‹ Histoire générale des HongroisChapitre 9 sur 54 · CRISES NATIONALES ET RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

CRISES NATIONALES ET RELIGIEUSES

Les trente années qui suivirent la mort de Saint Etienne offrent un déplorable tableau de guerres civiles et de sanglantes rivalités princières, avec une complication qui les rendrait impossible à suivre et à comprendre si toutes ne se ramenaient pas à la lutte entre le parti national et le parti étranger. C'est là le noeud du drame enchevêtré qui se continuera jusqu'à ce que deux princes, très différents l'un de l'autre, mais éminents tous deux, Ladislas et Coloman, consolident et améliorent l'oeuvre entreprise trop brusquement par le premier roi. Les sources étrangères redeviennent abondantes à cause de l'ingérence du Saint Empire dans les affaires du royaume. Malheureusement les passions dont les chroniqueurs se sont fait l'écho, nous avertissent de nous défier de leurs appréciations et même de leurs récits.

Le Vénitien Pierre, malgré son évidente impopularité comme étranger, semble n'avoir éprouvé aucune difficulté à se faire reconnaître : la puissante volonté du redouté et regretté Etienne protégeait après sa mort le successeur qu'il avait désigné. Cet aventurier en ressentit une confiance qui lui devint fatale. Ne redoutant rien de ses sujets, il ne leur dissimula point son mépris. Il écarta les vrais Magyars de ses conseils, ne réunit point d'assemblées générales et livra toutes les dignités à ses compagnons Allemands ou

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Italiens. Il affectait de se moquer des réclamations; il jouait sur le mot Hungartis et sur le mot angaria chariot, disant que le vrai métier des Hongrois était de traîner les chariots et qu'il saurait bien les y atteler. Parmi ses favoris, on reconnaissait avec stupeur le courtisan que l'on accusait d'avoir crevé les yeux à Vazul dans son cachot. A l'impudence il joignit l'ingratitude : gêné sans doute par les services qu'il devait à Gisèle, ou redoutant quelque caprice de son esprit ambitieux, il la dépouilla de ses biens et la jeta dans une prison, où elle fut tuée selon les uns, d'où, selon les autres, elle fut délivrée pour s'adonner aux bonnes oeuvres dans ses derniers jours.

La mesure était comble ; mais ce qui fit déborder le vase, ce fut une campagne malheureuse et inexplicable contre Henri III, le plus puissant des empereurs germaniques. Les Magyars se soulevèrent contre leur tyran vaincu, et proclamèrent à sa place un des chefs des anciennes tribus, Samuel, appelé plus souvent de son surnom d'Aba, c'est-à-dire père. Nous avons vu que ce prince Kabare avait épousé une jeune soeur d'Etienne; il devait par conséquent être pour le moins au seuil de la vieillesse. Nul doute qu'il n'ait eu pour lui les païens secrets ou délarés; il ne l'était

Deniers d'argent du roi Pierre.

pourtant pas lui-même, car, dans ses vastes domaines, il rivalisait avec le roi de zèle à construire des monuments religieux; mais il avait surtout pour lui tous les ennemis des étrangers, ce qui explique l'acharnement avec lequel les chroniqueurs allemands ont poursuivi sa mémoire.

Pierre n'avait pas seulement blessé ses sujets, il avait aussi blessé les princes ses voisins : le roi de Pologne l'ayant prié de retenir chez lui un certain prince que le menaçait, Pierre lui répondit, non sans quelque raison: »Je ne suis pas votre geôlier. « Lorsqu'il se vit abandonné et sur le point de tomber aux mains de son rival, il ne put s'enfuir que du côte de l'Allemagne, auprès de son beau-frère, le margrave Adalbert d'Autriche, qui lui obtint le pardon de Henri III. Il eut la faiblesse ou l'égoïsme de se déclarer le tributaire de l'empereur, pourvu que celui-ci le replaçât sur son trône. La Hongrie eut dès lors à se préserver d'une suzeraineté plus menaçante que les prétentions du Saint-Siège, et d'une puissance militaire qui était alors la plus redoutable de beaucoup.

