‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 22 sur 138 · Ibid.,n · texte numérisé non relu

Ibid.,n

Tavait précédée pour s'emparer de Petervardin. Une marche difficile au travers des marécages la conduisit non loin de Mohdcs, où venait d'arriver la petite armée royale, commandée par le roi, Pierre Perènyi et surtout Paul Tomory « le » beglerbeg des infidèles, instigateur de perfidies et artisan » de perversités ». Le sultan monta sur une hauteur, vêtu d'une cuirasse étincelante, coiffé de trois plumes de héron; il contempla Tennemi, sa propre armée, « ses chevaux aussi » nombreux que les étoiles... L'air et l'eau étaieiït comme » enflammés; les corps ruisselaient d'une sueur de sang... » Les Hongrois étaient bardés de fer de la tête aux pieds, » eux et leurs montures. Leurs yeux seuls paraissaient, et » semblaient des charbons ardents au milieu d'une fumée, » ou des étoiles dans un nuage noir ». Dans le conseil de guerre, Chosrew-Beg déclara qu'il était impossible de soutenir leur choc : « Ces misérables sont comme plongés dans » Tacier depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la » tête. Lorsqu'ils s'élancent tous ensemble, ils rompent les » corps d'armée les plus solides, comme le torrent qui dé- » chire le flanc des montagnes. Tout ce qu'ils touchent de » la pointe de leurs lances flamboyantes, est comme em- » brasé. »

Il fut décidé en conséquence que les premiers rangs musulmans seraient livrés à la cavalerie hongroise et que la masse de Tarmée se referpierait ensuite sur elle. Soliman fit éloigner les bagages, déployer les étendards, et s'écria, levant les mains au ciel : « 0 Dieu ! la puissance et la force sont en « toi, l'assistance et le secours viennent de toi I Etends tes « bras sur le peuple de Mahomet* ». Les cavaliers se jetèrent

1 . Les passages cités entre guillemets, et d'ailleurs remarquables

à bas de leurs chevaux, touchèrent la terre de leur front, et se relevèrent jurant de vaincre ou de mourir. Bientôt la tempête magyare s'abattit sur les troupes d'Europe et les rejeta sur les troupes d*Asie ; 'quelques instants après le roi et ses deux généraux perçaient les troupes d'Asie elles-lnêines et arrivaient jusqu'aux janissaires commandés par le sultan, qui courut personnellement de grands périls. Mais alors Fartillerie ottomane, braquée à bout portant, anéantit en quelques minutes une partie de la petite armée hongroise. Le reste, enveloppé de toutes parts, s'enfuit en désordre et périt dans les marais, ou roula péle-méle avec les cadavres infidèles devant Belgrade, qui assista à ce déûlé épouvantable pendant un jour et une nuit. Le lendemain Soliman tint son divan sous une tente rouge, il plaça de sa propre main une plume de héron ornée de diamants sur la tête d'Ibrahim. Deux mille têtes coupées servaient de trophées, il y avait des têtes de magnats, des têtes d'évêques, mais celle du roi manquait : on ne retrouva qu'un peu plus tard dans un marais sa dépouille mortelle défigurée.

par leur style oriental, sont empruntés à V Histoire de la campagne de Mohâcs par Eemal Pacha Zadeh, trad. Pavet de Gourteille, Paris 1859, p. 39, 53, 83.

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