‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 74 sur 138 · JOSEPH II ET LE CENTRALISME · texte numérisé non relu

JOSEPH II ET LE CENTRALISME

Le prince de Ligne disait à lord Malmesbury, quelques mois avant le réel avènement de Joseph II : a Ce sera un » homme qui aura des velléités et qui ne les satisfera jamais. » Son règne sera une envie continuelled'éternuer*. » Le grand seigneur belge, ou plutôt le grand seigneur cosmopolite qui comptait « six ou sept patries » , n'avait qu à moitié raison et ne se trompait qu'à moitié sur le compte du souverain laborieux et réformateur. Le profond respect, Taffection mêlée d'un peu d'effroi que lui inspirait sa mère, aussi bien après qu'avant son élévation au titre impérial, avaient réduit Joseph II à se replier sur lui-même dans un travail presque solitaire, partagé seulement avec quelques amateurs de philosophie et d'économie politique. L*esprit de Marie-Thérèse n'avait aucune influence réelle sur le sien ; les règlements minutieux qu'elle avait faits pour son éducation n'avaient eu d'autre résultat que de lui donner des habitudes systématiques et un goût exagéré pour la méthode en toutes choses : « Il comprimait tous ses bons mouvements lorsqu'il

Page 1