La fuite de Pierre fut le signal d'une réaction violente contre les étrangers. Ses favoris périrent dans les supplices. Le nouveau roi, entraîné

par le courant populaire, maltraita ou laissa maltraiter les Allemands, qu'il redoutait toutefois. Aussi lorsqu'il eut envoj^é des ambassadeurs auprès de l'empereur pour lui demander son amitié, n'obtint-il que cette réponse irritée et menaçante: »I1 a tourmenté les miens et je l'en ferai repentir. « Samuel Aba se vit perdu s'il ne prenait l'offensive ; il profita de ce que le puissant chef temporel de la chrétienté était occupé sur les bords du Rhin, pour diriger trois armées contre l'Allemagne ; mais tout se borna à quelques pillages arrêtés par le margrave Adalbert et quelques autres seigneurs (1042). La trahison peut-être, le soupçon dans tous les cas, énervait les Magyars et leur ôtait toute confiance. Aba, se croyant entouré d'ennemis, devenait un tyran pire que celui qu'il avait détrôné.

Aussi, lorsque la Diète germanique, réunie à Cologne, eut décrété la guerre contre la Hongrie, fut- il aisé d'en prévoir le résultat. L'armée impériale, évitant la rive gauche du Danube, protégée par des marais, suivit la rive droite, battit Samuel sur les bords du Waag et parvint jusqu'au Gran. Puis, la saison étant probablement trop avancée, elle revint prendre ses quartiers d'hiver en Allemagne. Aba profita de ce répit pour envoyer une ambassade, et parvint, au printemps de 1043, à éviter une nouvelle invasion à force de présents, d'otages et de soumissions de toutes sortes. La colère fut grande dans l'âme de ses sujets, qui déjà ne le supportaient qu'avec peine : ils n'avaient pas exclu le parti des étrangers pour qu'un prince magyar de vieille roche rivalisât avec eux de bassesse aux pieds du César germanique. Une conspiration éclata parmi les grands, et fut découverte: les conjurés invités à se rendre à un conseil furent jetés en prison et décapités sans autre forme de procès. La terreur était générale, d'autant plus que le peuple, mécontent sans doute à bien des égards, était satisfait d'autre part de voir les assemblées rétablies, et laissé libre de manifester son hostilité contre le clergé. Un seul homme osa résister, l'ancien précepteur de Saint Emmerich, Gérard, évêque de Csanâd : non seulement il refusa de couronner Samuel, mais il monta en chaire pour lui reprocher ses violences.

S'il fut le seul à parler, beaucoup s'agitèrent, allèrent même trouver l'empereur. Celui-ci n'avait pas besoin d'être excité: les conditions de la trêve n'avaient pas été remplies, et de grands préparatifs se faisaient pour repousser une nouvelle attaque. Henri méprisa trop son adversaire; il ne réunit qu'une petite armée, tout en obtenant du Saint-Siège, sur lequel il a exercé une pression plus forte qu'aucun souverain du Mo3^en Age, l'excommunication de ses ennemis. Puis il s'aventura sur la dangereuse rive droite du Danube. Aba, qui avait une armée supérieure en nombre, l'attira, non sans habileté, dans l'inextricable réseau de rivières, d'îles, de bras de fleuves et de marécages qui avoisinent le confluent du Raab et du Danube. L'Empereur, à force de hardiesse, se tira victorieusement de cette position difficile et vit arriver au-devant de lui les partisans de Pierre V Allemand.

