‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 53 sur 138 · Mémoires,^. 14, 22, etc · texte numérisé non relu

Mémoires,^. 14, 22, etc

B de fies propres sentiments, il méprisait la plupart du temps » ceux d'autrui; éloquent eu paroles, hésitant dans l'ac- » tion, vague et indéterminé dans le conseil, il attribuait » toujours aux autres les mauvais événements* ».

La zizanie des généraux, la jalousie mutuelle des paysans et des nobles aggravaient les difficultés au point de vue militaire. Pour soutenir les premiers succès, il aurait fallu une bonne infanterie ; or « la noblesse tenait à honte d'y servir : » le proverbe était commun, que c'était le métier d'un chien » de marcher toujours à pied ; que l'homme devait se ser- » vir des animaux pour se faire porter ». On pouvait déjà prévoir qu'une résistance forte et habile userait, et finalement briserait l'élan magyar : « La nation avait cela de » commun avec toutes celles qui ignorent la science mili- » taire, qu'elle était prête d'entreprendre tout avec impé- » tuosité ; mais elle s'en désistait aisément, dès que les idées » ne répondaient pas aux espérances* »,

Deux obstacles plus graves encore venaient des questions de race et des questions religieuses. Un mouvement de la plus haute importance pour l'ethnographie de l'Europe orientale s'était accompli en 1690 : toute une population serbe avait franchi la Save et le Danube pour s'établir dans les régions sanglantes et dépeuplées de la Hongrie méridionale, et la politique de Léopold lui avait accordé de grands privilèges 3. Ces Serbes ou Rasciens étaient Tes ennemis-nés des Magyars; ils leur témoignèrent une première fois leur haine en combattant avec fureur, comme leurs frères les

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