‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 114 sur 179 · Wenzel, 1. cit. I, 300 et · texte numérisé non relu

Wenzel, 1. cit. I, 300 et

lorsqu’il s’agissait des villes de la Dalmatie disputées depuis des siècles entre la ténacité vénitienne et la ténacité magyare. Au début de son règne les habitants de Zara s’étaient révoltés contre Michel Morosini, massacrant une partie de la garnison et offrant leur hommage à la couronne de Hongrie 1 ; mais ils furent mal soutenus. Charles-Robert céda aux représentations du doge et bientôt conclut avec lui une alliance qu’il s’efforça de resserrer chaque jour 2.

Les Vénitiens n’y tenaient pas moins que lui, car ils acquéraient, outre la possession paisible des villes dalmates que leur avaient laissées les traités, la faculté d’entretenir leur commerce avec un vaste royaume riche en produits naturels et ayant besoin des produits industriels italiens. Il y eut donc entre ces deux pays, si différents, un traité de commerce destiné à protéger les marchands dans leurs établissements et dans leurs voyages. Au moment du départ de Charles-Robert pour ritalie, la République lui envoya3 des ambassadeurs chargés de le complimenter et de lui prodiguer les témoignages d’affection et de respect.

L’insouciance de ce prince à l’égard de la Dalmatie, est faite pour étonner. Sans doute il ne regardait pas comme durable la possession de Zara et de quelques autres villes en

1. Charles-Robert faisait remarquer aux Vénitiens combien la domination magyare était populaire en Dalmatie : «Tarn suave et dulce et utile est regnum nostrum in subdilos » (Pray, a. 1313).

2. Le 2e vol du Magyar Tôrténel-mi târ (Pest 1856) contient des pièces à ce sujet (n. 9 et 10) : on voit que les marchands qui allaient à Venise en 1318 devaient payer le demi pour cent de la valeur de leurs marchandises, en réparation des dommages subis par des marchands vénitiens sur la frontière de Carinthie.

Page 1