Mss Dupuy, t. X, f
2 . Comme preuves de plus de ce fait bien connu, nous pouvons indiquer : 1. Une lettre de M. de Villeroy en 1612 (Dupuy, t. X, f. 64), regrettant que Mathias fût arrivé au trône de Bohême avec l'appui du parti protestant, et craignant que cet événement ne fût nuisible à la religion catholique ; 2. Une lettre du duc de Nevers (mss Godefroy, portef. 270), écrite de Vienne au roi le 5 novembre 1618, dans laquelle Tambassadeur se montre tout dévoué aux intérêts de Ferdinand, déjà roi de Hongrie.
transiger tout en négociant, et il conduisit assez heureusement ses opérations militaires et ses conférences diplomatiques pour obtenir vers la fin de 1621 la paix deNikolsbourg : il rendait la couronne et renonçait à la royauté ; mais il conservait avec la Transylvanie Tadministration de sept comitâts et les duchés d'Oppeln et de Ratibor joints au titre de prince de TEmpire ; la paix de Vienne était confirmée; Ferdinand proclamait une amnistie et promettait d'apaiser les griefs nationaux.
Le traité de Nikolsbourg, important comme type des arrangements et du mode de vivre adoptés entre l'Autriche et la principauté, ne fut pris au sérieux par personne comme trailè définitif. Aux yeux de Ferdinand c'était beaucoup trop pour un vassal rebelle ; aux yeux de Gabriel c'était trop peu pour la défense du protestantisme et de la nationalité. Il suivit avec inquiétude les triomphes de Tilly sur Mansfeld et Brunswick vers la fin de la période palatine, et les persécutions qui brisèrent Tindépendauce de la Bohême. Coustantinople devint plus que jamais une ressource nécessaire; il y recherchait non-seulement ralliance des visirs que savait fort bien aborder son habile agent Toldalaghy, mais Talliance des ambassadeurs des puissances européennes. La difficulté des communications par le continent rendait beaucoup plus accessibles au prince de Transylvanie les représentants de la Hollande, de l'Angleterre, de Venise ancres de la Porte que les gouvernements de la Haye, de Whitehall ou du palais ducal. 11 conclut avec ces agents diplomatiques, malgré les réserves de l'Angleterre, un traité de subsides (1623), et reprit un moment les armes, se fondant sur l'exécution incomplète de la paix de Nikolsbourg. Saurait voulu donner la main, en Silésie^ à Mansfeld et à
Brunswick, mais il apprit leurs nouveaux échecs, remarqua le découragement des Magyars, et traita sur les bases précédentes. Il voulut même, pendant l'année 1624 qui sépare la période palatine de la période danoise, se rapprocher de la maison d'Autriche et s*entendre avec elle contre les Turcs, pourvu que la liberté religieuse des protestants fût garantie; son mariage avec uneûllede Ferdinand aurait consacré celte alliance.
Ce projet, auquel Bethlen tenait sérieusement, et qu'il reprit depuis, au moins en partie, n*excita que la défiance de l'Empereur et de ses conseillers magyars. Ils préféraient encore l'Islam à la Réforme, et au lieu de s'entendre avec la Transylvanie contre les Turcs, ils tâchaient de s'entendre avec les Turcs contre la Transylvanie. Mais ils avaient un adversaire habile qui déjoua tous leurs projets. Etendant le cercle de ses alliances, il demanda et obtint la main de Catherine de Brandebourg, et profita des voyages de ses agents pour se mettre en rapport avec toute l'Allemagne septentrionale. Dans la Hongrie même, apprenant qu'une diète s'était réunie pour élire Eszterbdzy palatin, il se ménageait des partisans, tout au moins d'utiles bienveillances, en félicitant le nouveau dignitaire et en conseillant aux Magyars le maintien de leurs libertés. Â Constantinople il endormait les inquiétudes de la Porte, et négociait plus que jamais avec les ambassadeurs.
Désormais le plus important de tous était l'ambassadeur de France, M. de Césy, membre de la noble famille de Harlay *. Le cardinal de Richelieu venait d'inaugurer son puis-
1. y. dans les Séances et Travaux de VAcadémie des sciences moraUi et politiquesy Tome CIV (1875), notre notice sur Les relations de la
sant système de ligue européenne contre la maison d'Autriche : longtemps avant de jeter la France dans la grande mêlée, il dirigeait les ressorts lointains qui divisaient, par de multiples attaques, les forces de son ennemi. Bethlen n'a pas envoyé à M. de Césy moins de huit lettres (1823-1829), toutes servant d'introduction à des agents chargés d'expliquer de vive voix les desseins de leur maître ^ Au plus fort de ces relations, il reprenait les armes de concert avec Christian IV, Brunswick et Mansfeld, pour les appuyer contre Tilly et Wallenstein ; il promit alors à ses anciens alliés et à la France une diversion^ puissante contre TAutriche, moyennant des subsides mensuels et rengagement de ne pas Tabandonner. Quelques mois plus tard (1526) Césy ayant reçu du roi une réponse favorable, envoyait en Transylvanie Tomaso Fornetti, interprète du roi très-chrétien muni d'instructions détaillées en langue italienne '. Fornetti devait arriver à la petite cour, but de son voyage, avec mille précautions ; il ne devait parler à nul autre qu'au souverain lui-même ou à son principal ministre Bornemisza, et devait se faire passer pour un négociant levantin désireux d'échanger le plomb des Karpathes contre la rire orientale. Sa mission consistait à approuver et même à exciter Bethlen.
France avec les princes de Transylvanie pendant la guerre de Trente- Am,
1 . Une fois il écrivit dirôctement à Richelieu pour lui recommander son neveu Pierre Bethlen qui venait de terminer ses études à Leyde, et voulait voir Paris et le cardinal « prœclara laudum 111. D«. V« fama ductus, qua virtutum suarum acta non immerito inter génies etiam nostras celebrantur ». (Mss. Godefroy portef. 270.) C'était en 1627.