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Les haines accumulées contre Samuel Aba étaient loin d'être désarmées : abandonné de tous, il s'enfuit sur les bords de la Theiss, où peut-être il fut tué par ses ennemis personnels. D'autres disent qu'un peu plus tard, Pierre, rétabli, le fit massacrer dans une prison. Le rétablissement de Pierre était en effet presque inévitable, car, dans le désordre général, on ne pouvait résister à la toute-puissante volonté de Henri III. Mais l'imprudent aventurier fit tout ce qu'il était en lui pour rendre son rétablissement éphémère. Au lieu d'être averti par son premier exil du légitime orgueil de la nation, il exagéra ses démonstrations d'humilité devant son impérial bienfaiteur. Lors des fêtes qui eurent lieu près de la frontière, dans le château autrichien de Poesenbourg, le plancher de la salle du festin s'écroula, plusieurs seigneurs et nobles dames périrent, Henri III se blessa au bras. Cet accident ne l'empêcha pas de se rendre en Hongrie pour les fêtes de Pentecôte : Pierre et ses favoris lui firent hommage perpétuel du royaume de Hongrie, hommage que l'empereur accepta.

Lorsque ce redoutable voisin fut parti, l'indignation populaire éclata de toutes parts contre le roi, contre les étrangers, contre le clergé. Vata, pa'ïen déclaré, était l'un des chefs de ce mouvement. Il engagea ses amis à rappeler les princes de la maison d'Arpâd, les trois fils de Ladislas le Chauve, depuis longtemps exilés dans les pays du Nord. Les premiers conciliabules furent découverts: Pierre fit crever les yeux des conjurés ou leur fit couper la tête ; avec son arrogance ordinaire, il crut que ses espions suffiraient à écarter tous les périls. Mais ses cruautés comme ses ruses demeurèrent inutiles: une grande assemblée, réunie à Csanâd, le déclara déchu du trône, et proclama à sa place le fugitif André. Cette assemblée fut partout obéie, et l'autorité royale se trouva ne plus exister avant d'avoir été renversée : preuve de l'excès d'impopularité qui avait fini par atteindre les étrangers et leur chef (1046).

Ce qui le prouve mieux encore, c'est la réaction furieuse qui, pour ainsi dire, se rua sur eux et sur le clergé. Le roi André I n'était que le prête-nom de ce mouvement qui relevait sur le trône, mais qui lui faisait des conditions: rétablissement du paganisme, destruction des églises, extermination des évêques. Énervé par l'exil et la maladie, hésitant, timide, il ne refusa ni n'accepta, et pendant qu'il se dirigeait de la frontière vers sa capitale, il laissa Vata exercer de fait le pouvoir : Saint Gérard, doublement odieux, comme Italien et comme évêque, fut précipité d'une colline qui domine Bude et Pesth, et la légende prétendit que le Danube même n'avait pu, pendant sept années, laver la trace de son sang. D'autres évêques, beaucoup de prêtres et d'Allemands furent massacrés.

Ce mouvement s'affaiblit par sa violence même. André, qui n'était point pa'i'en ni partisan du paganisme à un degré quelconque, sauva l'évêque Benedict et deux autres: ces trois survivants furent les seuls à participer à son couronnement. Le caractère chrétien de cette cérémonie n'avait

point soulevé le peuple, dans lequel, malgré tout, le christianisme avait recruté beaucoup d'adhérents sérieux, et qui ne demandait qu'une chose, à savoir que le gouvernement fût vraiment national ; André profita de ces dispositions pour rétablir légalement le christianisme, et même pour interdire, sous peine de mort, l'exercice du culte païen. Dès lors la décadence du paganisme ne s'arrêta plus ; il n'eut plus un seul moment de triomphe, et il était destiné à s'éteindre obscurément.

En revanche, la question des étrangers subsistait dans toute sa gravité. Pierre, le vassal et le protégé de Henri III, n'avait pu échapper à ses anciens sujets qui, lui rendant toutes ses cruautés, lui avaient crevé les 3'eux et l'avaient jeté dans une prison où il ne tarda pas à mourir. André mit tout en usage pour désarmer la colère de l'Empereur, lui promettant le châtiment des meurtriers de Pierre, lui montrant les païens menacés de mort, les autels relevés par ses soins, les Allemands libres de revenir ; mais il ne put le désarmer, car il aurait fallu pour cela se reconnaître son vassal, et encourir le sort de son prédécesseur. Il fallait se préparer à une

attaque des plus vives, ainsi que l'annonçaient et ;|J S^ "^ -i y/* " les succès remportés par l'évêque de Ratisbonne et ^♦^ X T X le duc de Bavière, près de la frontière, et les

travaux de défense entrepris autour de Hambourg.

