LA GRISE FINANCIERE ET LA DERNIERE COALITION
Les finances ont toujours été le côté vulnérable de TAutriche. Cette puissance entreprenante au-delà de ses ressources vivait dans une crise presque permanente, mais des accès aigus la mettaient parfois à deux doigts de sa perte. La situation n'a jamais été plus grave qu'en 1811, au lendemain du suprême effort de Wagram : il importe de Tétudier, surtout en Hongrie où la constitution rendait nécessaire la convocation d'une assemblée et une discussion publique.
L'année 1810 fut pour toute la monarchie un temps de repos et de recueillement. Le mariage de Napoléon avec une archiduchesse semblait écarter pour longtemps toute menace de guerre. Aux chansons haineuses des Viennois contre les Français : « LEmpereur François veut vivre et régner, » Napoléon et ses Français veulent crever*, » succédaient les plaisanteries, amères mais inoffensfves, des salons de Vienne désabusés : a Nous sommes vengés de Napoléon ; il » vient de s'inoculer la bêtise autrichienne et le malheur » autrichien. » La fièvre belliqueuse étant tombée, la ruine apparut menaçante, inévitable. Le papier-monnaie, multiplié sans mesure pour faire face aux exigences de la dernière