Vie de Giottb dans Vasari
LA MAISON D’ANJOU
Naples qu’un échange d’ambassades et de présents , sans autre incident qu’une réclamation inutile au sujet du duché de Salerne1 ; mais la mort du duc de Calabre, seul descendant masculin de Robert, parut appeler la branche hongroise à ce trône méridional : telle était du moins la prétention de la cour de Bude, malgré les autres parents du roi Robert qui ne renonçaient point à leurs droits. La reine Sancha de Naples et le célèbre pape d’Avignon, Jean XXII, entrèrent dans les vues du prince hongrois en imaginant un mariage entre le prince André, le plus jeune de ses fils, et la princesse Jeanne, hile du duc de Calabre : c’était la trop fameuse Jeanne de Naples (1331 J . A vrai dire, Charles- Robert ne pouvait pas soupçonner qu’en assurant un trône à son fils André, il le vouait à une triste destinée suivie d’un horrible trépas. Il voyait dans cette alliance une compensation à la mort récente de son fils Ladislas (1329), qui aurait pu devenir roi de Bohême par suite de son mariage avec une Luxembourg. Il était si heureux d’établir sa postérité sur de brillants états au-delà des Alpes, qu’il abandonna quelque temps son royaume pour accompagner André au sud de l’Italie, recevant sur son passage les compliments de toutes les cités2.
De ce côté il avait réussi ou du moins il pouvait le croire, et il a pu le croire jusqu’à sa mort. Les relations avec Venise ne lui paraissaient pas offrir la même importance, ou plutôt il semble avoir eu le projet bien arrêté d’éviter toute difficulté avec cette république. Lui, si fier de toutes ses prérogatives, si entier dans la réclamation de ses droits sur des pays lointains, il tombait dans une sorte d’indifférence