Ibid., I
3. V Appel à la noblesse et le petit drame de V Amour et VHotvmr forment une brochure imprimée à Gomom en 1707.
4. Il est vrai que le mot de Tôt, dans son sens rigoureux, ne s'ap-
LA HONGiOE AUTRICHIENNE 321
pressentiment funèbre. Supporter sans trembler la défaite et la mort, c'est Théroïsme naturel d'un peuple célèbre par ses effroyables désastres : Varna, Mohâcs, Vilâgos.
La noblesse s'armait à la hâte, non sans les déchirements que produisent dans les familles ces levées subites de jeunes gens. Csokonai y trouve un nouveau motif dramatique : dans le petit poème bécsulet es szerelem^ un jeune cavalier, partagé comme le titre l'indique, entre Vhonneur et l'amour, se décide pour Thonneur. « Le vieux père : Va, l'espace est ouvert devant toi; ne sois pas inférieur à les ancêtres. Tu est mon fils ; mais ce que je regrette le plus, c'est de ne pouvoir monter à cheval : voici le sabre, voici le fusil. La jeune femme : Oii vas-tu, mon trésor, ne m'abandonne pas; aie pitié de moi. Le cavalier : Ah! pourquoi es-tu venue? Ta vue me perce le cœur. Je t'abandonne, cher ange, mais pour aller au champ d'honneur où la voix de Dieu et du peuple m'appelle. Hâtons-nous, mon ami, les patriotes devraient être déjà aux portes de la Styrie. Quand verrai-je le terrible Français? Je prouverai alors que de la tête aux pieds je suis Magyar. »
L'archiduc Charles arrivait cependant à Leoben, où se concluaient les fameux préliminaires. Ce jeune prince apparaît pour la première fois dans notre récit, mais il occupait déjà une grande place dans l'imagination des Hongrois. Quelques mois plus tôt, à la fin de sa victorieuse campagne de Wiirzbourg, il avait reçu une députation de la Diète, qui venait le féliciter. Plus récemment encore, au combat de Tarvis, entouré par les Français, presque prisonnier, il avait
plique qu'à une partie des Slaves de Hongrie et non à la race slave en général. La pensée n'en est pas moins injurieuse pour tous les peuples slaves.
î^ HISTOIRE GÉNÉRALE PES HONGROIS
dû son salut à des hussards, commandés par le colonel Fedak, qui périrent presque tous en le délivrant*. Une sympathie mutuelle s*établit dès lors entre le grand général et le brave peuple* : elle ne se démentit jamais. L* archiduc n'avait pourtant rien du Magyar : figure calme et recueillie, calculateur prudent, il ne rappelait guère l'élan furieux d'un Hunyade.
Les préliminaires de Leoben n'arrêtèrent point la levée de la noblesse. Elle arrivait nombreuse et ardente au rendezvous désigné, Szombathély, près de la frontière de Slyrie. Les cercles du Danube, dont l'effectif fut complet dès le mois de juin, avaient pour chefs deux grands seigneurs : le prince Eszterhâzy et le comte Pâlffy. Ceux de la Theiss, plus éloignés, ne réunirent leurs contingents qu'un peu plus tard, sous les généraux Splényi et Meszâros, excellents dans les commandements secondaires. Le palatin commandait en chef cette armée de 30,000 hommes portée à 40,000 par les levées des Croates. Les espérances que fondaient la nation sur» ces troupes inexpérimentées, mais brillantes, trouvèrent un interprète dans le poète Berzsényi, alors presque un enfant :
« Il vit encore le Dieu de ma nation I Joie sainte, tu fais couler mes larmes brûlantes. Tu es encore debout, patrie adorée, ta noble tête ne traîne plus dans la poussière I J'avais bien lieu de m'afiliger, quand tu abjurais le souvenir des anciens héros. Grâce à Dieu, tout autre est le spectacle de