‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 96 sur 138 · Lettre à Julienne Fabien (2 nov. 1796), en vers magyars · texte numérisé non relu

Lettre à Julienne Fabien (2 nov. 1796), en vers magyars

prima l'espoir de voir le crucifix rétabli en France pour la confusion, Thumiliation, et, avec la grâce de Dieu, pour la conversion des impies*.

Le lendemain, le roi parut en costume national avec la veste, le manteau et les bottes d'un colonel de hussards, avec le bonnet de fourrure orné d'une plume de héron. La figure triste et prudente de François II devait produire un singulier effet dans cet équipage. Il ne dit rien de bien nouveau : une grande confiance dans le dévouement de ses sujets, une haine siucère contre les ennemis de la religion qui ne manqueraient pas, s'ils parvenaient en Hongrie, de voler et l'argent et les femmes; enfin, Tinévitable comparaison avec la Diète qui sauva Marie-Thérèse : ce souvenir chevaleresque avait le privilège de ne pas vieillir. Le discours royal réussit parfaitement. Les secours nécessaires furent votés avec une grandeur barbare : 20,000 bœufs devaient servir à la nourriture de Tarmée, avec 2,400,000 mesures de blé offertes par la noblesse. Cinquante mille conscrits, et dix mille chevaui auxquels on consacrait quatre millions de mesures d'avoine, durent combler les vides faits par Tépée de Bonaparte. £û cas d'invasion, une levée en masse était promise.

Une pareille magnificence semblait conférer à l'assemblée votante le droit de faire entendre ses réclamations. Il y en eu d'assez vives sur les droits d'exportation que payaient les produits hongrois. Le commerce des vins de France rencontrant de grands obstacles dans les pays du Nord, les vins de Hongrie pouvaient trouver d'excellents débouchés du côté de la Prusse et de la Russie ; on s'irritait de voir le gou-

1. OrszàggyUlés Naplâja (journal de la Diète de 1796). Ce recueil n'a que 74 pages ; il n'y a eu que dix-neuf séances.

vernement rendre cette exportation presque impossible par des règlements minutieux ou des droits abusifs. Il fut répondu que Ton mettrait la question à Tétude, ce qui était plus que vague ; et deux députés qui parlèrent énergiquement des droits de la nation se virent expulsés en bonne forme. L'assemblée ne se montra point susceptible comme c'était l'habitude lorsque la liberté de parole était mise en question, et se sépara tranquillement après le remerciement royal (10 déc.) La diète de 1796 ne peut donc compter parmi les grandes assises du peuple magyar. Elle ne voulut ni résister ni délibérer; elle ne fut qu'un appel, écouté avec enthousiasme, à un dévouement déjà éprouvé, et une manifestation militaire de Tancien régime contre la Révolution. A ce point de vue seulement, elle pourra marquer dans Vhistoire.

Mais ne croyons pas qu'elle fût désapprouvée par Topinion publique : le journalisme, tenu en bride depuis le fameux conaplot, ne faisant que végéter, la poésie en tenait lieu. Elle fut toute politique et belliqueuse de 1797 à 1799. Des hommes dont la vie honorable et simple prévient tout, soupçon de platitude, soutinrent contre les Français la cause royaliste, intimement unie à la nationalité. Us l'auraient au besoin soutenue contre les Prussiens qu'ils poursuivaient d'une vieille rancune, rappelant avec plaisir l'occupation de Berlin par les Hongrois de Haddik dans la guerre de Sept- Ans*.

Pendant que le vieil Alvinczy, récemment porté au commandement en chef de Tarmée d'Italie, faisait des efforts héroïques pour délivrer Mantoue, et méritait, même dans sqs

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