Simonyl, 1. cit., n
2. Charrière II, 183 et suiv. — Papiers d'État de Granvelle publiés par Ch. Weiss, Paris 1841, I, 609, II, 269, 537, 558, 569 (ces derniers renvois relatifs à la bonne entente de François h' et de Charles-Quint en 1539 et 1540) — Hatvani, 77 et suiv.
traiter comme son fils, et à le mettre sur le même pied que le grand-visir Ibrahim.
Le dégotit des Magyars pour leurs deux anti-rois ne connut plus de bornes lorsqu'ils les virent, après la mort de Gritti, s'accuser mutuellement auprès du Sultan de ce meurtre regardé par lui comme une offense. Jean fit tous ses efforts pour se disculper (1535). Il profita d'ailleurs des symptômes qui annonçaient une nouvelle rupture entre l'Empereur et le roi de France, pour envoyer à Paris le savant ecclésiastique Verancsics*, qui obtint de François I" une intervention favorable à Constantinople. Mais ce qui le servit bien plus efficacement c'est la disgrâce et la mort d'Ibrahim, après laquelle Soliman acquit la conviction qu'il avait été ioué par Gritti, par son grand-visir, par les agents autrichiens, et revint à ses anciennes alliances. Bientôt éclatèrent à la fois la troisième guerre de François P' contre Charles- Quint et les vives hostilités de Ferdinand contre Zâpolya secouru par les Turcs. « Ici va le tout pour le tout, écrivait T» l'Empereur; il faudra que notre frère trouve tel expédient » qu'il pourra. »
Si Ferdinand n'avait eu en face de lui que les partisans du roi Jean, il est prbbable que la victoire lui serait demeurée : Perényi et le Frère Georges furent vaincus par Léonard Fels au cœur même des domaines de Zàpolya, mais on reçut des bords de la Drave de tout autres nouvelles. Kat-
1. Sur Yerancsics que nous avons souvent roccasion de citer, comme auteur, v. dans les Adalékok de Szalay, Tétude intitulée Verbôczi es Verancsics. Il était né en 1504 à Sebenico; il se trouvait en 1530 dans Bude assiégée par Roggendorf . H rendit plus tard de grands services à Ferdinand, surtout comme ambassadeur. Il savait à merveille plusieurs langues, avec la facilité et la souplesse des Slaves. C'est un des prélats du xvi« siècle qui ont eu le plus de sympathies pour la Réforme (v. le ch. m du présent livre).
zianer et Pékry assiégeaient la ville d*Essek avec une armée composée en bonne partie de brigands très-dignes de leurs chefs et très-dignes de leurs adversaires les féroces Akindchis. Se voyant cernés dans leur camp ils essayèrent au milieu de vrais tourbillons de neige, une retraite qui fut désastreuse (décembre 1537) : presque tout le monde périt, et ceux des chefs qui s'échappèrent ne tardèrent pas à être enfermés comme meurtriers ou assassinés comme conspirateurs. On était extrêmement las de pareilles gens et de pareilles choses. Les patriotes, dans des Assemblées successives qui finirent par imposer leurs arrêts, demandaient la paix, le rétablissement de la dignité et des libertés publiques. Les conditions d'un arrangement vingt fois proposées, débattues, repoussées, finirent par être fixées comme il suit au traité de Vârad (1538), qui complétait la trêve de Nice ménagée par Paul III entre les deux grands rivaux ; L'Empereur et Ferdinand reconnaissaient Jean Zâpolya cpmme leur allié, leur frère et le souverain de la Hongrie jusqu'à sa mort. Jean renonçait à toute autre alliance, il promettait à Ferdinand sa succession, dans tous les cas; seulement, s'il avait un fils, celui-ci recevrait une principauté et de grands domaines. *
La Hongrie respirait, elle se croyait sauvée, elle s'exagérait un bienfait réel, parce qu'elle comptait sans le caractère flottant de son roi national. Il avait peur de ses anciens alliés les Turcs ; il n'osait pas promulguer ouvertement le traité de Vdrad. Loin de renoncer à l'alliance française il envoyait encore une fois à Paris l'évéque Statileo. Il demandait et obtenait la main d'Isabelle, fille de Sigismond*, ma-
1 . Uxorem duxit IsabeUam, Sigismundî Sarmatorum régis filiam;
virili eruditoque ingenio puellam, Italico lepore et venustate perama-
LES TimCS ET L'AUTRICHE "75
riage tardif qui inquiéta doublement rAutriche, à cause de la venue possible d'un héritier, et à cause des relations avec la Pologne. Quant à une guerre dirigée avec ensemble contre les Turcs, on ne voit pas bien quels auraient pu en être les éléments. François P', malgré sa réconciliation artificielle avec Charles-Quint, bientôt scellée en apparence par Tentrevue d'Aiguesmortes, ne se souciait point d'une croisade. Les princes luthériens d'Allemagne étaient prêts à prendre les armes, mais non sans avoir reçu l'assurance de la paix intérieure et dé la liberté de conscience. Même dans les assemblées hongroises, disposées sans doute à de grands sacrifices comme le 'prouve le vote de sérieuses levées de troupes et de lourds impôts, même dans ces assemblées les griefs éiaient nombreux contre le gouvernement, et les premiers progrès de la Réforme allaient introduire un nouveau principe de discussion et de résistance. D'ailleurs le roi Jean n'avait nulle envie de se mesurer contre les Turcs; il recevait un tschausch qui lui promettait en quelque sorte sa grâce ; il apprenait avec joie qu'un envoyé de Ferdinand, aussi peu fidèle à ses engagements que lui-n^me, n'avait obtenu de Soliman que la menace de se voir couper le nez. Il ne songeait qu'à lutter contre les mécontents de son royaume. Rien de plus inutile d'ailleurs que de se demander ce qu'allait faire Zâpolya, car sa mort imprévue (1540) vint remettre tout en question : il venait de lui naître un fils.
bilem (Ambrosiî Simigiani Historiarum, p. 175, dans les Scriptores rerum Transilvanicarum, t. II). D'après le même auteur, Zâpolya aurait conclu ce mariage à la demande des Hongrois, qui voulaient ^n Toi national.