Vivenot
devant Bonaparte. L'archiduc Joseph n'eut pas de peine à montrer que l'état de Topinion devait exclure toute inquiétude, et que l'assemblée se montrerait bien disposée. Ce prince préludait au rôle libéral et conciliant qu'il devait garder pendant un demi-siècle. Il avait aussi une vue personnelle : la Diète seule pouvait le proclamer légalement palatin du royaume. Il obtint la convocation pour le 6 novembre, et la lettre suivante écrite à ce moment même par le vieux comte Guadânyi, prouvera que l'archiduc ne s'était pas trompé sur les dispositions du pays : « Il faudra que j'aille à l'assemblée. Elle se tiendra à Presbourg, et nous ne "savons encore ce qu'il en résultera. Le roi y viendra en personne, à la grande joie du pays. On dit que la session durera un mois, mais le résultat n'est pas prévu. On dit que le roi demandera des secours contre la France. Nous donnerons certes tout ce que nous pourrons, car nous n'abandonnerons pas notre gracieux prince. Peut-être moi aussi tirerai-je l'épée quoique je me fasse bien vieux. J'ai combattu bien des fois, vu bien des ennemis : eh bieni une fois encore, si ma nation est obligée de monter à cheval, je prendrai rang parmi les patriotes. J'ai assez vécu, je puis mourir ^. »
Dans la séance d'ouverture, l'archiduc Joseph et le primat parlèrent aux magnats en langue latine. Les députés entendirent deux discours en magyar, l'un du personal Joseph Nagy, l'autre du chanoine Vantsai, où il était vaguement question de la Constitution et du pays. Le cardinal s'exprima avec énergie, et s'efforça de représenter la guerre comme une croisade. Célébrant les récentes victoires de l'archiduc Charles sur Jourdan et l'armée d'Allemagne, il ex-