Ibid., I
tentatives de médiation, comme Rechteren s'en rendait le témoinage dans l'hiver de 1705 à 1706 : « Nos actes prou- ■ veront sufiftsamment que nous nous sommes donné toutes » les peines du monde pour induire les Hongrois qu'ils ré- » pondent à nos propositions réitérées, et après que nous » voyons qu'ils gardaient le silence avec étude, et qu'ils » tâchaient d'éluder toute la négociation sous de faux pré- » textes, nous les pressons vivement^ ».
Louis Xiy et ses ministres, Chamillard et le marquis de Torcy, entendaient parler de ces négociations, qui leur déplaisaient souverainement, et leur faisaient craindre d'avoir été pris pour dupes. Ràkôczy crut devoir d'abord les rassurer au point de vue des intérêts catholiques, d'autant plus qu'il avait entendu dire que le Pape détournait le Roi Très- Chrétien de son alliance. Mais la grande inquiétude des politiques français était de le voir conclure une paix séparée. Son envoyé à la cour de France, l'intelligent et sceptique baron de Vêtes, parvint à détourner l'orage en rejetant sur Bercsényi la faute des négociations avec la médiation des puissances maritimes, et sur les manœuvres inquiétantes de l'Électeur de Bavière les hésitations de Râkôczy *. L'Électeur était réellement soupçonné de ne travailler que pour lui-même, et c'est avec Marsin que le prince entretenait par des espions une correspondance militaire avant la bataille de Hochstett^. Depuis ce désastre il n'était plus question de se rejoindre à travers l'Allemagne, et c'est par Constanti-
1. Simonyi, II, 385 (dépêche écrite en français, comme beaucoup d'autres).