Comment un roi maladif pouvait-il résister à une ^ y' À^ \ t^lle menace? Dans cette extrémité, André supplia

^■^^ ' f^ ^ son frère Bêla de quitter la Pologne, en lui offrant,

avec le commandement de son armée, la promesse onogramme^^e^^^empereur ^^ ^^ succcssiou, et, sans attendre davantage, un

tiers du royaume en toute souveraineté : funeste exemple qui devait procurer à la Hongrie de nombreuses guerres civiles. Bêla était un héros déjà célèbre et un habile capitaine. Lorsque l'empereur envahit la Hongrie du côte de la Styrie (1051), cherchant à livrer une grande bataille. Bêla, voyant que sa seule supériorité était dans sa cavalerie rapide, fil du pays un désert, et tout en harcelant l'ennemi lui refusa le combat. Les détails de cette campagne ne sont pas bien connus, les annalistes qui la racontent ayant tout l'air de fausser les événements au gré de leurs passions nationales. Toutefois une chronique allemande reconnaît que l'Empereur, dans un moment critique, excita chez ses soldats le courage du désespoir, et une autre chronique de même provenance montre son armée sur le point de périr de misère et d'être enveloppée par les Hongrois; mais toutes deux concluent par une victoire des Allemands. 11 semble, au contraire, qu'il y ait eu finalement une panique ■des Allemands, lesquels jetèrent leurs boucliers en si grand nombre, que le nom de »Mont des Boucliers «, dans les deux langues, est longtemps resté à cet endroit. L'année suivante, une nouvelle expédition impériale ne réussit pas davantage, malgré la présence du pape Léon IX et de l'abbé de

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Cluny. Leur intervention fut sans cloute pour quelque chose dans la cx)nclusion de la paix entre le royaume et l'Empire, paix qui, cette fois, était durable; et si les Hongrois durent payer de grandes sommes et renoncer à toute prétention sur la rive gauche de la Leitha, au moins leur condition de peuple tributaire ne devenait point définitive.

C'était un grand succès pour la race d'Arpâd de tenir tête en quelque mesure à un voisin qui avait perdu, par son alliance ou par son hostilité, l'étranger Pierre et l'usurpateur Samuel, Dès lors le trône ne fut plus contesté à la dynastie conquérante. Malheureusement, aux passions païennes et aux ingérences impériales succédèrent les compétitions des princes frères, neveux et cousins du roi.

L'accord semblait parfait entre le roi André et le victorieux prince Bêla; il se maintint pendant plusieurs années, qui furent des années prospères : Crescimir, prince de Croatie, dut abandonner une portion de territoire qu'il avait occupée, et l'ancien pays de Sirmiumffut placé de-notiveau ? sous la domination hongroise. André reprit la tradition de Geiza et d'Etienne en appelant dans l'évêché d'Erlau une colonie liégeoise, dont les noms français se retrouvaient encore trois siècles plus tard. La naissance d'un fils du roi, nommé Salomon, très peu de temps après le jour où Bêla avait été rappelé de Pologne comme prince-héritier, n'avait élevé aucun nuage entre les deux frères. Il avait probablement été convenu, conformément aux usages asiatiques encore observés aujourd'hui dans l'Empire Ottoman, que Salomon ne régnerait qu'après son oncle. Mais le couronnement du petit prince vint tout gâter : les courtisans profitèrent de cette cérémonie, si capable d'exalter ou de froisser l'orgueil, pour exciter l'un •contre l'autre deux frères qui n'avaient été forts que par, leur union.

