parut très-indifrêreot h la tardive arnvée de l'ordre de mapeniion ; il me dit leulement, ivec une dureté inaci70Utninée : • Il fallait mieux prendre voi roeaures ; dite), eai-ce ma faute? •

Bignon (Bûioire de Franc* depuis le 18 brumaire jusqu'à la paii de Tiliiil] l'ett approprié le récit de Bourrienoe et l'a eiâghi au point d« faire de l'afhdre de Frotté un litre d'honneur pour le Premier coniqI. Or, ce récit eit au roman.

interceptée, elle n'eat lombca aux ,de aon arrestation, — Bourrienne

preuve de perRdie dan> la proclamation lancée en pleine Ruerre avant Il soomiiiian, — aucune trace de Tinter feu lion de Fouché n'est apparue dans cette affaire... la suspension de la procédure ne fut pas ordonnée, la perte de Frotté avait été froidement résolue.

Qu'on ae reporte aux lettrea de Bonaparte, on sentira le maître pro- Ibndémïnt blessé dans son oi^ueil, dérangé dans aea plans, indigné de nue réiîitaoce d'un chef de partisan! qui tient en échec toute m poliùqUB, décidé, pour en finir, aux mesures les plus violentes et les plus odieDlei 1 la miae k prix de la t«te de Frotté et de ses cbeb de divisioa at un acie saavaige. Si l'on cberche la main qui a ourdi la trame et préparé la irakison, qu'on relise la dépêche du 29 pluviAse (18 février) au (éniral Brune : . Frotté a été pris avec tout son état-major. Dans le moment actuel, it doit Ctre futiiU, • fionapane conuaitsait le sort ré- •ervéi ion ennemi ; il savait qu'il n'y aurait pour Ini niJusticD ni pitié. Il avait pris ses précautions contre lesautces et an besoin contre lui-mïme; il avait, soit avant l'arresution, par ses conirien chargés d'instructions ■ecreles, soit depuis, donné des ordres tellement rigoureux uu'aucun >5eni n'osa en retarder l'exécution. — Que devient donc la fable du ■nrsist Guidai et Chambarlhac fiirent sans doute les instruments d'une ■rahison. Ils furent récompensés. Était-ce un désaveu!

Veici en effet une correspondance qui peut se paaser de commen- Uires:

Au minittrt dt la guerre.

. Pari., !•' ytuiiét an VllI (20 fïvrier 1800). ■ it vous prie, citojen ministre, d'écrire aux généraux Cfaambar-

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apture de leurs chefs. A la fin de février', on interl à Antrain les capitaines de la Manche, Legros dit îrenade, Ozenne dit Saint-Martin, Chauvin dit Vain- !ur, Roussel dit Falisard, Menard dit Empereur, rid dit Coeur de roi, Legros dit Constant; ils vont )indre ceux qui, au mépris des conventions solenles, garnissent les prisons d'État du Consulat et ombreront les prisons de l'Empire. Les jacobins de )olice reprochent à M. de Bourmont de porter son e de comte', ils écrivent pour signaler les dangers ue peut entraîner la (acuité qu'on laisse aux prêtres aumis de dire la messe » , ils multiplient tellement

• BoXtPtHTK. •

Le miniilre de la guerre.

Ole pour le général Dupont.

. PurU, 3 .cai6H ao VIII (SI tërrirr 1X00). Voun f«rei une letlre de félicita tiona pour les génêraui Chanibaret Guidai, sur la conduite ditUnguée qu'ils ont tenue danala 14* di-

n voit plus loin (chapitre i] que Na|>oléoD ayant tàil a«»ssin«r le le d'Aché p,ir de« gend.irmea, écrit à Honcey, de Schcnnbninn : J'ai appris la conduite nlsTmcDÊE des gendarmes dani l'affaire du md d'AcLé. •

:. de La SicDtière reproduit é|;alement les lellres adreg^éei lai raul Chambarlhac et Guidai. Chambarihac deTinl, en 1802, <;én<ie division et baron de l'Empire. On ne récompensait pal ses ser- 9 miliuires. A Maren{>r), il eut une si mauraiw altitude, <|ue s» aïs indigots tirèrent sur lui j la revue qui suivit la bataille {Cahieri capitaine Voignel, 1883, io-U).

I>. G., 7 mari.

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sous NAPOLEON I". 2S3

les petites vexations, qu'un des chefs les plus respectés de l'Ouest, M. de La Roche Saiot-Andrë, écrit au g rai Hédouville ; ■ Si cela continue ', l'homme paisi ment rentré chez lui sera forcé de repousser la force la force et de préférer la mort à l'oppression... «

Aussi la pointe de la presqu'île hretonne futamenée à reprendre les armes. Georges Cadoudal, i Bonaparte n'avait pas su apprécier l'élévation mo et les qualités de commandement, revint de Lon< pour venger la mort de Frotté. C'est, à partir d moment, une lutte personnelle, une guerre à i entre le Premier consul et Georges Cadoudal. Les [ sées de meurtre vont hanter le cerveau de ces ad saires, mais c'est Bonaparte qui pense le premi faire assassiner son ennemi. Georges ne fera plus qu'user de représailles.

La colère s'exhala tout d'abord en menaces. Le 1 mier consul écrivait au général Bernadotte, qui c mandait l'armée de la presqu'île de Bretagne (4 1800) : « Prenez mort ou vif ce coquin de Georges vous le tenez une fois, faites-le fusiller vingt-qu heures après. » — «Faites donc arrêter et fusiller ( les vingt-quatre heures ce misérable Georges» (ijuil Puis, comme pourFrotté, il met sa tête à prix, prc une récompense à qui le lui tuera.

Bernadotte ne peut saisir Georges, mais le 20 fé'

' D. G., 11 Kvricr, 12 mars.

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ËMIGRÉS ET LA SOCIÉTÉ FR&NCAISE.

ait mettre k mort Mercier dît la Vendée, eutenant préféré de Georges, un bourgeois >ux et gai, qui avait débuté à dix-huit aos erre civile'. Du reste, il exécute tous ses i et il écrit avec calme ' : ■ Le Morbihan se es brigands sont effrayés par les actes dejusudis qu'on égorgeait ses anciens compaès avant la fin de l'année 1800, Georges avait à Paris le théâtre des hostilités et introduit d'action dans la trame des premières conroyalistes.

de Puisaye, 11, S37.

: Bemadoile au général EmouF, le 10 el le SO prairial de la Iteeolution, 5 juillet 1883).

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