Hammer. 1. cit., p
Toutes ces explications ont le tort, non-seulement de s’entre-détruire, mais de ne pas tenir compte du texte de Constantin, lequel, après avoir dit que la contrée en question doit son nom aux rivières qui la traversent, énumère ces rivières, le Baruch, le Koubos, le Trullos, le Brutos, le Seretos, sans plus parler d’Atel ni de Kusu : l’Atel et le Ivusu ne sont donc pas les noms de ces deux rivières ; ils ne peuvent donc avoir qu’un sens général. Cette observation à elle seule nous ferait pleinement admettre l’affirmation de Jerney : d’après ce savant hongrois, souvent trop hardi, mais très-perspicace, Atel, Aiil d, signifie bien rivière comme le voulait Klaproth, et si ce mot désigne plus particulièrement le Volga, c’est qu’il est le fleuve par excellence pour les peuples ouralo-finnois. Quant à Kusu, il faut l’expliquer par le hongrois Küz, entre, de telle sorte q\i Atel-Kusu ou Étel- Küz, se traduit par l’Entre-Riviôre, la Mésopotamie, expression qui semble très-naturelle lorsqu'on jette les yeux sur une carte de la Russie méridionale1 2. La seule objection spécieuse que l’on puisse nous opposer est celle-ci : comment se fait-il que nous trouvions une syllabe magyare actuelle dans un écrit byzantin du dixième siècle? Nous répondrons que la langue magyare a fort peu changé, comme nous le prouverons au deuxième chapitre, et que les documents les plus anciens que nous possédions sur la Hongrie, en latin ou en grec, sont remplis de mots empruntés à cette langue.