On a raconté depuis qu'André, soupçonnant son frère de conspiration ou tout au moins d'impatience, le fit venir, et nonchalamment étendu sur un lit de repos, lui montra l'une à côte de l'autre sa couronne et une épée nue, le laissant libre de choisir entre le symbole de la royauté et le symbole du commandement militaire. S'il eût choisi la couronne il tombait mort; mais averti par un ami secret il préféra l'épée. Puis, se sentant menacé, il se serait enfui en Pologne. Il avait rendu de grands services aux Polonais, dont le roi était un de ses parents; aussi n'eut-il pas de peine à obtenir d'eux une armée qui le suivit sur le sol hongrois. Tout le nord du pays se déclara pour lui, tandis qu'André se voyait obligé de recourir à des auxiliaires allemands, La lutte fut courte : André, vaincu sur les bords de la Theiss, tomba mourant de son cheval (1061).

Bêla régnait dès lors sans contestation, car son frère Levente, resté fidèle au paganisme, avait été enterré selon les rites de l'ancienne religion. Pour la première fois depuis la mort de Saint Etienne, le pouvoir allait être exercé par un prince énergique et habile, capable de faire oublier la tyrannie arrogante de Pierre, les cruautés affolées de Samuel, la nullité ombrageuse d'André I.

Ces deux derniers princes, André surtout, avaient eu au moins la bonne pensée de rétablir les assemblées nationales. Bêla voulut régulariser cette institution, qui manquait absolument d'organisatio'n légale, en adjoignant aux grands seigneurs laïques et aux prélats deux députés pour chaque comitat. Cette sage mesure, qui contribua à préparer l'établissement du système représentatif, ne fut guère observée pour le moment : une foule irritée arriva près d'Albe Royale, demandant une fois encore, par la bouche d'un fils du chef païen Vata, l'abolition des dîmes, le retour aux anciennes croyances et l'expulsion des prêtres chrétiens. Ce dernier effort tenté pour le rétablissement du paganisme était rendu d'avance impuissant par les progrès de l'Église. Il suffisait au roi de gagner du temps pour vaincre un soulèvement artificiel : il demanda pour se décider un délai de trois jours, qu'il employa à réunir secrètement des soldats fidèles. Les conjurés païens, qui se figuraient entourer le roi parce qu'ils entouraient la ville où il se trouvait avec sa cour, ne s'apercevaient pas que ce rusé capitaine les entourait eux-mêmes avec les troupes qu'il faisait venir. Lorsque, fatigués d'une attente inutile, ils se décidèrent à agir, ils furent enveloppés de tou-

Deniers d'argent du roi Bêla I.

tes parts, et leurs chefs, suivant les lois de Saint Etienne, furent réduits en servitude. Mais Bêla se garda de toute sévérité inutile. On remarqua le désintéressement qu'il montra en s'abstenant de confisquer les biens de ceux des conjurés qui avaient pu s'enfuir, et en les attribuant à leurs femmes et à leurs enfants.

Son gouvernement fut loyal et modéré en toutes choses. Il supprima le plus possible ou diminua les charges qui pesaient sur ses sujets et que les longues discordes avaient eu pour effet d'exagérer, comme toujours.. Les foires annuelles, importantes dans un pays aussi naturellement commercial que la vallée du Danube, furent l'objet de règlements bien entendus, ainsi que les marchés hebdomadaires, qui du dimanche furent transportés au samedi. La monnaie, devenue sans doute mauvaise pendant les guerres civiles, fut l'objet de la sollicitude de Bêla, Ne pouvant encore faire frapper de la monnaie d'or hongroise, il voulut au moins que la circulation des pièces d'or byzantines dans le royaume fût facilitée par la valeur intrinsèque des pièces d'argent, qui fut calculée uniformément de manière à valoir exactement le quarantième d'une de ces pièces d'or. Préoccupations économiques assez rares chez les souverains de cette période du Moyen Age, et qui font voir que la Hongrie pouvait espérer un grand règne.

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