Kisfaludy, A lelkes maggar leâny^ pièce jouée en
LA HONGRIE AUTBICHIENNE 409
d'un petit gentilhomme campagnard, vient de lire un journal qui annonce des défaites : « La trompette de la renommée retentit toujours pour le triomphe des Français ; chaque jour les rapproche de nous ! Hélas ! c'est la quatrième fois. Depuis que je vis et me souviens, toujours la guerre I Quand cela finira-t-il? Ce Napoléon, comme dit si bien mon père, est r Attila du monde moderne*. J'aimerais le voir! Y a-t-il dans le monde une femme qui aime vraiment cet homme cruel? Je ne le crois pas, car il est impossible qu'il aime autre chose que sa personne et ses passions. »
Une vieille amie de la famille vient dire à Liza qu'un jeune gentilhomme pauvre, nommé Orvay, veut partir avec Tinsurrection en laissant sa mère malade.
LIZA
a Je loue en lui le vrai patriotisme. Un homme de cœur doit songer à sa mère, mais combien plus à sa patrie ! Que deviendrait-elle si Ton avait toujours un bon motif pour ne pas la défendre? Si j'étais homme, j'agirais comme lui.
LA DAME GERENDY.
Mais si votre père était mourante?
LIZA
Mon père, tel que je le connais, mourrait de honte si j'hésitais à défendre la patrie. »
Elle ne se trompe pas, Bodonyi arrive : « Ce Napoléon, dit-il, marche comme la tempête. Que ne suis-je plus jeune de trente ans!
1 . Il est rare qu'un Magyar parle d'Attila comme d'un fléau ; Attila est regardé comme une gloire nationale.
LIZA
Que ne suis-je un homme !
BODONTI.
Plût à Dieu ! mais que peut un vieillard aveugle avec une jeune fille? »
Liza n'est pourtant pas incapable d'amour, elle le déclare, mais « j'aime ma patrie, dit-elle, plus que moi-même et i plus que tous les hommes. » Son fiancé ne veut pas rejoindre le contingent, elle le foudroie de son mépris : « Un » homme qui ne sait pas se sacrifier à la patrie n aura » jamais mon estime ni mon amour... Nous les connaissons, » ces hommes, ce sont eux qui ont perdu la Hongrie dans » les champs de Mohdcs. C'est ce qui arriverait encore si » toute la jeune noblesse était comme vous. »
Et elle épouse Orvay qui, sacrifiant sa mère à sa patrie, est prêt à combattre pour le roi et la liberté.
ï CHAPITRE IX