‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 11 sur 179 · Vivien de Saint-Martin, 1. c., p · texte numérisé non relu

Vivien de Saint-Martin, 1. c., p

dans toutes ses guerres, sans que rien laissât supposer une sujétion humiliante1. Le chef hongrois s’étant signalé par sa bravoure et par la loyauté de son alliance, reçut en mariage, comme un don du chagan, une noble fille Khazare ; mais cette union resta stérile.

Le séjour dans la région du Tanaïs ne fut pas de longue durée. Les Petchénègues 2 se livrèrent à une brusque et furieuse attaque, menaçante môme pour les Khazars, et qui chassa devant eux les tribus hongroises. Balayées en quelque sorte par cette tempête, elles ne peuvent pas même entreprendre d’un commun accord une même émigration. Elles se séparent pour jamais en deux troupes fort inégales : la moins nombreuse se dirige vers le sud-est, du côté de la Perse, nous dit l’empereur byzantin, pour s’arrêter, soit en Perse même, soit sur les bords de l’Euphrate, soit même à moitié chemin dans la région montagneuse du Caucase3.

1 . Constantin n’emploie que des expressions telles que : "XV,

z,j\x[j.(xyàïj'/~£ç. Dans un autre passage du ch. xxxvm il dit que les Hongrois, avant d’être nommés Tcopy.ot étaient appelés — x(3xpToxs<pxAot. M. Szabé (1. cit., p. 109), trouve avec raison ce passage très-obscur. Hammer croit y trouver le nom des Sabirs, d'où viendraient ceux de Sibir et de Sibérie.

2. Encore un passage obscur et très-controversé du ch. xxxvm : il y est parlé des lIxT’hvxy.T'rxt et xpécspov Kxyyxp ’è~(ovop.x£c[j.svot. Que signifie ce Kan-Kar? Constantin nous appi'end bien, et Am. Thierry ne l’oublie pas, que ce mot contient une idée de force et de courage ; mais Jerney, par un rapprochement avec la langue magyare actuelle, y voit le sens d'élite, d’état-major, tandis que M. Szabô, (1. cit., p. 105) voit dans la syllabe kar ou gar une simple terminaison.

3. Etc ~o Tr(ç 1 1 Ephooç p.épeç, dit Constantin; — plus loin, il ajoute que cette colonie a conservé des rapports avec le reste de la

LES ORIGINES ET L’ÉPOQUE PAÏENNE

La plus nombreuse, la seule qui ait marqué dans l’iiistoire et la seule dont nous ayons à nous occuper, exécute, sous le commandement de Lébédias, une nouvelle étape du côté de l’ouest, et s’arrête dans le pays que Constantin appelle A tel-Kusu.

Il est essentiel de déterminer le sens de ce mot bizarre et la situation géographique de la troisième résidence des Magyars. Remarquons d’abord que le texte byzantin contient en lui-même des éléments d’interprétation : il nous apprend que cet Atel-Kusu est devenu, au milieu du dixième siècle, le pays des Petcliénègues, et que ce nom provient des fleuves qui arrosent la contrée. Aussi les critiques se sont-ils livrés à de nombreuses hypothèses sur les fleuves que Constantin aura voulu désigner. Au siècle dernier Deguignes commet une confusion grossière entre l’ Atel-Kusu et la Transylvanie1. Pray, sans expliquer nettement le Ivusu, croit reconnaître dans Etel, P Alu ta, affluent du Danube, arrosant la Yalachie actuelle2. Deux interprétations plus sérieuses, et recommandées par la haute compétence de leurs auteurs comme orientalistes, sont celles de Klaprotli et de Hannner: le premier traduit Atel par rivière, et Kusu par le Boug3 ; le second traduit Etel par le Volga, et Kusu par le Dniéper4.

nation; — Coloniam illorum orientaient in Mesopolamiam emigrasse, dit Hammer ; M. Szabo, (p. 116), penche poui’ le Caucase, d’après Theodorus Gaza, de origine Turcorum , (Corpus Script. Bayz. , vol. xxir, p. 120).

Page 1